; Les lecteurs de Terre-net partagés sur l'agrivoltaïsme

Paroles de lecteurs Agrivoltaïsme : « Passer le cap ou produire du blé pour la gloire ? »

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Semer du blé dans les champs, ou avoir des panneaux solaires ? Cette question fait débat dans le monde agricole et au-delà, notamment avec la proposition de loi en discussion au Sénat. Parmi les lecteurs de Terre-net aussi. Destination des terres agricoles, acceptation sociétale, coût, rentabilité, entretien... les interrogations sont nombreuses.

paroles de lecteurs agrivoltaismeEt vous, qu'en pensez-vous ? Donnez votre avis en commentaire sous l'article. (©Pixabay // Création Terre-net Média)

Des panneaux solaires dans les champs ou agrivoltaïsme, « un nouveau genre d'agroforesterie », plaisante Luis Araujo.

« (...) Encore des superficies agricoles en moins », déplore Antoine CR sachant que depuis les années 80, l'agriculture perd en moyenne 66 000 ha/an.

« Encore des terres agricoles en moins »

Dire que certains agriculteurs « se plaignent de l’agrandissement des bourgs, lotissements, etc. sur les terrains agricoles (...) », fait remarquer Christophe Chotard.

« Des terres sont retirées de la production alimentaire depuis belle lurette pour la construction de zones industrielles, autoroutes, habitations ! », rétorquent Olivier Élodie Barré.

On va bouffer des panneaux solaires !

« Le grignotage des terres par les grandes métropoles me paraît, en effet, bien plus nuisible », appuie Jean.

« Nous avons plutôt besoin de l'énergie alimentaire produite par nos paysans sur ces terres agricoles », estime Luc Maisonnasse.

« Les surfaces agricoles sont faites pour produire de l'alimentation, pas de l'électricité », insiste Simon Depas

« Couvrir d'abord les hangars agricoles »

« Bientôt on va bouffer des panneaux photovoltaïques !, ironise Benoît Jammes. Il faudrait déjà commencer par couvrir les toits des hangars agricoles... »

« Oui, pas besoin de panneaux photovoltaïques dans les parcelles, vu les surfaces de bâtiments qu'il y a dans les fermes », confirme Jean Lesplingart.

« Et elle va être jolie notre campagne avec tout ça !! », craint David Breil.

« Panneaux photovoltaïques, éoliennes, méthaniseurs... ou comment transformer notre campagne en zone industrielle pour produire de l'électricité », redoute également Salut.

Et les zones industrielles, les parkings, les bâtiments publics...

Justement, y a qu'à utiliser « l’ensemble des toitures des zones industrielles et des bâtiments publics », suggère Simon Depas.

Et installer des panneaux solaires sur « les friches industrielles et les parkings, ça ferait déjà un paquet de mètres carrés », ajoute Jérôme Lesbegueries, ou encore sur les toits « des entreprises et des particuliers ».

« Il suffirait que l'État finance l'installation de panneaux solaires sur toutes les toitures de France, propose Aurélie Bardaud. On aurait une énorme centrale solaire ! Et presque plus de dépendance !! »

Quid de l'acceptation sociétale ?

Pour du « (...) pognon, certains politiques, syndicats, etc. seraient prêts à goudronner toute la France ! », juge pour sa part FLP.

« Les gens n'accepteront jamais ces champs photovoltaïques à côté de chez eux », prévient Antoine CR.

Elle va être belle la campagne !

« Beaucoup de projets sont refusés », témoignent Sébastien Dudragne.

creusois  enchaîne : « Dans la Creuse à l'entrée du plateau de Millevaches, un parc photovoltaïque au sol est en projet (...). Attendons de voir si nos écolos bobos (...) ne vont pas bloquer le chantier au premier coup de pelle... »

À fond sur les énergies renouvelables, sauf chez moi...

« Toutes ces personnes (...), qui prônent les énergies renouvelables et qui ne veulent pas de panneaux solaires, ni d'éoliennes, ni de barrages près de chez eux..., font bien marrer » Laurent Alrivie.

« (...) Pourquoi ne pas utiliser les bordures de ruisseaux et ces foutues bandes enherbées (...) qui, au moins, rapporteraient un peu d'argent (...) ? », propose Pierrot

Produire dessous ?

« Sinon faut élever des moutons sous les panneaux solaires, poursuit Olivier Élodie Barré. De toute façon, « il n'y a pas beaucoup d'autres productions agricoles possibles dessous », selon ces lecteurs.

« Si, des vignes, des vergers et des légumes de toutes sortes ! », objecte Pascal Nizet.

« (...) En plus, ils serviront d'abris aux animaux contre la pluie et le soleil », complète Maurice Michon.

Des moutons, des vignes, des vergers, des légumes.

Yohann Gérardin n'est pas d'accord : « Ça n'a pas l'air trop bon pour les bêtes (...), on me l’a même déconseillé. »

Comment mécaniser, désherber écologiquement... ?

Prenant l'exemple d'un projet qu'il connaît, hbsc xris raconte : « (...) Les sols en dessous ne produisaient que de la friche et même les moutons m'en voulaient pas. Et comment réimplanter un bon pâturage dans les étroites allées entre les panneaux quand en plus, on a des câbles partout à faible profondeur ? Comment nettoyer la friche ? Si on ne veut pas de désherbants, ce n'est certes pas le gyro qu'on peut passer, il n’y pas la place, il faut une débroussailleuse thermique individuelle. Sauf qu’en raison des projections de débris, dans une forêt de panneaux solaires, ce n’est pas possible. Bref, ce sera la chimie finalement car il faut bien limiter les risques de feu »

« Comment on mécanise, avec des poteaux partout ? », se demande Jean-Baptiste Lafaye.

C'est toujours mieux que de raser des forêts.

Hervé Terradot-Piot ne comprend pas que « (...) les agriculteurs, qui aiment la nature et leurs champs, peuvent supporter de travailler sous des tôles (...) ».

En tout cas, « c'est toujours mieux que de raser des dizaines d'hectares de bois pour implanter une centrale solaire », met en avant Régis Laporte.

Une alternative en zone difficile ?

« Ce serait une bonne opportunité pour de nombreuses exploitations dans des régions difficiles », considère Jean

« Donc on va protéger la Beauce et les grandes plaines du nord de Paris et installer du photovoltaïque dans les zones moins productives où le foncier est encore accessible ? », s'interroge Corentin Dupont.

« Ça va encore foutre un peu plus le bordel dans le prix des terres agricoles », intervient Michaël Pavan.

Plutôt que de se faire ch... à sortir 50 q/ha.

« C'est peut-être pas con d'utiliser des terres superficielles à 50 q/ha de potentiel en blé, où les assolements sont très limités et sur lesquelles les jachères fixes et friches se développent, que des zones à 100 q avec assolement et accès à l'eau quasi illimité », répond Yann Frelet.

Régis Laporte est en zone difficile et préférait « sortir un revenu correct avec du photovoltaïque que se faire ch..r à produire 50 q avec les mêmes charges que pour en faire 100 ».

Julien Daguzan pense que « dans certains endroits, les panneaux solaires seraient bienvenus avec les sorties de zones ICHN et défavorisées ».

Pour concerto, « il est idiot de cliver entre les bonnes terres à protéger et les soi-disant mauvaises à "photovoltaïser" (...) »

Protecteurs ou vulnérables face aux aléas météo ?

« Les panneaux abritent les cultures des rayons du soleil en cas de fort indice UV. Orientables, ils laissent passer la lumière pour la photosynthèse. Sûrement un système d'avenir pour limiter les coûts des assurances », assure Justine Dbrn-lvllrd

« Surtout ne tombez pas dans le panneau..., alerte à l'inverse Laurent Denise. La température des panneaux monte à plus de 70°C l'été, donc au lieu de climatiser votre environnement avec du végétal vivant, vous allez créer des fournaises qui vont tout cramer dessous et même autour. Dans les Landes, des champs de panneaux ont même brûlé... »

Jean-Baptiste Lafaye s'est « renseigné (...) auprès de diverses sources − chambres d'agriculture, Inra, agriculteurs déjà équipés (...) : les cultures poussent moins bien à l'ombre des panneaux. »

Pourtant, « on nous raconte que c’est vertueux, que ça ramène du carbone au sol, que ça remonte des oligo-éléments des profondeurs, que les oiseaux peuvent nicher dessous et que, contrairement aux arbres, ça ne consomme pas d’eau, contredit Top non sans ironie. Bref que du bonheur !! »

Quelle assurance contre le risque climatique ?

Jean-Baptiste Lafaye est dubitatif au sujet des assurances. « En cas de grêle, il faudra indemniser les panneaux solaires détruits, et la récolte dessous. Sans compter la dépollution/évacuation des débris de panneaux solaires... »

Justine Dbrn-lvllrd est « dans un département où la grêle passe quasi tous les ans ». « Les panneaux solaires ne sont pas détruits tous les ans heureusement ! », constate-t-elle.

« Au contraire, les panneaux sont censés protéger la culture, jusqu'à des grêlons de la la taille d'une balle de golf en principe », appuie André Gros.

« (...) La plupart des champs de panneaux solaires sont installés en dehors des couloirs de grêle, connus des assureurs grâce à l'historique des indemnisations, complète Jean-Baptiste Lafaye. Sinon moins coûteux : les filets anti-grêle qui peuvent servir accessoirement d'ombrage (...) »

Pallier le manque de revenu agricole

Régis Dumas avance un autre argument, celui du manque de revenu en agriculture : « Si les agriculteurs gagnaient leur vie en produisant des matières premières alimentaires, ils n'auraient pas l'idée de faire du solaire. »

« C'est là la question : quelle est l'énergie la plus rentable à produire pour l'agriculteur : l'alimentaire ou la photovoltaïque ? Peut-être qu'il faut plutôt donner une vraie valeur à la production alimentaire... », renchérit Bruno Hyais.

« Si quelques hectares de panneaux permettent de vivre mieux et de sauver, voir développer, la ferme, Maxens n'a aucune hésitation. D'autant que « des zones commerciales sur des terres rurales ne gênent pas grand monde, et ce n'est pas l'agri qui s'enrichit... (...) »

Si les agriculteurs gagnaient leur vie avec l'alimentaire...

Quel coût ?

« (...) La durée d'amortissement des panneaux solaires est largement supérieure à la durée de vie, nuance Jean-Baptiste Lafaye. Sans parler de l'entretien annuel, des réparations, de l'adaptation des techniques culturales. »

« Les panneaux ne sont rentables que s'ils sont fabriqués en Chine ! Et ils ne sont pas recyclables... », renchérit Laurent Denise.

Entretien, réparation, adaptation des techniques culturales...

« Des métaux rares, des manufactures à 65 % en Chine (la production de panneaux en France est quasi nulle compte tenu des charges et du cout du travail, précise un autre lecteur), etc. Il n'y a que les artisans qui sont en France. Cela va plutôt accroître que limiter notre dépendance, détaille Fred Jo. L'efficacité de ces fermes solaires ne résidera pas non plus dans le prix vu que ce sont des subventions publiques (de la dette et de l'impôt). de plus, les productions individuelles sont limitées, car elles ne sont pas stockées. »

« Moins dépendants » ?

« Dire qu'on ne sera presque plus dépendants avec des panneaux solaires est un vœu pieu !, regrette Pierre Lemaignen. 1/ On sera dépendants d'autres sources énergétiques quand il n'y aura pas de soleil 2/ On sera dépendants des fournisseurs de panneaux pour l'installation et des investisseurs pour le financement. C'est mauvais pour la balance commerciale du pays, pour nos emplois... Le pire : le bilan carbone n'est pas forcément positif ! »

hbsc xris espère « (...) que le démontage ultérieur de l'installation est provisionné chez les installateurs − en effet, il pense que c'est obligatoire mais que les sommes sont insuffisantes − et que les coûts d'entretien sont à leur charge ». « (...) Il faudrait connaître à terme le coût réel du Kwh produit », pointe-t-il.

Sachant que « les sociétés installatrices ont une durée de vie bien moins longue que leurs panneaux (« peut-être pour éviter les soucis des démantèlements », laisse entendre hbsc xris), comment honoreront-elles leurs contrats... », met en garde titian.

« Qui démonte et remet en état les terrains » ?

Pourvu que ce ne soit pas « aux agriculteurs de démonter les panneaux dans 20 ou 30 ans et remettre en état les terrains comme je l'ai vu dans d'autres pays », s'inquiète hbsc xris qui a peur que « le coût incombe au propriétaire du terrain donc à l'exploitant agricole. Des conflits juridiques sont déjà en cours sur ce point dans d'autres pays. » « Je ne suis pas contre le photovoltaïque, indique-t-il. Il faut cependant être prudent juridiquement et financièrement, d'autant qu'actuellement les prix de rachat de l'électricité sont encore artificiellement hauts et cela ne durera pas. Et pour autoconsommer l'énergie produite sur votre exploitation, mieux vaut n'utilisez quasiment aucun appareil électrique... Raison pour laquelle on vous conseillera fortement ou vous imposera un raccord au réseau. »

hbsc xris revient sur « le photovoltaïque sur toitures de hangars agricoles » : « Cela pose infiniment moins de problèmes : pas d’entretien des sols, moins besoin de nettoyer les panneaux car ils se salissent moins qu’au sol et pour un démantèlement, c’est moins cher aussi car l’essentiel de la structure de soutien des panneaux est constituée par le bâtiment. »

« Rester libres de tester et choisir » 

Monique n'y croit pas : « Un chant des sirènes de plus qui, comme les autres, ne fera que détruire un peu plus l'agriculture ! (...) »

Laurent Alrivie aimerait « pouvoir faire ce qu'il veut sur ses terres », car « personne ne paie ses charges et impôts fonciers ».

« (...) Chacun est libre de décider ce qu'il veut mais ne rien faire et critiquer derrière un écran est tellement plus facile !, déclare de son côté Mathieu Cornuez. Il va bien falloir la produire, l'électricité. La surface est limitée à 12 ha, donc cette activité est encadrée. »

Une agriculture à la pointe de la technologie, une chance !

 « (...) Faut arrêter de crier au scandale ou au fait que ce soit non réalisable ! On a la chance d'avoir une agriculture à la pointe de la technologie, laissons faire les essais et voyons les résultats avant de dire non d'emblée !!, conseille également Justine Dbrn-lvllrd. (...) Ce n'est pas parce que ce n'est pas votre choix que ça ne peut pas être celui de quelqu'un d'autre. (...) Les agris, qui veulent joindre la production agricole à la production d'électricité, sont libres de le faire grâce à cette technologie novatrice. »

Une revanche, selon Taarup, envers « (...) les écolos bobos si, nous, agris devenions les rois du pétrole, eux qui nous ont mis plus bas que terre ! » Mais encore « des normes et des contrôles (...) » en plus... 

Face au rejet de certains « écolos bobos », « rien à faire de leur opinion, prône Alex He. Leur seule préoccupation est d'acheter la nourriture le moins cher possible pour partir en vacances et s'acheter des portables hors de prix » ! 

William 18 conclut : « (...) Alors que fait on ? On continue à produire du blé pour la gloire ou on passe le cap ? Les premiers à avoir construit des hangars photovoltaïques ont été décriés. Aujourd'hui, certains sont tranquilles pour leur retraite. »


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