Biocontrôle IBMA vise 30 % du marché et deux solutions pour chaque usage d’ici 2030

Terre-net Média

IBMA, l’association qui rassemble 99 % de parts de marché du biocontrôle en France, se félicite de la forte croissance du secteur. Alors que le biocontrôle représente aujourd’hui 8 % du marché, IBMA poursuit l’objectif de dépasser les 30 % d’ici dix ans, tout en proposant en parallèle au moins deux alternatives pour chaque usage. Pour y parvenir, un mécanisme fort d’incitation à la recherche appliquée sera néanmoins nécessaire, estime l’organisation.

Antoine Meyer, président d'IBMA (au centre), lors de la conférence de presse de l'association le 19 janvierAntoine Meyer, président d'IBMA (au centre), lors de la conférence de presse de l'association le 19 janvier.

De 80 millions d’euros (M€) en 2015, la part de marché du biocontrôle en France est passée à 170 M€ en 2018, soit une croissance autour de 24-25 % par an, chiffre qui devrait se confirmer pour l’année 2019 également, a rappelé IBMA, l’association française des acteurs du biocontrôle, lors d’une conférence de presse le 19 décembre.

Si la décennie qui s’achève a permis au biocontrôle d’émerger et d’être reconnu par les différents acteurs, professionnels agricoles comme pouvoirs publics, celle à venir sera celle « du développement du biocontrôle », a affirmé Antoine Meyer, président d’IBMA France. « Le cap des 30 % du marché d’ici 2030 est à portée de main », explique de son côté Alain Querrioux, vice-président de l’association.

Garantir des solutions pour tous les usages

Cependant, au-delà de cet objectif d’atteindre 30 % de la valeur du marché de la protection des cultures, qui représente aujourd’hui 2 milliards d’euros, il est indispensable d’avoir « deux solutions avec des modes d’actions différents pour chaque problématique rencontrée », poursuit Antoine Meyer. Car aujourd’hui, le biocontrôle est surtout utilisé dans les cultures spécialisées. « Si je n’ai pas de solutions pour les grandes cultures, quel est mon impact sociétal ? », demande le président d’IBMA, qui voit dans la diversification des usages et des cultures concernées la clé de la pérennité du système.

Pour y parvenir, des leviers sont répertoriés dans le Contrat de solutions, mais il faut surtout, de la part des pouvoirs publics, une réelle incitation pour accélérer la recherche. D’après une enquête interne auprès des adhérents d’IBMA France, un Crédit impôt recherche « biocontrôle », majoré à 60 % pendant 10 ans, entraînerait la création de 100 à 200 postes dédiés à la recherche sur le biocontrôle en France. 

« On a du mal à développer le biocontrôle en France car on manque de lien entre recherche privée et recherche publique. Si on arrivait à combler ce manque, on irait beaucoup plus vite ! » estime Ronan Goff, vice-président d’IBMA France. « Il faut remettre des ressources humaines sur le territoire français, au niveau de la recherche et pas uniquement du développement, sinon, jamais on ne pourra avoir un dialogue scientifique, innovateur avec la recherche publique », renchérit Antoine Meyer. Car la mise en place de centres de recherche en France est indispensable pour développer les solutions les plus adaptées aux spécificités de l’agriculture française.

La stratégie nationale biocontrôle, qui devrait être connue d'ici janvier, ne semble pour le moment pas répondre à cette problématique, regrette IBMA. L’association pourra néanmoins profiter de ses rencontres annuelles, le 21 janvier, à Paris, pour interpeller sur ce point le ministre de l’agriculture qui doit intervenir en ouverture de l’évènement.


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