Protection des plantes L’UIPP veut « accélérer la transition agroécologique »

Terre-net Média

Si l’utilisation de produits phytosanitaires « conventionnels » a diminué en 2019, la tendance à la réduction des pesticides doit se poursuivre. Pour ne pas laisser les agriculteurs sans solution, l’UIPP a mené un travail de réflexion et définit ses axes de travail à 2030, misant notamment sur la combinaison des solutions : biocontrôle, digital, agronomie…

Bruno Baranne, président de l'UIPP, a dévoilé la feuille de route de l'organisation à horizon 2030, le 20 janvier.Bruno Baranne, président de l'UIPP, a dévoilé la feuille de route de l'organisation à horizon 2030, le 20 janvier. (©Pixabay/Terre-net Média) 

Comment le secteur de la protection des plantes peut-il contribuer à accélérer la transition agroécologique souhaitée par le citoyen, dans un contexte de crise sanitaire qui a conforté l’importance d’assurer la résilience de l’agriculture ? L’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) se repositionne pour répondre à cet enjeu, dans une feuille de route présentée le 20 janvier à l’occasion de sa conférence de presse annuelle.

Diminution des ventes de substances actives en 2019

Avec environ 57 400 tonnes en 2019, le volume de substances actives vendues a connu une baisse significative, liée à une année 2018 atypique (achats anticipés en prévision de l’augmentation de la redevance pour pollution diffuse) et à des conditions de culture favorables. Dans ce total, la part de produits de biocontrôle augmente, représentant 36 % (contre 13,44 % en 2010).

Sur le temps long, on observe une diminution de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques (- 40 % en 20 ans), notamment dans la période 2000-2008. La décennie 2009-2018 a plutôt accusé une stabilité, avant cette nouvelle baisse en 2019.  

Si l’accélération de cette tendance est souhaitée par la société, il ne faut cependant « pas laisser les agriculteurs sans solution », insiste Eugénia Pommaret, directrice de l’UIPP. Si l’exemple des néonicotinoïdes l’a montré l’année dernière, le problème pourrait se poser pour d’autres secteurs : « si l’on ne se soucie pas des solutions phytosanitaires pour la filière protéines, nous risquons des problèmes et des impasses dans l’application du plan protéines », prévient-elle.

Pour l’UIPP, des réglementations stables, prédictibles et au niveau européen sont un prérequis indispensable pour permettre le développement de solutions nouvelles.

Demain, des solutions combinatoires

Dans ce contexte, la feuille de route de l’UIPP à horizon 2030 s’articule autour de trois thèmes. La souveraineté alimentaire reste au cœur des enjeux que l’UIPP entend soutenir, notamment à travers le concept one health, mais aussi en développant l’innovation et la recherche. Une recherche qui doit s’orienter vers « les outils d’avenir » que sont le digital, la robotique, les biotechnologies, les produits d’origine chimique ou biologique et l’optimisation de leur utilisation, indique par ailleurs l’UIPP.

Au niveau européen, les entreprises membres de l’ECPA (syndicat européen) ont ainsi prévu d’investir 10 milliards d’euros dans le digital et 4 milliards d’euros dans le biocontrôle sur les dix prochaines années, précise Bruno Baranne, président de l’UIPP. « Toutes les entreprises visent le combinatoire, c’est la meilleure solution pour répondre à l’équation de la performance, la durabilité et à l’attente sociétale », poursuit-il.

L’organisation s’engage également à rendre plus visible ces efforts de recherche, les démarches de RSE, ou encore à épauler les agriculteurs dans leurs pratiques et le déploiement des innovations. « Notre mission est immuable, c’est l’accompagnement de tous les modèles agricoles au sein de toutes les filières », rappelle ainsi le président de l’UIPP.


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