Débat public sur la Pac Les agriculteurs doivent rappeler tout ce qu’apporte la Pac aux citoyens

Terre-net Média

Dans le cadre du débat public autour du plan stratégique national, déclinant la future Pac, les députés européens Anne Sander et Jérémy Decerle ont livré leur vision de la politique agricole commune et rappelé les enjeux à défendre, notamment l’importance d’un budget fort pour accompagner les transitions et encourager le renouvellement des générations.

Le commissaire européen à l'agriculture, Janusz WojciechowskiLe commissaire européen à l'agriculture, Janusz Wojciechowski et Christiane Lambert. (©Terre-net Média)

« La Pac a fait la souveraineté alimentaire, la vitalité rurale, la modernisation agricole, elle a permis d’énormes progrès pour les agriculteurs mais aussi pour les citoyens européens, avec une alimentation saine, sécurisée, et accessible », a rappelé Christiane Lambert en ouverture d’une rencontre organisée par la FNSEA le 25 février, au salon de l’agriculture, dans le cadre du débat public sur la future Pac. Devant le commissaire européen à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, décrit comme moins au fait des problématiques agricoles que ses prédécesseurs, la présidente de la FNSEA a insisté sur l’importance, pour les agriculteurs, de prendre la parole et de défendre la première politique commune de l’Union européenne.

Les avantages pour les citoyens

« Commune », c’est sur ce point que la députée européenne Anne Sander (PPE) axe une partie de son argumentaire. « Dans ce qui est proposé, on va vers plus de nationalisation de la Pac et c’est notre combat de faire en sorte que cette politique reste commune », regrette-t-elle. L’enjeu est d’autant plus important que de plus en plus de députés et de citoyens considèrent que cette politique coûte trop cher pour trop peu de résultats.

« Ce serait une erreur de voir la Pac uniquement sous le prisme des subventions versées aux agriculteurs, il faut davantage communiquer et expliquer qu’il s’agit d’un corpus de règles communes d’organisation de nos marchés agricoles », et que cela garantit des normes de commercialisation et, au final, la qualité des produits, ajoute-t-elle. Au niveau européen, cette politique agricole permet d’ailleurs de défendre une vision forte de l’agriculture : « pas de bœuf aux hormones, pas de poulet au chlore, défense des IGP… », insiste Anne Sander qui voit, à travers la Pac, un moyen de favoriser la transition vers des modèles encore plus respectueux de l’environnement, conformément au souhait des citoyens européens, mais à condition de faire reconnaître aussi tous les efforts déjà réalisés par les agriculteurs. Ce qui permettra, d’ailleurs, de justifier le maintien d’un budget conséquent.

Renouvellement des générations

Si l’utilité de la Pac en fait bien une politique d’avenir, il faut aussi, pour le député européen Jérémy Decerle (Renew Europ), qu’elle favorise le renouvellement des générations en agriculture. Car aujourd’hui, seuls 5 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans, alors que 50 % ont plus de 55 ans. Pour l’ancien président de Jeunes agriculteurs, les dispositifs français destinés à l’installation pourraient servir d’exemple au niveau européen.

« Aujourd’hui, on a en France un dispositif basé sur un plan de professionnalisation personnalisé. On fait avec le jeune une analyse de ses compétences, de son projet, et on regarde ce qui peut lui manquer », explique-t-il. Pour lui, l’étude économique qui conditionne les aides à l’installation est aussi « une assurance non négligeable », quand certains pays donnent aux jeunes qui s’installent 30 à 40 000 euros sans conditions particulières. Comme en France, la Pac pourrait aussi être l’occasion de mettre des outils en place pour favoriser l’accès au foncier des jeunes agriculteurs, défend-il également.

Le fond avant la forme

Cependant, avant de décliner la stratégie, il faut un budget, qui aurait été plus facile à défendre « si derrière les propositions, il y avait plus de nouveauté », regrette-t-il, tout en relativisant : « la mécanique européenne est comme ça ». En revanche, l’important n’est pas, selon lui, de voter la Pac au plus vite : « la gestion des risques, l’amélioration de la structuration des filières, ce sont des sujets sur lesquels j’aimerais qu’on travaille avant de voter la Pac », explique le député. « Les agriculteurs n’ont pas besoin de quelque chose de vite fait, ils ont besoin de quelque chose de bien fait », insiste-t-il.

D’où l’importance aussi de la consultation publique, à laquelle les agriculteurs doivent prendre part. « Toutes les décisions doivent être prises sur base d’un dialogue important avec les agriculteurs, abonde d’ailleurs le commissaire européen à l'agriculture, qui a profité du salon de l’agriculture pour échanger avec les professionnels agricoles. Une visite qui a d’ailleurs renforcé sa position « sur le fait qu’il faille une agriculture forte, respectueuse de l’environnement, de bien-être animal, mais également respectueuse des agriculteurs eux-mêmes ».


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