Élections européennes 2019 L’UDI pour « une Europe qui se préoccupe du juste partage de la valeur ajoutée »

Terre-net Média

À l’approche du scrutin des élections européennes, dimanche 26 mai, les programmes agricoles des principales listes présentées se précisent. Celui de l'UDI-Les Européens, présenté par Olivier Mevel mi-avril, se focalise sur la lutte contre les distorsions de concurrence intra-européennes, via la fiscalité et les conditions sociales d'emploi. Le Parti de Jean-Christophe Lagarde souhaite aussi une plus grande transparence des négociations des accords de libre-échange.

Olivier Mevel, universitaire et spécialiste des questions agricoles pour l'UDI-Les Européens à l'occasion des élections européennes du 26 mai 2019.Olivier Mevel, universitaire et spécialiste des questions agricoles pour l'UDI-Les Européens à l'occasion des élections européennes du 26 mai 2019. (©Terre-net Média) 

À quelques jours du scrutin des élections européennes, Terre-net.fr analyse un à un les programmes agricoles des principales listes en présence et vous en restitue les points clés.

Se succéderont ainsi tout au long du mois de mai 2019 les programmes agricoles des listes suivantes : 
UDI Les européens, Europe Écologie Les verts, Rassemblement national, La France insoumise, Les Républicains, PS-Place publique, Renaissance (La république en marche).

À lire >> [Décryptage] Les enjeux du scrutin européen pour l'agriculture française

« Si c’est difficile pour toutes les agricultures, en Europe, mais aussi aux États-Unis, en Australie ou en Asie, c’est parce que ce n’est plus la fourche mais la fourchette qui fait le marché ».

Connaisseur de la structuration des marchés agricoles et ancien candidat à la présidence de l’observatoire de la formation des prix et des marges, l’universitaire Olivier Mevel présentait, mi-avril 2019, le programme agricole de l’UDI-Les Européens pour les élections européennes à l’occasion d’un événement organisé par le SNPAR, le syndicat national de la presse agricole et rural. Un programme qui défend une « meilleure efficacité de la Pac » et « la construction d’un plan stratégique pour l’agriculture européenne ».

L’UDI compte se focaliser sur la lutte contre les distorsions de concurrence au sein même de l’Europe. « Il est urgent de poser les mêmes règles sur le travail détaché et sur la fiscalité des entreprises », explique-t-il.

Les propositions de l’UDI-Les Européens sur la Pac

« Relégitimer la Pac aux yeux des consommateurs » : « Partout la question est la même, explique Olivier Mevel. Pourquoi la Pac coûte-t-elle autant ? Le parlement européen doit engager une discussion sur la Pac et expliquer qu’il s’agit de l’une des rares politiques européennes qui fonctionne. Il faut réexpliquer l’externalité positive qu’est la Pac. »

« Améliorer l’efficacité de la Pac » : « La Pac, c’est un bien commun, une externalité positive qui génère du lien et du soutien. Mais il y a des soucis à tous les étages : prix mondiaux volatiles, traités internationaux menaçants, normes européennes incomprises, coût fiscal et social français jugé trop élevé. »

Augmenter le budget de la Pac : « Baisser le budget de 5 % tel que proposé par la Commission européenne n’est pas admissible car le consommateur entre en transition écologique et protéique. » L’UDI-Les Européens souhaite « augmenter le budget de la Pac en faveur des exploitants en difficulté grâce à la disparition du rabais britannique ». Le parti veut « affecter l’enveloppe consacrée auparavant par les États membres au “rabais britannique” au financement d’une augmentation du budget de la Pac. « Le rabais britannique coûte en moyenne 6,07 Mds€ aux États européens chaque année : en affectant ces contributions à la Pac, nous pourrions largement compenser la baisse des crédits envisagée par la Commission. »

L’UDI-Les Européens promet de défendre un plafonnement des aides directes à 80 000 €.

Les autres propositions de l’UDI-Les Européens

  • Construire un plan stratégique pour l’agriculture européenne sur 5 voire 10 ans : « Il est temps de repositionner l’agriculture comme le premier pilier de la santé des Européens. Il faut refaire le lien entre les agriculteurs et les citoyens-consommateurs européens en « favorisant l’autonomie alimentaire » ;
  • Faire une « mise en équivalence des productions » dans le cadre des accords bilatéraux sur quatre points : climatique, environnemental, sanitaire et social ;
  • Rendre publiques et transparentes les négociations des accords de libre-échange ;
  • Réduire les distorsions de concurrence au sein même de l’Europe et faire cesser la « lutte entre les bassins de production » en « posant les mêmes règles sur le travail détaché et sur la fiscalité des entreprises » ;
  • Empêcher l'accaparement de nos terres agricoles par des investisseurs étrangers : « lutter contre l’accaparement des terres en interdisant leur cession à des personnes morales extra-européennes » ;
  • Faire voter un « règlement européen contre l’importation d’aliments traités avec des molécules interdites en Europe » ;
  • Augmenter les budgets européens liés à la recherche agronomique et de se concentrer sur deux projets : l’agriculture de précision qui met les nouvelles technologies au service de nos agriculteurs et les nouvelles techniques de sélections végétales ;
  • Généraliser au sein de l’Europe l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score ;
  • Rendre obligatoire le stockage des données européennes sur des serveurs physiquement situés sur le territoire européen ;
  • Faire rapprocher les niveaux de protection sociale en même temps que la fiscalité.

[Vidéo] Le programme agricole de l’UDI-Les européens expliqué par le candidat Olivier Mevel

Pour ces élections européennes, les questions agricoles et environnementales seront, au sein de la liste UDI-Les européens, portées par :

  • Olivier Mevel, universitaire, spécialiste des questions agricoles (5e position)
  • Juliette Aubert-Zocchetto, cadre dans une entreprise de services à l’environnement (6e position)
  • Marcel Denieul, agriculteur, président du Space, ancien président de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine (35e position)

 

Avant d’enseigner à l’université le marketing, Olivier Mevel était acheteur pour une centrale d’achat Leclerc. « Après la crise du lait de 2009, j’ai décidé de quitter ce monde pour passer de l’autre côté et défendre les producteurs. » En plus de ses activités d’universitaire, il conseille des agriculteurs et groupes d’agriculteurs sur des projets de meilleure valorisation des productions, notamment le lait.

À lire >> EGAlim - Olivier Mevel : « Le problème numéro un, ce sont les grandes surfaces ! »

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