Travailleurs aux champs Environ 40 000 candidats inscrits sur la plateforme nationale

AFP

Quelque 40 000 candidats s'étaient manifestés mercredi matin, 24 heures après l'appel national afin de compenser le manque de travailleurs saisonniers en agriculture dû aux mesures prises pour lutter contre la propagation du coronavirus, a indiqué la FNSEA à l'AFP.

FraisesLa récolte des fraises : l'un des secteurs nécessitant de la main d'oeuvre rapidement. (©Pixabay)

Le ministre de l'agriculture Didier Guillaume avait lancé mardi matin un « appel à l'armée de l'ombre des hommes et des femmes » qui « n'ont plus d'activité » en raison de la crise liée au Covid-19, les invitant à « rejoindre la grande armée de l'agriculture française », en quête de main-d'oeuvre pour les récoltes de fruits et légumes ou les semis de printemps. L'appel a ensuite été largement relayé par la FNSEA.

« Plus de 40 000 personnes se sont inscrites » sur le site, « en proposant leur disponibilités, avec derrière au moins 24 000 fiches très bien renseignées » (profil, disponibilité, zone géographique), a déclaré Jérôme Volle, viticulteur en Ardèche et président de la commission emploi à la FNSEA.

Les 16 000 autres candidats potentiels ont été victimes, selon lui, du succès de l'opération : « il y a eu un bug informatique, à un moment donné. Dans l'après-midi, il y a eu un rush qui a été compliqué à gérer », a-t-il expliqué. Il a précisé que ces personnes vont être recontactées pour compléter leur fiche.

« L'idée, avec le Covid-19, c'est de trouver des gens à proximité, d'éviter les déplacements. On essaie de privilégier des employeurs du même territoire que les personnes qui se sont inscrites », a insisté Jérôme Volle, indiquant qu'il y a des candidats « sur tout le territoire ».

Les besoins ont été chiffrés par le principal syndicat patronal et salarié du secteur agricole, la FNSEA, à 200 000 personnes lors des trois mois à venir. « On a besoin de 50 000 personnes en mars, 80 000 en avril et 80 000 en mai », avait détaillé la présidente de la FNSEA Christiane Lambert mardi soir.

Parmi les candidats, « évidemment, on a des gens du monde rural, on a des gens aussi qui sont venus dans leur résidence secondaire ou chez des amis, et aussi des gens dans le péri-urbain », a indiqué Jérôme Volle. « On comprend que certains ont envie d'aller à la campagne ou d'aller travailler dans l'agriculture, parce qu'étant confiné, ça permet de se dégourdir. Nous, on rappelle qu'on est dans une activité professionnelle, économique et que les gens qui s'inscrivent doivent prendre cela en considération », a averti Jérôme Volle. Principaux foyers de demande : les travaux de récoltes de fruits et légumes, notamment dans le sud-est et le sud-ouest, mais aussi « le nord de la France, avec les endives », même si certains exploitants craignent avant tout de ne pas pouvoir écouler leurs marchandises, après la fermeture des marchés.

Des bras pour récolter, mais aussi conduire des engins, « éclaircir » les arbres fruitiers ou finir la taille de la vigne sont notamment recherchés, mais en utilisant « toutes les barrières sanitaires » : « la campagne, ce n'est pas que le grand air, c'est aussi des zones où on peut contracter le Covid-19 », a souligné Jérôme Volle.


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