Inauguration du #Sia2020 ce samedi « Pédagogie » et « soutien » en mots d’ordre de la visite présidentielle

Arnaud Carpon, avec AFP Terre-net Média

Hormis un éventuel accord budgétaire pas trop défavorable à la Pac, c’est sans nouvelles annonces qu’Emmanuel Macron inaugurera l’édition 2020 du salon de l’agriculture ce samedi 22 février. Un passage obligé au cours duquel, selon l’Élysée, le chef de l’État devrait surtout se livrer à un exercice de « pédagogie » en matière de transition agricole.

Emmanuel Macron, lors de l'inauguration du #Sia2019, sur le stand de l'interprofession laitièreEmmanuel Macron, lors de l'inauguration du #Sia2019, sur le stand de l'interprofession laitière. (©Terre-net Média)

À moins qu’un accord européen sur le budget pluriannuel épargnant celui de la Pac soit trouvé d’ici là, c’est sans annonces particulières qu’Emmanuel Macron viendra inaugurer l’édition 2020 du salon de l’agriculture, porte de Versailles.

À l’inverse de ses deux premières éditions en tant que président, Emmanuel Macron n’a pas prévu de thématique particulière, selon l’Élysée. En 2018, le locataire de l’Élysée avait convié 700 jeunes deux jours avant l’ouverture du salon. En 2019, il avait affiché l’Europe et la Pac comme ses priorités, avec une intervention spécifique sur ces thèmes. Pour 2020, l’Élysée n’entend pas orienter les échanges sur un thème précis, mais prévoit plutôt une « inauguration classique », avec le traditionnel passage devant Idéale, la vache charolaise « égérie » de l’édition, et « des déambulations plus réduites » et une « multiplication des échanges ».

Exercice de « pédagogie » en vue sur les ZNT

« L'idée est d'aller cette année à la rencontre de ceux qui ont des inquiétudes plus marquées, compte tenu de l'actualité », selon l'Elysée. Au programme donc, des rencontres avec les éleveurs qu'il aura croisés, avec les viticulteurs qui sont touchés par les sanctions américaines et réclament un fonds de compensation, ou encore les pêcheurs que le Brexit risque de priver de leur gagne-pain.

Il déjeunera avec les principaux représentants des filières et des interprofessions agricoles. Un point devrait y être fait sur la mise en œuvre de la loi Égalim et les négociations commerciales.

Dans le hall des productions végétales, Emmanuel Macron sera attendu de pied ferme sur un sujet brûlant : les ZNT. Mais, selon l’Élysée, c’est à un exercice de pédagogie auprès des agriculteurs et syndicats réclamant une « compensation » que le président devrait se livrer.

« Le président aura à cœur de rappeler d'où on vient : une crainte pour la santé publique, une décision de justice administrative du Conseil d'État et d'un avis d'une agence sanitaire qui précise les mesures qu'il faut prendre pour limiter l'exposition des riverains », explique l'Elysée en préparation de cette visite.

De la pédagogie, il en faudra à l’heure où de nombreux agriculteurs, face au « flou artistique » de leur application, ne comptent pas appliquer les dispositions en vigueur depuis le 1er janvier pour leurs semis de printemps.

En fait, Emmanuel Macron n’entend pas bouger les lignes de la transition agro-écologique et « culturelle » du secteur agricole qu’il défend depuis qu’il est élu à la tête du pays. Avec une « séquence » prévue l’après-midi sur le stand de l’Inrae, issu de la récente fusion de l'Inra et de l’institut Irstea, voire, si le temps le permet, une autre sur l’imposant stand de la Ferme Digitale, le président espère mettre en avant sa « vision d’avenir » pour le secteur agricole.

Mais sur le terrain du salon où il est logique que tous les griefs agricoles soient exprimés, le président aura fort à faire. Quid des effets de la loi Égalim et du « ruissellement » promis sur les revenus des agriculteurs ? Quid d’une pression sociétale inédite qui contribue à venir à bout de nombreux agriculteurs ? Quid de la promesse gouvernementale, en 2018, d’intégrer la revalorisation des actuelles retraites agricoles à la réforme actuellement en débat à l’Assemblée nationale ? Quid de la « grande loi foncière » maintes fois promises mais qui, finalement, resterait dans les placards ? Quid, enfin, d’une vision stratégique agricole partagée par le monde agricole et la société dans un contexte où la France perd depuis plusieurs années des parts de marché ?

À l’inverse des deux éditions précédentes au cours desquelles il s’est livré au jeu du record de temps de présence, Emmanuel Macron « ne se place pas dans la perspective de battre ce record », souligne l'Elysée. Mais les nombreux sujets à aborder pourraient l’y contraindre.


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