[Vu sur Youtube] Semis 2020 La féverole d'hiver dans « les terres difficiles à ressuyer »

Terre-net Média

Agriculteur dans le Loiret, Gilles Van Kempen, alias Gilles vk, a semé des féveroles d'hiver cette année, à la mi-novembre. Il privilégie cette espèce, plutôt que des féveroles de printemps, dans ses terres qui ont du mal à ressuyer en sortie hiver. D'hiver ou de printemps, la principale motivation des agriculteurs pour cette culture est avant tout agronomique : elle permet notamment de réduire l'apport d'azote sur la culture suivante.

FéveroleQuel que soit le bassin de production, la principale motivation des agriculteurs pour cultiver de la féverole est agronomique. (©Terre-net Média)

Dans une vidéo publiée sur sa chaîne Youtube, Gilles vk agriculteur du Loiret présente ses semis de féveroles d'hiver, réalisés au 14 novembre dans des conditions plutôt bonnes (précédent blé). Il utilise un semoir Horsch CO6, équipé de dents fines (pointes Metcalfe), de façon à « limiter au maximum le travail du sol ».

L'agriculteur note l'importance de semer les graines de cette légumineuse « assez profond » (7-8 cm) pour « qu'elles réussissent à bien passer l'hiver ». Cela permet, en effet, à la culture « d'être plus résistante face aux agressions du froid, et de repartir de la graine en cas de gel des parties aériennes durant l’hiver. Elle sera également plus résistante vis-à-vis des maladies, en particulier le botrytis », indiquent les experts Terres Inovia.


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Féverole d'hiver ou de printemps ?

La féverole peut être cultivée «  dans des sols contaminés par Aphanomyces euteiches, car elle est très résistante à ce pathogène. Dans les parcelles saines, il est conseillé d’alterner féverole et pois pour préserver l’état sanitaire du sol, car la féverole ne multiplie pas l’aphanomyces.  Afin de limiter les autres risques sanitaires, mieux vaut suivre un délai minimum de six ans entre deux féveroles ».

Dans la vidéo, l'agriculteur explique aussi privilégier la féverole d'hiver car « ses terres mettent du temps à ressuyer en sortie hiver ». À noter également : elle sera moins exposée aux stress hydriques et thermiques que la féverole de printemps. Selon la synthèse nationale sur les pratiques cultures de la féverole (enquête 2018) de Terres Inovia, « cette culture est surtout présente dans les bassins Sud-Ouest, Ouest et Centre alors que la féverole de printemps est plutôt cultivée dans les bassins Est et Normandie & Nord. »

Retrouvez tous les conseils de Terres Inovia pour réussir son implantation de féveroles d'hiver

Pour ceux qui souhaitent semer de la féverole d'hiver dans les régions à l'est, Terres Inovia souligne l'intérêt de choisir une variété résistante au froid, compte-tenu des risques de forte gelée.

Une motivation agronomique

Dans tous les cas, la principale motivation des agriculteurs pour cultiver de la féverole est agronomique, quel que soit le bassin. « Introduire une féverole dans la rotation permet de diminuer la pression des maladies et des adventices. Elle assure également des gains de rendement (+ 7,5 q/ha pour un blé après protéagineux par rapport à un blé de blé), des économies d’azote pour le blé suivant et une teneur en protéines améliorée.

Selon l'enquête de l'institut technique citée précédemment, « près de 80 % des producteurs de féverole français affirment, en effet, tenir compte de l’effet précédent féverole dans l’ajustement de la fertilisation azotée de la culture suivante, souvent un blé. Ils réduisent l’apport d’azote de 20 à 40 kg /ha, en modulant selon les reliquats azotés en sortie d’hiver ».

Cet aspect est aussi mis en avant lors des associations légumineuses/céréales : les deux cultures ont une complémentarité au niveau de la nutrition végétale.


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