Pesée des colzas Thomas Bertrand constate davantage de biomasse du côté des semis au monograine

Terre-net Média

Début décembre, le moment est venu de peser les colzas. L’occasion d’observer à nouveau, ou non, une différence entre semoir monograine et semoir classique. Arnaud Van Boxsom, ingénieur régional du Cetiom pour la région Nord-Picardie-Seine-Maritime, accompagne Thomas Bertrand sur la parcelle où il teste les deux techniques.

Pesée des colzas en entrée d'hiver.Arnaud Van Boxsom du Cetiom accompagne Thomas Bertrand pour la traditionnelle pesée des colzas en entrée d'hiver. Un cadre d'un mètre de côté facilite l'opération. (©Terre-net Média)

Pour mémoire, Thomas Bertrand a choisi la variété de colza DK Exstorm qu’il a semée à la densité de 25 gr/m². Côté semis au monograine, trois pesées ont été réalisées (cf. tableau) avec comme résultat en moyenne 2 kg/m² pour 22 pieds/m², soit l’équivalent de 140 kg d’azote à l’hectare absorbés par la plante. Côté semoir classique, trois mesures également ont été faites avec en moyenne 1,6 kg/m² pour 18 pieds/m², soit 112 kg d’azote absorbés à l’hectare. Arnaud Van Boxsom constate donc une différence entre les deux modalités de 400 g/m², soit pour l’instant l’équivalent d’une économie d’une trentaine d’unités d’azote avec le semoir monograine.

« La mesure de la biomasse aérienne en entrée d’hiver, lorsque la culture a stoppé sa croissance, permet d’estimer précisément la quantité d’azote absorbée par la plante pendant l’automne. Elle sera précisée par une pesée en sortie d’hiver qui permettra de prendre en compte la décomposition des feuilles sous l’effet du froid. » Arnaud Van Boxsom considère qu’un kilogramme de matière verte par m² équivaut à 70 unités d’azote absorbées par la culture

Mesures de la biomasse aérienne des colzas en entrée d'hiver.Mesures de la biomasse aérienne des colzas en entrée d'hiver : trois pesées ont été réalisées pour chacune des deux techniques de semis. (©Terre-net Média)

Des pivots de 17 à 23 cm

« Même si une levée rapide favorise la croissance des pivots, ici mesurés entre 17 et 23 cm, c’est surtout une bonne fissuration et l’absence de tassement qui va permettre un bon enracinement et favoriser l’allongement des organes souterrains. » L’objectif à atteindre avant l'hiver, c’est 8 feuilles et un pivot d’au moins 15 cm. « Cette année, avec l’automne poussant, même les semis tardifs ont au moins 8 feuilles. »

Série spéciale semis.Retrouvez les reportages réalisés
chez Thomas Bertrand au
moment du semis et à la levée de
ses colzas. (©Terre-net Média)

Arnaud Van Boxsom conseille le semoir monograine pour l’implantation du colza, opération qui joue pour 50 % du rendement. « La graine de colza a besoin d’un très bon contact avec la terre mais sa petite taille ne joue pas en sa faveur. Le monograine avec sa roue plombeuse aide bien. Il permet aussi de mieux maîtriser la densité alors que le colza valorise bien les semis clairs. Bien implantée, la culture lève rapidement. Elle est plus robuste et donc moins sensible aux attaques de limaces et d’altises. Et l’écartement à 45 cm autorise un binage de l’inter-rang ce qui facilite la gestion des adventices. »

Préférer le monograine autant que possible

Arnaud Van Boxsom conseille, pour les exploitations betteravières notamment, équipées en monograine, de ne pas se priver de l’opportunité de l’utiliser pour le colza. Thomas Bertrand, lui, dispose d’un semoir spécifique pour ses 12 ha de betteraves mais qui n’est pas adapté au colza. Il a prévu de changer de semoir à céréales l’année prochaine et préfère profiter de ses 30-35 ha de colzas pour l’amortir plus vite. « Cependant, l’expérience a démontré la différence de qualité d’implantation. Donc l’année prochaine, dans le bief, je vais semer mes colzas au monograine en prestation de service et au semoir classique dans les limons. »

Au final pourtant, tous deux s’accordent pour supposer qu’aucune différence ne sera visible à la récolte. « Avec un semoir de précision, vous mettez toutes les chances de votre côté, explique Arnaud Van Boxsom, mais cela ne se vérifie pas forcément à la récolte. Si l’année est favorable à la culture, la parcelle et le travail du sol également, et qu’aucun accident ne survient, les rendements seront comparables entre les deux techniques. »


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