; Financement de la transition agricole: interview de Florian Breton, Miimosa

[En vidéo] Florian Breton, Miimosa « Accompagner vers l'agroécologie l'agriculture et les agriculteurs »

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Début 2022, Miimosa a lancé Miimosa transition #1, le premier fonds de dette européen dédié à la transition agricole et agroalimentaire. Ainsi qu'une nouvelle grille d'évaluation pour les prêts rémunérés avec des critères économiques, sociaux et environnementaux. Qu'apportent ces outils, aux agriculteurs, pour financer leurs projets ? Alors que la plateforme de financement participatif s'oriente de plus en plus vers l'agroécologie, quid des initiatives conventionnelles ? Réponses de Florian Breton, fondateur et directeur général.

Lancer, en cliquant sur le curseur, l'interview vidéo réalisée au Sia 2022
de Florian Breton, fondateur et directeur général de Miimosa.

La rédaction : Miimosa a créé, en janvier dernier, le fonds de dette Miimosa transition #1, dédié à la transition agricole et agroalimentaire.

Pour en savoir plus sur Miimosa transition #1, lire l'encadré à la fin de cet article :
Un double appel au financement participatif reçu 5 sur 5

1) Quels avantages du fonds de dette, pour les agriculteurs, cherchant à financer leurs projets ?

Florian Breton, fondateur et directeur général : «  Doté pour l'instant de 30 M€, l'objectif est de le porter à 50 M€, levés auprès de professionnels et d'acteurs privés pour cofinancer, auprès des particuliers, toutes les initiatives des exploitants en faveur de la transition agricole, sans limite quasiment celle-ci étant fixée à 2 M€. Et de façon simple et rapide. Jusqu'alors, en faisant appel exclusivement aux citoyens, pour des besoins supérieurs à 400 000 - 600 000 €, la campagne de financement participatif pouvait durer plusieurs semaines. Avec Miimosa transition #1, nous promettons de raccourcir ce délai à 5 - 10 jours quelque soit le montant. »

Lever jusqu'à 2 M€ en 5 à 10 jours
(contre 400 000 - 600 000 € en plusieurs semaines).

La rédaction : Votre plateforme de crowdfunding a développé les collectes participatives à base de dons, puis sous forme de crédits. 

2) Quel système a le plus de succès actuellement ?

Florian Breton : « À la création de Miimosa en 2015, nous fonctionnions uniquement via des dons avec contreparties en nature. C'est donc autre chose que de la dette. Les contributeurs sont récompensés par des produits fermiers, des séjours et/ou des expériences à la ferme. Cela permet, aux producteurs, de collecter entre 5 000 et 15-20 000 €. Depuis 2018, nous avons pris un virage, complémentaire au don : les prêts participatifs. Au début, nous étions sur un emprunt moyen de 35 000 €. Maintenant, on tourne plutôt autour de 300 000 - 400 000 € en moyenne. Grâce au fonds de dette, on peut même monter voire jusqu'à 2 M€. »

En 2022 : 50 M€ de prêts participatifs et 10 M€ de dons.

« En sept ans, la plateforme a accompagné 5 000 projets en France et en Belgique. Aujourd'hui, c'est plutôt 100 à 120 par mois. 90 % sont soutenus par des dons, un gros volume pour de petites sommes. Le crédit, lui, regroupe des financements de plus en plus importants, en petite quantité. Cette année, Miimosa vise 60 M€ de financement pour l'agriculture et l'agroalimentaire : 50 M€ environ en prêts et 10 M€ en dons. Si les seconds restent majoritaires en nombre, les premiers prennent le dessus en termes de capitaux déployés. »

En 2019, la plateforme avait déjà élargi son offre avec Miimosa transition.

3) Quels sont les critères pour bénéficier d'un prêt ?

Florian Breton : « Quand un agriculteur sollicite la plateforme, on regarde d'abord les éléments financiers − tels que son bilan, son prévisionnel − afin de jauger la situation économique de son exploitation. Comme le feraient les banques, de façon plus lente et complexe toutefois. Que ce soit une acceptation ou un refus, nous nous efforçons chez Miimosa d'apporter une réponse rapidement, même si nous analysons également des paramètres extra-financiers, sociaux et environnementaux, pour aider les exploitants à répondre au défi de la transition agroécologique. »

Des éléments financiers, sociaux et environnementaux.

La rédaction : Fonds de dette consacré à la transition agricole et agroalimentaire, nouvelle grille d'évaluation des demandes de financement comprenant des indicateurs environnementaux... Miimosa encourage de plus en plus l'agroécologie.  

4) Un exploitant conventionnel a-t-il encore accès au financement participatif sur Miimosa ?

Florian Breton : « Nous ne sommes pas dogmatiques. Par exemple, nous ne sélectionnons pas seulement les producteurs en agriculture biologique. Mais nous voulons favoriser la transition économique, sociale et écologique de l'agriculture, sans opposer les modèles. Donc, si une exploitation conventionnelle fait appel à nous, nous allons évaluer ses marges de progrès, les suivre et les piloter. On pourra demander entre autres des certifications en agriculture raisonnée, HVE (haute valeur environnementale) notamment. Notre pari : les exploitants conventionnels d'aujourd'hui seront les producteurs agroécologiques de demain. C'est pourquoi l'accompagnement de l'agriculture et des agriculteurs dans ces évolutions est, pour nous, essentiel. »

Voir également l'enquête réalisée par Miimosa pour le salon de l'agriculture :
Qui sont les exploitant(e)s engagé(e)s dans la transition agricole ?

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