L'actu de Terres Inovia Pois de printemps : zoom sur les thrips et les sitones

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Les pois de printemps sont sensibles dès la levée aux thrips et aux sitones. Une observation régulière de vos parcelles est très importante. Retrouvez les points clés, présentés par Terres Inovia, concernant ces deux ravageurs.

Pois de printempsDès la levée, les pois sont sensibles à ces deux ravageurs. Souvent, le sitone apparaît après le thrips. (©Terre-net Média)

Le thrips qui attaque le pois est le thrips du lin et des céréales. Il prolifère principalement dans les parcelles de pois de printemps, dans la moitié nord de la France et plus particulièrement dans les régions : Nord-Picardie, Normandie, Bassin parisien, Centre et Champagne crayeuse.

Le thrips pique le végétal pour se nourrir et injecte une salive toxique dans la plante. Celle-ci initie de nombreuses ramifications, est chétive et naine. Les feuilles sont gaufrées et se couvrent de taches jaunes ou brunes.         

Attention au précédent et en cas de levée lente

En pois de printemps, les pertes de rendement liées au thrips s’élèvent à 30 q/ha si la levée est lente (mauvaises conditions climatiques). Si elle est rapide, la nuisibilité de ces insectes est faible (impasse envisageable).

Un précédent blé ou lin est favorable à la présence du thrips dans la parcelle de pois de printemps. La larve sort du sol vers 7-8 °C. En pois d’hiver, il n’a jamais été observé de dégâts de thrips.

Lutter dès la présence d’un thrips

Surveiller la culture dès la levée, afin de noter la présence de l’insecte dans les feuilles de pois en formation.

Traiter contre les thrips :

  • Dès que le seuil de nuisibilité est atteint (1 thrips par plante) entre les stades levée (80 % des plantes levées) et 2-3 feuilles ;
  • Avec un pyréthrinoïde homologué (8 à 10 €/ha) ;
  • En conditions très poussantes, la nuisibilité est généralement faible.
Attention !
Traiter trop tôt entraîne une mauvaise efficacité du traitement : on ne détruit pas les thrips présents dans les plantes non encore levées.
En cas d’impossibilité de traiter tôt (période de mauvais temps…), intervenir dès que possible pour limiter les dégâts, car tant que les thrips sont présents, ils continuent à « attaquer les plantes ».

Le sitone (Sitona lineatus) est un charançon de 3,5 à 5 mm de long, de couleur gris brun, avec des yeux proéminents. Il arrive par vols échelonnés sur les parcelles de pois, depuis ses zones refuges (haies, bois, jachères, légumineuses). Sa larve, 6 mm de long, est bicolore : le corps est blanc et la tête, brun-jaune.

Sitone sur poisLe pois de printemps peut être attaqué par vols successifs de sitones. (©Terres Inovia)

Le sitone vit sur tout le territoire français avec une zone de prédilection au sud de la diagonale Rennes-Lyon : Rhône-Alpes, Paca, Sud-Ouest, Poitou-Charentes, Grand Ouest et le Berry sont les régions les plus attaquées.

Dégâts sur feuilles et nodosités

En pois de printemps, les sitones entraînent des dégâts aériens et racinaires :

  • La destruction des nodosités, puis des radicelles et des racines par les larves perturbe l’alimentation azotée des cultures. Les pertes de rendement peuvent atteindre 10-12 q/ha dans les cas extrêmes. Cependant, quelques nodosités saines plus l’azote du sol peuvent suffire à nourrir la plante ;
  • Les morsures des bords des feuilles par les adultes dessinent des encoches semi-circulaires sans grande incidence sur le rendement.

Le sitone est actif par temps ensoleillé et dès que la température dépasse 12 °C. Il reste caché quand la température baisse et que le ciel est nuageux. Le pois d’hiver peut être attaqué en sortie d’hiver et au tout début du printemps par temps doux.

Lutter contre l’adulte dès 5-10 encoches sur les premières feuilles

S’il y a des encoches sur le bord des feuilles, le coléoptère est présent dans la parcelle. Intervenir à partir de 5 à 10 encoches au total sur les premières feuilles, commises par les sitones adultes :

  • De la levée au stade 5-6 feuilles en pois de printemps,
  • De la levée au stade 8-10 feuilles en pois d'hiver.

Au-delà des stades indiqués, les traitements deviennent inutiles, car les adultes ont déjà pondus. Les pyréthrinoïdes homologués protègent uniquement les feuilles présentes lors du traitement (8 à 10 €/ha).

Le sitone apparaît souvent après le thrips. Il est rare de pouvoir maîtriser ces deux ravageurs par une seule application en végétation.

 >>> Retrouvez les insecticides utilisables sur pois protéagineux en fonction de la cible (mise à jour : mars 2018).

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