L'actu d'Arvalis Stockage des pommes de terre : comment préparer l'après CIPC ?

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L’utilisation du chlorprophame (CIPC) pour le contrôle de la germination des pommes de terre sera interdite en France dès le 8 août 2020. Arvalis-Institut du végétal regroupe quelques éléments réglementaires et techniques pour éclairer au mieux les opérateurs et producteurs des conséquences de cette décision.

Stockage de pommes de terreComment se préparer à l'après CIPC ? (©Nicolas Cornec/Arvalis) Arvalis-Institut du végétal fait le point sur la décision européenne du non-renouvellement du chlorprophame (CIPC), utilisé pour contrôler la germination des pommes de terre.

Que dit la réglementation ?

Cette décision s'applique à tous les États membres et est parue au Journal Officiel de l'Union européenne le 18 juin 2019. Elle fait suite aux conclusions du rapport de l’Efsa (agence européenne de sécurité sanitaire) dans le cadre de la procédure de réexamen de l’inscription de la molécule au niveau européen, 10 ans après sa précédente inscription. L’Efsa avait conclu à des risques sanitaires chroniques et aigus pour le consommateur vis-à-vis de cette molécule mais surtout vis-à-vis d’un de ses principaux métabolites de dégradation, la 3-chloroaniline. Cette décision est venue clore de très nombreux débats, au niveau européen, qui se sont notamment déroulés dans le cadre du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale (SCoPAFF) après la proposition de non-renouvellement de la molécule faite par la Commission l’année précédente (Décision 2018/524 du 28 mars 2018).

La filière française s’est-elle mobilisée sur le sujet ?

La filière française a largement œuvré au fur et à mesure de l’évolution du dossier depuis la parution de l’avis de l’Efsa. Elle a tout d’abord produit un rapport technique d’utilisation de la molécule en France. Ce dernier renfermait notamment les résultats du Plan de surveillance conduit par le Cnipt avec l’appui d’Arvalis depuis la campagne 2009-2010. Par ailleurs, la filière s’est mobilisée pour demander un délai de grâce à l’utilisation, l’idée étant de pouvoir terminer complètement la campagne de stockage/commercialisation 2019/2020. Elle s’est ensuite très fortement impliquée au sein de la « Potato Value Chain » (1) dans le cadre du monitoring des niveaux de contamination croisée susceptibles d’être observés sur des tubercules stockés dans des bâtiments précédemment traités avec du CIPC. Ceci de façon à contribuer à la fixation d’une Limite maximale de résidus temporaire (LMR-t) réaliste une fois que sera devenue effective l’interdiction d’utiliser le CIPC.

Jusqu’à quand pourra-t-on réellement utiliser le CIPC en France ? Dans les autres pays européens ?

Dans son texte du 17 juin 2019, la Commission européenne fixe des dates butoirs au retrait des autorisations de mise en marché (AMM) des spécialités contenant du CIPC (8 janvier 2020) et à l’utilisation de celles-ci par les producteurs (8 octobre 2020 maximum). C’est par contre à chaque état membre qu’il convient au besoin de fixer ses propres mesures de retrait du marché. Ainsi pour la France, l’Anses a communiqué le 11 septembre dernier ses propositions, sous réserve de leur signature :

  • 8 janvier 2020 : Retrait des AMM des spécialités commerciales,
  • 8 avril 2020 : Fin du délai de grâce de 3 mois pour la vente et la distribution des produits formulés contenant du CIPC,
  • 8 août 2020 : Fin du délai de grâce de 7 mois pour l’utilisation et le stockage des produits

Un délai de grâce a donc été accordé, suite à la demande de la filière française dans sa globalité, pour terminer la campagne 2019/2020 avec possibilité d’utiliser jusqu’au bout du CIPC (08 août 2020). La Belgique, par exemple, a fait le choix du 30 Juin 2020 comme date ultime d’utilisation du CIPC.

J’ai entendu parler de LMR-t : de quoi s’agit-il ?

Les travaux conduits par le CTGB (Agence sanitaire des Pays-Bas), en tant qu’état membre rapporteur et l’Efsa visent à fixer un niveau acceptable de résidus dans les tubercules stockés dans les bâtiments précédemment traités avec du CIPC du fait de la rémanence de la molécule. Le niveau défini de manière temporaire constituera la teneur maximale en résidus qui sera tolérée dans les tubercules. Elle sera dénommée Limite maximale en résidus temporaire : LMR-t. Sa valeur devrait être connue au printemps 2020 et applicable pour quelques années, sans doute 2 à 3 ans, 5 ans maximum.

(1) la Potato Value Chain rassemble toutes les filières européennes de pommes de terre (producteurs + aval)

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Comment gérer la dernière campagne d’utilisation du CIPC ?

Est-il conseillé d’utiliser le CIPC pour la campagne de stockage 2019-20 ?

Il n’existe aucune restriction à l’utilisation du CIPC au cours de la campagne 2019-2020 pendant laquelle son utilisation peut s’effectuer dans les mêmes conditions que les années précédentes. Mais cette campagne peut être propice à évoluer vers les solutions alternatives si l’on dispose de différents bâtiments de stockage pour « se faire la main ». Ces solutions seront les seules proposées à partir de la campagne 2020-2021.

Le passage à une autre solution antigerminative dès la campagne 2019-2020 peut également permettre de réduire les risques de contamination croisée au cours des campagnes à venir et limiter ainsi les risques de dépassement de la LMR-t lorsqu’elle sera en application.

Puis-je faire des stocks de CIPC, avant qu’il n’y en ait plus ?

Il n’y a aucun intérêt à faire des stocks de CIPC car son utilisation sera proscrite au-delà de la campagne de stockage 2019-2020. L’abaissement ultérieur de la Limite maximale de résidus (LMR) au niveau très faible de la LMR-t qui est en cours d’évaluation par le CTGB, au nom des Pays-Bas, État membre rapporteur et de l’EFSA, empêchera toute utilisation du CIPC même à dose réduite.

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Quels sont les risques encourus en cas d’utilisation du CIPC après la date de fin d’utilisation, à partir de la campagne de stockage 2020-2021 ?

L’application du CIPC sur les tubercules de pommes de terre, quel que soit le mode d’application, entraînera le dépassement du niveau fixé pour la LMR-t, rendant ainsi impropre à la commercialisation (animale et humaine) toutes les pommes de terre stockées. Le risque individuel sur l’exploitation est donc énorme. Par ailleurs, ce type de pratiques frauduleuses ferait également courir un risque collectif majeur pour tous les producteurs et toute la filière. Il pourrait éventuellement encourager les autorités à ne plus autoriser la moindre trace de CIPC dans les tubercules en faisant disparaître le principe de la LMR-t si elles s’apercevaient que des traitements au CIPC se poursuivaient.

De nombreux acheteurs ont déjà annoncé qu’ils renforceraient leurs analyses et leurs plans de surveillance sur cette molécule, lors de l’achat de pommes de terre dès la récolte 2020 initiée.

J’ai fait du CIPC à la récolte 2019, mes pommes de terre vont finalement partir plus tard. Quelles alternatives utilisables après CIPC sur la fin du stockage ?

Sous réserve de l’officialisation des propositions de l’Anses, il sera possible d’utiliser du CIPC en France jusqu’au 8 août 2020, ce qui autorise à faire un traitement complémentaire par thermonébulisation avec ce produit jusqu’à cette date. Si cette application complémentaire n’est pas réalisable dans ce délai, il est possible d’effectuer un traitement complémentaire par thermonébulisation avec de l’huile de menthe (Biox M) ou du 1,4 DMN (Dormir). Mais il faut alors disposer d’un bâtiment assez étanche et d’un système de distribution d’air adapté.

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Comment dépolluer / nettoyer les bâtiments dédiés au stockage ?

Pourra-t-on encore trouver du CIPC dans les pommes de terre après le 8 août 2020, sachant que le CIPC est un produit très rémanent ?

Du fait de sa dispersion dans le bâtiment de stockage par la thermonébulisation mais aussi par la poussière chargée avec la molécule, les infrastructures des bâtiments traités sont plus ou moins polluées avec le CIPC. Cette molécule est susceptible de s’y maintenir pendant plusieurs années si aucun nettoyage performant n’est pratiqué. Une contamination croisée peut ainsi apparaître sur les tubercules stockés les années à venir, à des niveaux plus ou moins quantifiables alors qu’aucun traitement ne sera plus réalisé avec la molécule.

Existe-il des méthodes de nettoyage des bâtiments ?

Des travaux sont actuellement menés par Arvalis pour évaluer les meilleures solutions utilisables dans la dépollution des bâtiments de stockage contaminés avec du CIPC. Un travail spécifique est également mené dans ce sens au niveau européen. Ces travaux visent à édicter des règles de nettoyage à l’efficacité avérée et reconnues comme telles par les services officiels en vue de la fixation d’une LMR-t.

Un balayage/aspiration/utilisation d’un nettoyeur haute pression est-il suffisant ?

L’élimination de la terre résiduelle dans le bâtiment par balayage ou aspiration est nécessaire avant de procéder à tout nettoyage approfondi du bâtiment. Ce nettoyage initial doit être effectué dans toutes les zones sales du stockage (sol, gaines, parois, caisses). Il peut ensuite être suivi par un nettoyage approfondi via un nettoyeur haute pression à eau chaude ou froide, complété par l’utilisation ou non d’un additif, détergent ou autre. Les premiers résultats montrent la possibilité d’éliminer près de 60 % des résidus de CIPC présents à la surface des matériaux constructifs par la « simple » mise en œuvre de ces pratiques. Pour être complet le nettoyage doit être réalisé sur toutes les surfaces présentes dans le bâtiment, y compris couloir technique, batterie froide, plafond, gaines de ventilation… Les travaux de monitoring qui vont se poursuivre en Europe au cours de la campagne de stockage 2019-2020 dans des bâtiments correctement nettoyés permettront de vérifier leur efficacité sur le niveau de contamination croisée observé sur les tubercules stockés au moment du déstockage.

J’ai entendu parler de produits détergents qui seraient efficaces. Qu’en est-il ?

Différents détergents et autres produits ont été testés au cours de l’été 2019. Une synthèse des résultats présentant les produits les plus efficaces sera disponible au cours de l’automne 2019 et permettra d’effectuer une mise à jour pertinente de la réponse à cette question.

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Que valent les solutions alternatives ?

Quelles sont les alternatives au CIPC ?

Quatre solutions alternatives sont déjà homologuées en France : l’hydrazide maléique, l’huile de menthe, l’éthylène et le 1,4 diméthylnaphtalène, par ordre chronologique d’homologation. Ces solutions ne couvrent pas tous les modes d’application possibles du CIPC mais sont toutefois combinables entre elles pour parvenir au meilleur résultat selon le type de débouché, les conditions et la durée de stockage, les variétés concernées, la température de consigne…

• L’hydrazide maléique a été ré-homologué jusqu’en 2032, avec une LMR désormais relevée à 60 ppm. Deux spécialités sont disponibles en France : l’une sous forme solide (Fazor Star), l’autre sous forme liquide (Itcan). Le produit doit être appliqué au champ sur une végétation non sénescente et non stressée, en dehors d’une période de forte chaleur, lorsque 80 % des tubercules ont un calibre d’au moins 25 mm, en veillant à maintenir un délai d’au moins 2 à 3 semaines avant le défanage pour laisser le temps au produit de migrer dans les tubercules. Elle apparaît comme la seule solution à terme pour les bâtiments non adaptés aux thermonébulisations ou diffusions gazeuses. Cependant, la rémanence antigerminative dans le stockage est susceptible de varier selon les conditions d’application (temps chaud et sec) mais aussi en fonction du repos végétatif naturel de la variété et de la bonne maîtrise des conditions de conservation (température, hygrométrie). Pour les conservations de longue durée, des traitements complémentaires en cours de conservation sont nécessaires, mais à des doses le plus souvent réduites tout en diminuant le risque de germination interne. La présence de la molécule dans les tubercules au moment de la mise en stockage permet par ailleurs de procéder à un bon séchage et à la parfaite cicatrisation des tubercules avant la première application en stockage, limitant ainsi les risques de brûlures.

• L’huile essentielle de menthe (Biox M), reconnue comme produit de biocontrôle et autorisée en agriculture biologique (AB), est appliquée par thermonébulisation ou évaporation à froid. Elle nécrose les germes déjà présents à la surface des tubercules. La dose d’emploi doit être adaptée à leur taille. Une intervention trop tardive peut laisser, après lavage des tubercules, une empreinte noire au niveau du germe nécrosé ; c’est pourquoi, il est recommandé d’intervenir lorsque le germe est au maximum au stade point blanc. L’utilisation du système évaporatif Xedavap délivrant de petites doses très régulièrement permet de détruire les jeunes germes dès leur émission. Non soumise à LMR, il est cependant conseillé d’entreposer les palox traités dans un espace aéré pendant quelques jours avant le conditionnement pour réduire l’odeur portée par les tubercules.

• L’éthylène, autorisé en AB et non soumis à LMR, est diffusé sous forme gazeuse dans l’ambiance du stockage soit à partir d’une catalyse d’éthanol dans un générateur placé in situ (procédé Restrain), soit à partir de bouteilles de gaz comprimé (procédé Biofresh safestore). Le produit freine la germination et ralentit l’élongation des germes qui adhèrent peu aux tubercules. Sa concentration doit être maintenue à 10 ppm dans l’ambiance du stockage après une montée progressive (procédure slow start) lorsque les tubercules sont secs. Pour éviter tout défaut de sélectivité interne et accroissement excessif de la teneur en sucres dans les tubercules, il est recommandé de maintenir la teneur en CO2 en dessous du seuil de 0,5 % durant toute la durée de conservation. Même si des premiers essais ont montré des résultats encourageants pour des variétés spécifiquement adaptées à la transformation en produits frits, une réserve existe toujours pour l’instant à l’utilisation de cette molécule pour cet usage.

• Le 1,4 DMN (produit Dormir commercialisé par Dormfresh depuis 2017) est thermonébulisé dans le bâtiment. Il maintient le tubercule dans un repos végétatif et doit donc être appliqué assez tôt après la rentrée des tubercules, une fois cependant que ceux-ci sont parfaitement secs et cicatrisés. Une attention toute particulière doit être apportée aux conditions d’application sur des tubercules à peau fine (type chair ferme), notamment en homogénéisant au mieux la température du tas avant traitement et en réduisant la dose d’application. Les traitements suivants doivent se faire avant l’apparition du stade point blanc, dès qu’un éclaircissement des yeux est constaté, correspondant au début de l’initiation des méristèmes germinatifs. L’attente de ce stade avant les applications suivantes permet d’optimiser la cadence et la dose totale appliquée. Les suivis commerciaux réalisés durant la saison 2018-2019 ont ainsi montré qu’une réduction de moitié au moins de la dose totale homologuée (6 applications de 20 ml/t par an) était possible. La LMR est fixée à 15 ppm avec un délai réglementaire avant commercialisation de 30 jours, en veillant à ne pas orienter des tubercules traités vers l’alimentation animale.

Les alternatives sont a priori plus chères, qu’en est-il réellement ?

Il existe de fortes différences de coût selon la solution antigerminative choisie mais aussi selon les paramètres adoptés pour la conservation et les contraintes de stockage et de mise en marché. Le tableau ci-dessous donne une approche du coût indicatif de plusieurs combinaisons de ces différentes solutions en comparaison d’un programme CIPC.

Comparaison des différentes solutions alternatives du CIPCComparaison des différentes solutions alternatives du CIPC (©Arvalis-Institut du végétal)

À noter que ce tableau reprend les surcoûts directs liés à l’utilisation de produits plus onéreux que le CIPC (coût produit + application) mais ne reprend pas les coûts de dépollution des bâtiments, d’adaptation des bâtiments à l’utilisation des alternatives (isolation, ventilation…)

J’ai signé un contrat pluri-annuel il y a 1 ou 2 ans, aujourd’hui le CIPC va disparaître, ce surcoût va-t-il être pris en compte par l’industriel ou le négociant ?

La suppression du CIPC devrait se traduire par une augmentation du coût de production d’autant plus que la durée de conservation sera longue. La prise en compte de ce surcoût pourrait ainsi passer par son intégration dans les primes de conservation des tubercules. Cet élément est à discuter, au cas par cas, avec chaque acheteur. Certains l’ont déjà intégré et précisé clairement dans leurs contrats.

J’ai entendu parler de problèmes avec l’utilisation du Dormir, qu’en est-il ?

Lors du lancement du produit par Dormfresh en 2018, des soucis de sélectivité ont, ponctuellement, été observés en France sur des tubercules de type chair ferme dans quelques bâtiments réfrigérés. Les conditions d’application semblent avoir été à l’origine de ces problèmes. La société les a donc reprises en insistant notamment sur la nécessité d’avoir des tubercules secs, d’une bonne homogénéité de température dans le stockage grâce à la mise en œuvre d’un brassage interne durant les 24 heures précédant le traitement, du choix d’une température de thermonébulisation élevée pour disposer d’un brouillard sec et de l’adoption d’une dose réduite pour au moins la première application sur ces variétés à peau fine. Les préconisations de la firme doivent être mises en ligne sur un site web dédié, et téléchargeables par QR code sur les emballages.

Quels sont les critères techniques à respecter si je veux conserver mes pommes de terre le plus longtemps possible sans utiliser un antigerminatif ?

Pour stocker longtemps des tubercules de pommes de terre sans traitement antigerminatif, il est préférable d’opter d’une part pour des variétés à long repos végétatif. D’autre part, il faut disposer d’un système de ventilation/réfrigération performant de façon à stocker de manière continue à une température de consigne la plus basse possible en adéquation avec les objectifs qualitatifs du débouché visé (sucrage de basse température).

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Comment aménager son bâtiment de stockage ?

Mon bâtiment n’est a priori pas adapté à l’utilisation des alternatives ? Que faire ?

En cas de bâtiment insuffisamment étanche ou ne disposant pas d’une ventilation adaptée pour une bonne distribution d’air au sein du stockage, il est toujours possible d’appliquer de l’hydrazide maléique en cours de végétation de façon à assurer un contrôle de la germination durant les premiers mois de conservation. La rémanence antigerminative sera cependant fonction du repos végétatif de la variété et de la bonne maitrise de la température des tubercules stockés.

Pour utiliser les solutions antigerminatives applicables en cours de conservation, il faut procéder à une étanchéification du bâtiment par la pose par exemple d’un complément d’isolation en parois ou en toiture. Des cloisons amovibles peuvent être posée dans le bâtiment pour séparer l’aire de stockage du reste du bâtiment. La distribution du produit au sein d’un tas vrac nécessite un réseau de gaines adapté mais qui peut être alimenté par des ventilateurs posés dans l’enceinte du stockage. En cas de stockage en caisses-palettes, un dispositif de brasage d’air interne doit être installé.

Compte tenu de la diversité possible des installations, il est préférable de se rapprocher du service bâtiment de la Chambre d’Agriculture pour un conseil adapté à la meilleure solution choisir.

J’ai répondu à une enquête stockage diffusée par l’UNPT, les chambres, etc. À quoi cela a-t-il servi ?

L’enquête va permettre d’examiner le niveau d’adéquation du parc de bâtiment de stockage des différentes régions aux nouvelles obligations de configuration liées au retrait du CIPC (étanchéité, ventilation…). Les données recueillies permettront d’argumenter auprès des instances nationales et régionales pour allouer des éventuels financements à un plan de rénovation/construction de nouvelles installations de stockage.

Y a-t-il des aides à l’adaptation des bâtiments ?

Des aides existent dans différentes régions pour l’aménagement des bâtiments de stockage de pomme de terre, en lien le plus souvent avec l’amélioration de leur performance énergétique, dans le cadre des aides FEADER. Un appui financier est ainsi le plus souvent susceptible d’être envisagé pour des aménagements liés à l’isolation des bâtiments et leur ventilation. Cependant, celui-ci est régulièrement lié à des appels à projet qui intègrent différents critères d’éligibilité, variables entre les régions. Pour des renseignements plus précis, il est préférable de se rapprocher du Service bâtiment de la Chambre d’Agriculture. À noter également que des aides sont également possibles pour les investissements visant à développer les productions destinées à l’agriculture biologique.

J’ai un bâtiment neuf pour la récolte 2019, que me conseillez-vous de faire ?

Bien entendu, bien que cela soit toujours possible, il est fortement déconseillé d’appliquer du CIPC même si cela peut être la solution la plus économique à court terme. Il est souhaitable d’opter pour une ou plusieurs des solutions alternatives disponibles pour éviter toute pollution des nouvelles installations de stockage. C’est la meilleure garantie pour une teneur en résidus de CIPC inférieur à la LMR-t une fois que le CIPC sera retiré du marché.

J’ai des questions techniques : vers qui me diriger en termes d’accompagnement (Arvalis, chambres…) ?

Compte tenu de la diversité possible des configurations des bâtiments de stockage, il est préférable de rechercher dans un premier temps un service disponible au plus près des installations. Le service bâtiment de la chambre d’agriculture apparaît ainsi comme un contact initial à privilégier. Après une prise en considération des besoins d’adaptation nécessaires, il pourra le plus souvent aiguiller vers les aides financières gérées au niveau régional.

J’ai un projet de construction de bâtiment neuf : faut-il repousser la date de construction pour être sûr de respecter les nouveaux critères techniques imposés par l’interdiction du CIPC ?

Un projet de bâtiment à ce jour correspondra à un bâtiment opérationnel au plus tôt pour la campagne 2020-2021. Les critères techniques liés à la mise en œuvre des solutions antigerminatives alternatives au CIPC sont déjà connus. Tout au plus, en cas de doute, il est possible de consulter un spécialiste bâtiment de la chambre d’agriculture pour s’assurer de la bonne adéquation des infrastructures aux solutions choisies en fonction du débouché prévu pour les tubercules stockés.

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