Nouvelles mesures face à la crise Finalement, les annonces de Manuel Valls ne satisfont personne

Terre-net Média

Après les annonces de Manuel Valls, jeudi 3 septembre 2015, de nouvelles mesures de soutien à l’agriculture, c’est la déception qui domine largement dans de nombreuses organisations professionnelles et syndicats.

Comme de nombreux éleveurs présents place de la Nation à Paris jeudi 3 septembre, les autres organisations professionnelles et syndicats sont déçus.Comme de nombreux éleveurs présents place de la Nation à Paris jeudi 3 septembre, les autres organisations professionnelles et syndicats sont déçus. (©Terre-net Média)

Nombreuses sont les organisations à réagir aux annonces de Manuel Valls, jeudi 3 septembre 2015, pour des nouvelles mesures de soutien aux agriculteurs. Des mesures de soutien relayées ensuite, non sans encombres, par Xavier Beulin, le président de la Fnsea, à la tribune montée par son syndicat, place de la Nation à Paris, lors de l’importante mobilisation du syndicalisme majoritaire.

Au vu de la déception de nombreux manifestants, ayant parcouru plusieurs centaines de kilomètres en tracteur pour « monter » à Paris, les associations spécialisées de la Fnsea, telles que la Fnb ou la Fnpl, ne se risquent pas à commenter davantage les mesures annoncées par le Gouvernement. Parmi les associations spécialisées, seule Orama, réunissant l’Agpm, l’Agpb et la Fop, a réagi, mais sans montrer une quelconque satisfaction ou déception. « Il faut passer maintenant de la parole aux actes », explique pudiquement le syndicat.

Chez les syndicats minoritaires, il y a bien moins de déception que chez les adhérents de la Fnsea ou de Jeunes agriculteurs puisqu’ils n’attendaient pas grand-chose, ni de la mobilisation, ni des annonces qui ont découlé.

Pour le Modef, « mieux vaut 350 millions supplémentaires que rien, mais ce n’est pas ça qui va régler la crise de l’élevage ».

Les yeux rivés sur Bruxelles

La Confédération paysanne, elle, insiste pour dénoncer « un Gouvernement à la botte de la Fnsea » « qui va sauver le système mais pas les paysans ».

Pas plus de positivisme à la Coordination rurale qui, malgré une petite dizaine de représentants d’Ile-de-France venus soutenir la Fnsea place de la Nation, estime que les mesures n’apportent aucune perspective de sortie de crise pour les agriculteurs.

Les représentants des coopératives non plus ne sont pas satisfaits des mesures annoncées. Coop de France estime que les soutiens supplémentaires sont nécessaires pour soulager les trésoreries. Mais regrette le silence en matière d’étiquetage de la viande française ou d’analyse des distorsions de concurrence au sein de l’UE.

Revenant sur les annonces au micro d’Europe 1 vendredi matin, Stéphane Le Foll concède d’ailleurs que « c’est l’Europe qui doit traiter la crise agricole ».

Il est vrai qu’en matière de sortie de crise, c’est à Bruxelles que les yeux doivent être rivés, lundi 7 septembre, à l’occasion du conseil européen des ministres de l’Agriculture. L’Apli, qui milite pour une régulation européenne de la production laitière considère que « Xavier Beulin a réussi son coup médiatique et politique effectué au détriment des paysans. »

Du côté des organisations environnementales, Greenpeace estime que « la protection de l’environnement ne doit pas être la victime expiatoire du chantage fait par la Fnsea au gouvernement. »

Manifestation à Paris, annonces du gouvernement… Retrouvez l’essentiel du jeudi 3 septembre

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