Déduction pour épargne de précaution La solution coopérative Protélis promue pour être proposée à 100 000 producteurs

Terre-net Média

Outre les principales banques du secteur agricole, NatUp, Bioline et Groupama ont développé, à trois, leur outil commun d’épargne baptisé Protélis. Il s’agit d’une plateforme digitale permettant aux agriculteurs coopérateurs de gérer un contrat d’épargne dans le cadre fiscal de la déduction pour épargne de précaution instauré par la loi de finances 2019.

Avec des représentants de Groupama, du groupe NatUp et de l’union InVivo, Maxime Jouannin, le directeur de Protélis, a présenté à la presse, vendredi 22 novembre, l’outil digital Protélis pour permettre aux agriculteurs de constituer une épargne de précaution.Avec des représentants de Groupama, du groupe NatUp et de l’union InVivo, Maxime Jouannin, le directeur de Protélis, a présenté à la presse, vendredi 22 novembre, l’outil digital Protélis pour permettre aux agriculteurs de constituer une épargne de précaution. (©Terre-net Média) 

En partenariat avec Groupama, Bioline, le pôle agriculture du groupe InVivo et la coopérative NatUp (ex-Cap Seine) ont lancé, en juin dernier, leur outil commun « pour sécuriser le revenu des agriculteurs ». Baptisée Protélis, cette solution « 100 % digitale » s’adosse à la déduction pour épargne de précaution, le nouveau dispositif fiscal mis en place par la loi de finances 2019 pour remplacer la DPA (déduction pour aléas).

« Protélis existe depuis 2012, a expliqué Maxime Jouannin, directeur de Protélis. Mais la solution a été modifiée pour être éligible au dispositif de la déduction pour épargne de précaution. »

La plateforme en ligne est portée par les coopératives – au premier rang desquelles Bioline et NatUp – qui proposeront à leurs adhérents un « contrat » pour constituer une épargne de précaution. « Nous proposons une contractualisation pour donner une vision pluriannuelle aux coopérateurs souscripteurs, pour qu’ils puissent lisser leur revenu. » Il s’agit aussi, pour les coopératives qui proposeront le service, « d’accroître le lien entre la coopérative et leurs adhérents ».

Concrètement, Protélis se matérialise par un contrat de lissage des prix permettant à l’agriculteur de se constituer librement une épargne de précaution sur un compte individuel ouvert au sein de sa coopérative. La gestion de ce compte s’effectue exclusivement sur la plateforme en ligne Protélis. « Il n’y a pas de frais de gestion. Il n’y a pas de frais tout court, et zéro papier », détaille Maxime Jouannin. « Le capital est garanti et l’épargne toujours disponible. »

Mettre de côté un certain montant pour en défiscaliser le double

« Pour les céréaliers, l’année 2016 a été catastrophique », a expliqué Jean-Louis Flammarion, agriculteur en Haute-Marne et membre du bureau de la coopérative EMC2, lors de la présentation presse de Protélis vendredi 22 novembre. « Quand on n’a pas d’argent de côté, c’est très difficile. Mais heureusement, il y a des années meilleures. Or les précédents dispositifs n’étaient pas adéquats pour épargner sans être fiscalisé à outrance. La DPI et la DPA ont surtout bénéficié au commerce de matériel. Aujourd’hui, un prix élevé doit nous permettre d’épargner le différentiel avec le prix moyen. Je livre 500 t à la coopérative. Avec un différentiel de 30 €, je peux mettre de côté 15 000 € via Protélis. Ce qui me permet de sortir 30 000 € de ma base d’imposition. »

Par ailleurs, les comptes ouverts par les coopérateurs sont fongibles dans les comptes de la coopérative. L’avantage de ce dispositif pour les coopératives est certain : les sommes déposées constitueront aussi de la trésorerie pour la coopérative. « Si jamais une coopérative a des difficultés à verser les sommes épargnées réclamées par les coopérateurs, Protélis se porte garant », précise Maxime Jouannin.

Pour l’heure, 6 coopératives proposent ou vont très prochainement proposer le service à leurs adhérents : outre NatUp figurent Sodiaal, Evel’Up et EMC2, La prospérité fermière et Noriap. Chez NatUp, une centaine de contrats auraient d’ores-et-déjà été signés au sein de la coopérative.

Pour ces six premières coopératives, « il s’agit de toucher plus de 25 000 agriculteurs. » D’ici fin 2020, les initiateurs espèrent que Protélis sera proposé par 25 coopératives pour toucher plus de 100 000 agriculteurs. « Toutes les productions pourront être intéressées », selon eux, en particulier « les betteraviers, vu le contexte actuel du secteur. »

En savoir plus >> le site Protelis.fr

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