L'actu de Terres Inovia Réussir le semis de féverole d'hiver

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Présente dans la moitié ouest de la France, la féverole d’hiver se sème du 20 octobre (un peu plus tôt qu’un pois d’hiver) au 31 janvier dans le sud. L'important est que les plantes soient levées avant les fortes gelées mais pas trop développées face aux maladies aériennes en sortie d'hiver.

Contrairement au pois, la féverole d’hiver développe un pivot puissant capable d’aller chercher plus profondément l’eau et les éléments nutritifs dont elle a besoin pour assurer son développement. Mais comme le pois, l’implantation de la culture demeure une étape clé de sa réussite. 

Avoir des plantes levées avant les fortes gelées

Présente dans une moitié ouest de la France, la féverole d’hiver se sème du 20/10 (un peu plus tôt qu’un pois d’hiver) jusqu'au 31/01 dans le sud. Les plantes doivent être levées avant les fortes gelées. En semis trop précoces, les féveroles fortement développées risquent par contre d’être plus sensibles aux maladies aériennes en sortie d’hiver et de fleurir trop tôt par rapport aux dernières gelées. Pour limiter ces désagréments : choisir une variété résistante au gel et semer profond.

Dates conseillées de semis des féveroles d'hiver.Dates conseillées de semis des féveroles d'hiver. (©Terres Inovia)

Si les conditions sont mauvaises, le semis peut être reporté au printemps sachant que le rendement sera en général inférieur à celui d’une variété de printemps.

Choix de la parcelle

La féverole est à proscrire dans les sols hydromorphes car elle est très sensible aux excès d’eau, qui pénalisent fortement son développement. Favorisez les sols aérés sur 10-15 cm, à réserve utile moyenne. Pas eu le temps de réaliser un test aphanomyces ? Pas d’inquiétude, la féverole n’y est pas sensible et ne multiplie pas le champignon !

Semez sur un sol ressuyé et aéré afin de favoriser un bon enracinement et le développement rapide des nodosités. Semez la féverole d’hiver profond : un semis à au moins 7 cm de profondeur lui permettra d’être plus résistante face aux agressions du froid, et de repartir de la graine en cas de gel des parties aériennes durant l’hiver. Elle sera également plus résistante vis-à-vis des maladies, en particulier le botrytis.

Respectez les densités de semis préconisées

La densité de semis de la féverole d’hiver oscille entre 20-25 grains/m² en sols limoneux, soit 105 à 130 kg/ha (pour un PMG de 525 g) et 30 grains/m² en sols argileux ou caillouteux, soit 160 kg/ha. La dose de semis conseillée est celle permettant d’être à l’optimum économique, pour une large gamme de prix de vente de la féverole (prix étudiés : de 130 et 270 €/t). Et la féverole d’hiver ramifie. Il n’est donc pas utile de la semer trop dense. Un excès de végétation favorise le développement végétatif au détriment des gousses et des graines, le risque verse, ainsi que l’installation précoce de maladies.

Aussi bien pour la féverole d’hiver que pour la féverole de printemps, et quel que soit le semoir utilisé, il est important de semer lentement. Les graines et la distribution pour les semoirs à transport par gravité sont préservées. Les risques de bouchage des tuyaux pour les semoirs à transport pneumatique sont limités. La pénétration des éléments semeurs est facilitée. La profondeur de semis est régulière et permet d’avoir une levée homogène.

Utiliser du matériel adapté au semis profond

Déchaumeuse à socs ou cover crop. Ce matériel permet de préparer un lit de semence pour semer profond, notamment en féverole d’hiver. La semence peut être répartie au préalable avec un épandeur à rampe.

• Déchaumeuse à socs ou à disques combinée avec un semoir. Ce matériel permet d’obtenir le même résultat que le précédent. À partir de la tête de distribution, les descentes sont reliées aux socs ou aux disques.

• Semoir classique. Adapter les réglages de la machine au travail profond. Sur un semoir combiné à un outil de travail du sol à l’avant, descendre suffisamment la barre de semis pour pouvoir atteindre la profondeur souhaitée.

• Semoir monograine. Il permet de garantir une profondeur de semis optimale et régulière (à condition d’avoir un poids suffisant sur l’élément semeur), et un sol préparé en conséquence. Sa capacité à répartir précisément la semence sur le rang permet d’économiser les doses de semis. Cependant, des écartements de 45-50 cm couvrent moins vite le sol que de faibles écartements, d’où un risque accru de concurrence d’adventices. Le binage est alors possible.

• Semoir à céréales. Equipé d’une distribution adaptée aux grosses graines, il est le plus souvent utilisé. Vérifier régulièrement le bon écoulement des graines dans le semoir puisque les graines sont plus grosses que celles du blé par exemple (risque de bouchon). Écartement : de 17 à 35 cm.

Éviter de casser les graines

Les graines cassées sont dévaluées. Assurer leur intégrité est donc important.

• Semoirs mécaniques. Pour pallier le problème de casse, l’arbre de distribution est parfois remplacé par un arbre spécial grosses graines qui dispose de doseurs constitués de grosses alvéoles en élastomère.

• Semoirs pneumatiques. Équipés de cellules doseuses de type « Accord », ils semblent bien adaptés aux grosses graines (cannelures de grandes dimensions). Sur certaines conceptions de semoirs pneumatiques, les sorties de distribution sont de trop faible section et donc sensibles aux bouchages. Pour ces semoirs, éviter les contre-pentes sur les tuyaux, surtout aux extrémités, quand le flux d’air est le plus atténué par les pertes de charge.


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