L'actu d'Arvalis Pas d’effet significatif du travail réduit du sol sur le stockage de carbone

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Bruno Mary, directeur de recherche à l’Inra, présente les résultats d’une étude qui compare les effets de différentes conduites du travail du sol sur le stockage du carbone.

Selon une idée reçue, le travail simplifié du sol permet de stocker le carbone en supplément dans tous les sols. Or, ce n’est pas toujours le cas, notamment dans les climats tempérés. Le stockage supplémentaire du carbone est réversible.

Un essai longue durée témoigne

Pour établir ce constat, une étude a été réalisée sur la base d’essais menés par Arvalis – Institut du végétal à Boigneville (91) depuis une quarantaine d’années. Dans cette étude, les stocks de carbone ont été régulièrement mesurés afin d’estimer leur évolution pour trois modalités de travail du sol : le labour annuel, le travail superficiel ou simplifié, sans labour mais avec des opérations de préparation superficielle et le semis direct.

Stockage et déstockage du carbone

En comparant les résultats des trois modalités, il apparaît que du carbone a d’abord été stocké dans les situations de semis direct et travail superficiel. Au cours du temps, il y a eu des variations. Et 40 ans après le début de l’étude, il n’existe plus de différence significative entre les trois modalités. Il y a donc eu des épisodes de stockage et de déstockage du carbone dans les situations de travail réduit.

Ces épisodes seraient liés à des facteurs climatiques, notamment la pluviométrie. En années sèches, davantage de carbone s’accumule en conditions de travail réduit, mais cet effet s’inverse lors d’années humides, où la décomposition du carbone s'accélère. L'effet du travail du sol réduit sur le stockage du carbone n’est pas totalement remis en cause. Il existe dans les climats plus secs/semi arides, comme en Espagne.

C'est la combinaison travail du sol réduit et d'autres techniques comme l'introduction de couverts permanents ou temporaires qu'il faut encourager, à l'image des systèmes en agriculture de conservation. Les couverts, en activant la vie biologique du sol, sont favorables au stockage de carbone.

Rédaction : Nicolas Bousquet (Arvalis - Institut du végétal)

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