[Portrait] Journée des droits des femmes Agricultrice, maman et communicante, un quotidien bien rempli pour Nadège Petit

Terre-net Média

Fille et petite fille d'agriculteurs dans le sud de l'Eure, Nadège Petit ne se prédestinait pas forcément à devenir agricultrice un jour. Mais après plusieurs expériences professionnelles, l'appel de la terre l'a conduit à s'installer avec son mari en 2018 sur l'exploitation familiale. Aujourd'hui, il lui tient à cœur de participer aux filières locales et de communiquer positivement sur le métier.

Nadège Petit Nadège Petit et son mari cultivent céréales, colza, lin textile et pommes de terre dans le sud de l'Eure. (©Nadège Petit) Dans le cadre de la journée internationale des droits de la femme le 8 mars, Terre-net a choisi de mettre en avant aujourd'hui les agricultrices françaises, via le portrait de Nadège Petit. Passionnée par l'agriculture et les nouvelles technologies, elle poursuit, après son Bac scientifique, des études d'ingénieur en agriculture à UniLaSalle Beauvais, dans l'idée de devenir conseillère agronomique dans un Ceta (Centre d'études techniques agricoles). Diplômée en 2008-2009, « cela s'est avéré finalement plus difficile que ce que je pensais de trouver une opportunité dans le milieu des productions végétales en tant que femme », se remémore Nadège. Mais avec de la persévérance, elle réalise plusieurs expériences, notamment à la chambre d'agriculture de l'Orne et dans un Ceta d'Ille-et-Villaine.

Reprendre le flambeau familial et favoriser les filières locales

Puis, en 2013, Nadège et son mari partent en Espagne pour le travail de son mari. Elle continue alors de développer son entreprise de graphisme et travaille à distance notamment pour des entreprises agricoles françaises. « À ce moment-là, j'avais un peu abandonné l'idée de m'installer sur l'exploitation familiale dans l'Eure. Mon mari travaillant dans l'agroalimentaire, il y avait peu d'offres dans le secteur et je n'avais pas envie d'être "morcelée" entre vie pro et vie familiale ». Finalement, en 2015, Nadège et son mari décident de reprendre la ferme familiale de grandes cultures ensemble : « nous sommes revenus en 2016 pour travailler avec mes parents et apprendre le métier, puis nous nous sommes installés tous les deux en 2018 ».

Depuis, « nous avons développé la vente directe de pommes de terre sur l'exploitation. Sur les 7 ha cultivés, 1 ha est vendu directement auprès des particuliers, des restaurateurs et des collectivités. Et nous avons aussi intégré du blé dur dans l'assolement depuis trois ans, pour la filière locale en lien avec leur coopérative Natup et Lustucru ». 

Présentation de l'exploitation :
- SAU : 250 ha, dont orge d'hiver, blé tendre, orge de printemps, blé dur, colza, lin fibre (d'hiver et de printemps pour répartir les risques), pommes de terre 
- 3,5 UMO : Nadège et son mari, un salarié et un saisonnier l'été

Agricultrice et maman : « les choses évoluent, mais tout n'est pas encore entré dans les mœurs »

À 34 ans, Nadège est aussi maman de deux jeunes enfants et attend des jumeaux pour la mi-mars. « En congé maternité, nous avons la possibilité, en tant qu'agricultrice, d'avoir un remplacement ou bien une allocation journalière. Nous avons cherché quelqu'un pour me remplacer, mais c'était compliqué. La charge de travail étant très différente selon les mois et certaines tâches plus difficiles à déléguer que d'autres (administratif...). J'ai donc droit à une allocation journalière, mise en place depuis 2019 en France. Les choses ont évolué, c'est une belle avancée ». Mais cela a tout de même été « un parcours du combattant pour l'obtenir, confie la jeune agricultrice. Tout n'est pas encore tout à fait entré dans les mœurs ».

Même sentiment dans son parcours de jeune installée. « Avec le Covid, les contraintes sanitaires et la charge de travail, certaines formations ont été décalées et aujourd'hui, mon congé maternité n'est pas pris en compte. Je dois suivre une formation le 11 mars prochain, alors que le déclenchement de ma grossesse est prévu le 15... Ce n'est pas toujours évident de concilier le quotidien de maman et d'agricultrice... ». Invitée le 8 mars 2021 pour une réunion en visio avec Julien Denormandie pour parler des femmes dans le monde agricole, Nadège Petit espère pouvoir faire avancer les choses.

Communiquer positivement sur l'agriculture

Car malgré un quotidien bien rempli, Nadège Petit a une autre mission qui lui tient particulièrement à cœur : celle de communiquer positivement sur l'agriculture et d'expliquer son métier au grand public. Elle le fait notamment par le biais de la vente directe de pommes de terre, mais aussi via les réseaux sociaux. En débutant sur Twitter, un ami lui a parlé des FranceAgriTwittos et l'agricultrice a tout de suite adhéré : « c'est une grande famille, les échanges sont hyper enrichissants et constructifs ».

Nadège y est d'ailleurs engagée bénévolement en tant que secrétaire. « Même si le mouvement a pris de l'ampleur, les idées fondamentales de l'association, qui compte désormais 450 membres actifs, restent identiques. Elle est ouverte à tous, apolitique et asyndicale. Nous ne voulons pas opposer les modèles, mais bien représenter la diversité des exploitations françaises, qui est une vraie richesse », rappelle l'agricultrice.  

Elle observe que « les agriculteurs sont de plus en plus sollicités par les médias grand public pour parler de leur métier. C'est une bonne chose ! » L'agricultrice a également été invitée avec Antoine Thibault, éleveur laitier dans l'Eure et connu aussi sous le pseudo @AgriSkippy pour représenter les FranceAgriTwittos lors du déplacement d'Emmanuel Macron et de Julien Denormandie dans l'Eure en janvier dernier. « Ça a été l'occasion de défendre, auprès d'eux, notre modèle agricole », précise Nadège.

L'association porte également le projet des premières Journées nationales de l'agriculture avec #agridemain, Tous à table et Agriculteurs de Bretagne. « Elles doivent se dérouler les 18, 19 et 20 juin prochains. Sur le modèle des Journées du patrimoine, l'idée est de faire découvrir le monde agricole et alimentaire au plus grand nombre ».

Avec le même objectif, l'agricultrice envisage de développer, sur l'exploitation familiale, l'accueil des écoliers pour leur faire découvrir les différentes cultures du secteur, leur cycle et leurs débouchés, etc. Nous souhaitons à Nadège pleine réussite dans tous ses projets et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des différentes initiatives en faveur du monde agricole sur Terre-net . 


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