Fertilité des sols Les stimulateurs biologiques ne dispensent pas d'une fertilisation classique

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Un réseau d’essai mené par Arvalis-Institut du végétal a permis d’observer que les activateurs biologiques augmentent significativement la biomasse microbienne des sols mais sans réel effet positif sur le rendement, ni avantage économique.

Les activateurs biologiques des sols, souvent vendus sous le statut de fertilisants ou amendements minéraux basiques ou organiques, permettraient d’améliorer la fertilité chimique, physique ou biologique des sols et pourraient conduire à une économie d’engrais. Afin de le vérifier, Arvalis-Institut du végétal, en partenariat avec la FDCeta 17, le GRCeta SFA et les Chambres d’agriculture 12, 51, 81 et 85, a mis en place neuf essais pluriannuels de deux à sept ans, entre 1999 et 2017, dans sept départements avec des contextes pédoclimatiques variés et sur de nombreuses cultures. L’objectif était d’évaluer l’effet de ces produits sur l’absorption des nutriments N, P et K, sur le rendement, et sur les indicateurs de fonctionnement microbiologique des sols (mesures de biomasse microbienne et de potentiel de minéralisation de l’azote).

Les apports d’activateurs biologiques ont permis d’obtenir en complément d'une fertilisation NPK optimale et toutes cultures confondues, des gains de rendement moyens parfois significatifs, de l’ordre de 0,7 à 4,5 %. « Cependant, leur utilisation ne permet pas d’envisager une substitution même partielle d’une fertilisation NPK classique sans risquer de pénaliser le rendement. » Ensuite, leur utilisation s’accompagne dans un site sur trois d’une augmentation de la biomasse microbienne mais « aucun effet positif sur l’activité biologique des micro-organismes du sol n’a été mis en évidence ». « Les gains de rendements observés s’expliqueraient donc par les quantités d’éléments fertilisants non négligeables apportées par ces produits. » Enfin, « dans la plupart des cas, le gain de rendement obtenu n’est pas suffisant pour compenser le surcoût lié à l’utilisation de ces activateurs ».

Auteurs de l'étude présentée lors des rencontres Comifer-Gemas (novembre 2017) : Grégory Vericel, ingénieur spécialisé en fertilisation, Alain Bouthier, ingénieur spécialisé sols, fertilisation et irrigation, Régis Hélias, ingénieur régional, région sud, animateur filière agriculture biologique et Baptiste Soenen, responsable du pôle agronomie, ingénieur spécialisé en fertilisation et gestion quantitative de l’eau, pour Arvalis – Institut du Végétal.


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