Biomasse ligno-cellulosique Miscanthus et sorgho, des filières boostées par le projet Biomass for the future

Terre-net Média

Au terme de huit ans, le programme d’investissements d’avenir BFF - Biomass for the future - entend accompagner le développement de la production de biomasse ligno-cellulosique à partir de miscanthus et de sorgho pour une production d’énergie (combustion, méthanisation) et de matériaux biosourcés (construction, composites).

Parcelle de miscanthus en décembreAvec le projet BFF, l'ambition est d'aller vers « des filières de biomasse ligno-cellulosique compétitives et respectueuses de l'environnement ». (©Terre-net Média)

« L’objectif "zéro émission de CO2 en 2050" incite fortement au développement de la biomasse pour remplacer les sources de carbone fossile. Dans ce contexte, les productions de miscanthus et de sorgho sont en plein essor et prêtes à relever le défi de la bioéconomie en valorisant les travaux du projet BFF - Biomass For the Future », expliquent les experts de ce programme d'investissements d'avenir.

Point sur ces deux cultures en plein essor :
 
- Miscanthus : + 13 % des surfaces en France par an au cours des 5 dernières années. Près de 7 200 ha au sein de 1 700 exploitations agricoles situées dans 60 départements français.
Atouts : culture pérenne sans azote et sans produit phytosanitaire, augmentation du stock de carbone dans le sol. Éligible aux aires de protection de captage d’eau, aux surfaces d’intérêt écologique (SIE) et aux zones de non-traitement (ZNT).
 
- Sorgho : + 25 % de sorgho fourrager en France en 2020 = 28 000 ha
Utilisé comme culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive), le sorgho, tout comme le miscanthus, est complémentaire des cultures à vocation alimentaire.

« Accélérer la création de nouvelles variétés de miscanthus et de sorgho »

BFF s'appuie notamment « sur des approches génétiques pour accélérer la création de nouvelles variétés de miscanthus et de sorgho. En effet, les propriétés industrielles de la biomasse dépendent de la composition biochimique des tiges de ces deux espèces. BFF a permis d’aller rechercher la diversité génétique disponible sur la base des critères qualitatifs et quantitatifs, et a identifié en conséquence des régions génomiques d’intérêt impliquées dans la production et/ou la composition de la biomasse. » Ces travaux offrent des perspectives pour développer de « nouvelles variétés de miscanthus triploïdes stériles, dans l’optique d’éviter tout risque d’invasivité, à partir de rhizomes ou de plants, ou même de graines. Les nouvelles variétés seront conçues pour être particulièrement adaptées aux usages émergents du miscanthus (matériaux de construction, biopolymères, méthanisation), mais également pour être mieux adaptées aux conditions pédoclimatiques. »

Ils conduisent également « au développement de nouveaux parents mâles et femelles élites pour la création de nouveaux hybrides de sorgho visant les marchés de l’ensilage, de la méthanisation et d’autres débouchés. Les critères de tolérance au froid et de vigueur initiale, favorisant un semis plus précoce pour éviter la sécheresse estivale, ainsi que l’adaptation aux Cive sont pris en compte dans les schémas de sélection du sorgho. »

« De nouvelles valorisation de la biomasse »

L'objectif de ce programme est aussi de « promouvoir de nouvelles valorisations de la biomasse pour la production d’énergie et de matériaux biosourcés, dont les performances environnementales ont été calculées par la méthodologie d’analyse du cycle de vie (ACV).  La méthanisation du miscanthus récolté en sec, ou celle du sorgho améliorée par un prétraitement alcalin, présente un bilan environnemental favorable. En revanche, le meilleur potentiel méthanogène (BMP) du sorgho le privilégie par rapport au miscanthus pour ce débouché.  »

« Le miscanthus offre la possibilité de préparer un béton végétal dont la résistance à la compression est fonction des caractéristiques biochimiques de la plante, ouvrant la voie pour fabriquer des blocs bétons non porteurs. Miscanthus et sorgho entrent également dans la composition de composites biopolymères, avec par exemple un taux d’incorporation de 30 % de miscanthus. Un composite prometteur à base de miscanthus pour l’industrie automobile a été validé par PSA Peugeot Citroën, prêt à être commercialisé ; d’autres applications sont en cours de déploiement. En comparaison à la fibre de verre, cette filière montre de bonnes performances environnementales. »


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous