Résultat des élections MSA La MSA s’estime confortée dans ses missions

Terre-net Média

Malgré une participation en baisse, à 26 %, la MSA salue la mobilisation de ses électeurs dans un contexte difficile pour le monde agricole. Ses représentants veulent désormais faire valoir auprès des pouvoirs publics leur rôle majeur dans la cohésion des territoires et obtenir les moyens de poursuivre leurs actions au plus près des adhérents et du monde rural.

Thierry Manten, Pascal Cormery et François Emmanuel Blanc commentent le résultat des élections MSA 2020Thierry Manten, Pascal Cormery et François Emmanuel Blanc commentent le résultat des élections MSA 2020 (©Terre-net Média)

« Dans une situation qui conjugue les problèmes économiques, l’agribashing, les ZNT…, malgré tout c’est quand même un bon résultat. Les agriculteurs, qui se sentent souvent fustigés, ont quand même donné la preuve qu’il y a besoin de conserver un mode de protection sociale propre au monde agricole, dans les territoires », a salué Pascal Cormery, président de la caisse centrale de la MSA qui dévoilait le 7 février le résultat de ses élections.

Avec 26,08 % de participation, contre 31 % au dernier scrutin (2015), ce résultat diffère en fonction des collèges. Le premier collège, celui des exploitants agricoles, s’est mobilisé à 32,90 % soit 350 700 électeurs.  Le collège des salariés a enregistré 20,32 % de participation, plébiscitant en premier la CFDT (41,20 %), puis la CFE-CGC (27,29 %), la CGT (18,95 %), FO (9,02 %), et la CFTC (3,44 %). Le troisième collège, celui des employeurs de main d’œuvre, a participé à hauteur de 31 %, soit 28 342 entreprises qui ont voté.

La loi NOTRe est également en cause dans cette baisse de participation, explique Pascal Cormery. « Je trouve regrettable qu’on ait tenu compte uniquement de la densité de population et pas des surfaces, alors que dans ces surfaces étendues, ce sont souvent les agriculteurs qui sont les plus présents », indique-t-il. La loi a fait passer le nombre de délégués à 15 000, contre 24 000 auparavant, ce qui a pu engendrer « dans certains endroits, un sentiment d’éloignement » entre les agriculteurs et leur représentant MSA, ajoute Pascal Cormery.

Obtenir les moyens nécessaires à la reconquête des territoires

Néanmoins, la baisse de participation n’inquiète pas la MSA qui considère au contraire que ses missions doivent s’en voir renforcées. En vue de la prochaine Convention d’objectifs et de gestion (COG) qui doit être négociée à la fin de l’été entre l’État et l’organisme de protection sociale, la MSA a travaillé sur « un plan stratégique ambitieux » qui doit « nous permettre d’avancer sur différents axes et négocier au mieux notre COG », explique Thierry Manten, vice-président de la MSA qui rappelle que les moyens alloués à la caisse centrale avaient diminués lors de la négociation de la dernière convention.

Dans le contexte actuel, le taux de participation est au contraire « un bon résultat qui doit nous donner l’énergie d’aller encore plus loin dans la réponse à la dynamisation des territoires », renchérit François-Emmanuel Blanc, directeur de la MSA. À l’occasion du Salon de l’agriculture, un livre blanc sera présenté aux pouvoirs publics, contenant les 20 propositions de la MSA qui entend se positionner en « partenaire national de la cohésion des territoires ». Parmi ces actions, le directeur évoque la participation de la MSA à l'augmentation du nombre de maisons France services, le passage de 1 450 à 2 500 points de contacts en cinq ans, le renforcement des actions contre le mal-être agricole, la mise en place d’un service de mobilité vers les lieux de soins pour les personnes qui sont dans les territoires ruraux, ou encore la prévention du non-recours aux prestations. «  Nous entendons nous positionner comme un acteur important pour l’Acte 2 du quinquennat, celui de la reconquête des territoires », revendique François-Emmanuel Blanc.

Pour Pascal Cormery, les pouvoirs publics devraient y être sensibles. « Nous sommes une vraie interface entre les pouvoirs publics et leurs ressortissants. Nous jouons le rôle d'amortisseur... Sinon, ils en prendraient plein la tronche ! Les pouvoirs publics ont peut-être intérêt à conserver des structures paritaires professionnelles… ». Le président de la MSA cite ainsi l’exemple des retraites, qui a cristallisé un mécontentement certain ces derniers temps, y compris à l’encontre de l’organisme de protection sociale qui ne fait « qu’appliquer les règles de la prestation », ajoute Pascal Cormery. « Il ne faut pas se tromper de cible », ajoute-t-il, conscient cependant que ce grief a pu jouer dans le recul de la participation aux élections MSA. La caisse centrale demande de son côté une revalorisation des retraites agricoles à 85 % du Smic dès 2020.


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