Diagnostic de la structure du sol Le mini-profil 3D, un mélange entre le test bêche et le profil cultural

Terre-net Média

Simple à mettre en œuvre, le mini-profil 3D permet de diagnostiquer rapidement l'état structural des sols. Cette méthode intermédiaire entre le test bêche et le profil cultural consiste à prélever un bloc de sol avec les palettes d'un chargeur télescopique. Elle est moins destructive qu'un profil cultural et permet de mieux observer la structure et l'enracinement comparée au test bêche (notamment dans les horizons profonds).

[Vidéo conçue par Agro-Transfert sur la réalisation d'un mini-profil 3D] 

Cliquer sur l'image pour lancer la vidéo.

Intermédiaire entre le test bêche et le profil cultural, la méthode du mini-profil 3D a été développée dans le cadre du projet Sol-D'Phy par Agro-Transfert afin de diagnostiquer rapidement l'état structural des sols. Elle consiste à « prélever un bloc de sol avec les palettes d'un chargeur télescopique (ou d'un tracteur équipé d'un chargeur frontal) », présente Vincent Tomis, chef de projet chez Agro-Transfert. Le mini-profil 3D permet ainsi « d'observer les horizons de travail du sol, la structure, l'enracinement, les traces d'activité biologique et de repérer des états structuraux contrastés, et donc porter un jugement sur l'état structural du sol dans les différents horizons », selon Agro-Transfert.

Voici le protocole proposé par Agro-Transfert :

  • « Rapprocher les deux palettes du chargeur avec un écartement de 20 à 30 cm »
  • « Enfoncer complètement les palettes dans le sol avec un angle de 30° à 45°, en perpendiculaire au sens du travail du sol »
  • « Lever légèrement sans à-coups puis redresser les palettes pour éviter l'effondrement du bloc »
  • « Lever à la hauteur souhaitée pour l'observation et rebasculer le bloc à l'horizontale ».

Le premier prélèvement est à réaliser « sur une zone représentative de la parcelle (éviter les fourrières et les zones de débardage) ou centré sur un passage de roue visible pour évaluer l’effet du passage. Le second est à faire en décalé par rapport au premier, pour couvrir la variabilité latérale de la structure du sol ». Si ce dernier prélèvement donne un résultat significativement différent du premier, Agro-Transfert recommande d'en effectuer un troisième.

Observer la structure du sol pour chaque horizon

Concernant l'observation, il faut tout d'abord « mettre en évidence les différents horizons avec un couteau, explique Vincent Tomis. Ensuite, on peut regarder la structure du sol pour chaque horizon, si elle est plutôt massive continue, en motte ou bien fragmentaire... En cassant les mottes, on va aussi déterminer le niveau de porosité : voir si les phases de ruptures sont lisses, nettes, avec peu ou pas de porosité visible à l'œil nu, signes d'un tassement sévère. Un bon niveau de porosité s'exprime plutôt avec des phases de rupture assez rugueuses et une porosité visible à l'œil nu ».

La période privilégiée correspond plutôt à l'interculture, pendant l'automne. Tout dépend surtout de l'objectif recherché : « évaluer s'il est opportun d'intervenir mécaniquement pour restructurer le sol, analyser l'efficacité d'un travail du sol ou bien repérer la profondeur de tassement atteinte à cause d'un passage d'engins, etc. » Côté pratique, cette méthode est assez simple à mettre en œuvre. Les limites résident plutôt dans l'interprétation pour l'aide à la décision. Pour accompagner les agriculteurs, Agro-Transfert a réalisé un guide méthodique sur le sujet, avec des conseils en fonction des observations.

Interprétations suite au mini-profil 3DInterprétations suite au mini-profil 3D (©Agro-Transfert) 


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