Semis de précision Le semis graine à graine du maïs, précis et régulier

Nicolas Cavenne Terre-net Média

Le semis graine à graine présente de nombreux intérêts en culture de maïs, où il est traditionnellement utilisé. Les semences doivent en effet être placées le plus précisément et régulièrement possible sur la ligne de semis. Pour cette plante, la maîtrise de la densité et la levée sont deux éléments essentiels.

Semis de maïsLa maîtrise de la densité et la levée sont deux éléments essentiels dans la conduite de la culture du maïs. (©Terre-net Média) Chaque pied de maïs doit bénéficier d’un environnement lui permettant de se développer le mieux possible sans rentrer en compétition avec les autres plantes du rang. Une répartition homogène sur la ligne de semis garantit une meilleure interception de la lumière et valorisation des ressources du sol, deux paramètres favorables au rendement.
Des graines mal positionnées perturberont le développement des feuilles, des tiges et des racines. Et les manques laisseront des zones de sol nu, facilement colonisables par les mauvaises herbes. Une densité de semis mal maîtrisée entraînera la formation de plantes sans épi ou chétives, donc des pertes financières pour l’agriculteur.

La régularité de semis est un gage de réussite

Chaque graine mise en terre donne une plante et des épis, s’il n’y a pas d’accident au cours de la campagne. C’est pourquoi la densité de semis est gage de rendement. Le semis graine à graine respecte les exigences de l’agriculteur, aussi bien au niveau du nombre de pieds/ha que de la profondeur. Les graines sont placées à intervalle régulier, sur le rang et entre les rangs. La densité de semis doit bien sûr être adaptée au potentiel du milieu (sol, eau), à la précocité variétale et à l’utilisation future du maïs.

  • Pour la production de grains, la densité est généralement comprise entre 75 000 pieds/ha pour les variétés tardives et 100 000 pour les plus précoces.
  • Pour une destination fourragère, la densité est plus importante.

Celle-ci varie en outre en fonction de la précocité des variétés. Pour les maïs hybrides tardifs, il faut beaucoup de feuilles pour capter un maximum de lumière alors que le rayonnement du soleil est plus faible.
Par ailleurs, une levée homogène est primordiale. Pour cela, il faut un environnement propice à la croissance de la graine et de la plantule, ainsi qu’une profondeur de semis constante. La mise en terre est essentielle : la profondeur de semis doit être de 4 à 5 cm ; le plombage de la graine doit être rappuyé, mais pas tassé, avec des mottes en surface.

L’objectif : obtenir une bonne levée, uniforme. Ainsi, toutes les plantes atteignent le même stade au même moment, une condition nécessaire pour l’obtention d’un rendement satisfaisant.

Peu de différence de rendement avec le semis en quinconce

Pour les cultures dites « sarclées », l’écartement traditionnel entre les rangs est de 75 à 80 cm à cause des contraintes de mécanisation et du binage autrefois effectué par un cheval. Aujourd’hui, d’autres inter-rangs sont testés.

Quant au semis en double rang (twin row), « cette technique n’est pas concluante en France », selon Bertrand Carpentier, ingénieur développement au pôle maïs d’Arvalis-Institut du végétal. Le but de cette méthode est de placer les graines en quinconce sans toucher à la densité de semis. Or, en termes de rendement, la différence avec le semis classique n’est pas significative, et même nulle dans certains cas. Ces résultats ne sont pas une surprise pour l’institut technique puisque, dans les essais des années 90, il y avait déjà peu d’écarts de rendement avec des écartements de 20 cm entre graines et de 60 cm entre rangs.

Cependant, la tendance qui se profile est de généraliser les inter-rangs de 50 cm. Avec une seule machine, l’agriculteur peut semer du maïs, des betteraves et du colza. Aujourd’hui, sur les engins de récolte, les becs s’adaptent à différents écartements entre les lignes de semis. Et sur les ensileuses, les becs rotatifs permettent tous les types de semis. Un même écartement pour plusieurs cultures simplifie l’organisation des chantiers et diminue les investissements en matériel. 

Arvalis a réalisé des expérimentations avec un semoir à céréales, qui n’ont pas été probantes. Bien sûr, la distribution volumétrique d’un semoir à blé n’est pas aussi précise qu’un système monograine et le risque de « doublon » est plus élevé. Toutes les autres évolutions techniques (distribution électrique, modulation de dose, graine géolocalisée…) améliorent le positionnement de la semence dans le sillon et la régularité d’écartement entre graines pour une qualité de semis optimale.

>>> Retrouvez le livre blanc consacré au semis de précision. Au sommaire :
  • Des économies de semences grâce au semis de précision des céréales à paille
  • Les plus du semoir monograine pour le colza
  • Profondeur régulière et désherbage facilité pour la féverole
  • Graine à graine pour un soja qui tienne
  • L’usage d’un semoir monograine est indispensable pour le tournesol
  • La betterave, une culture exigeant un semis de précision
  • Le semis graine à graine du maïs, précis et régulier


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