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Quatre agriculteurs témoignent de leurs expériences du semis direct

Agriculteur à Mouilleron-le-Captif en Vendée, Jérôme Bohy est installé en polyculture-élevage allaitant, et s'intéresse à l'agriculture de conservation des sols (ACS) depuis 2015. Parmi les freins qu'il a rencontrés, il témoigne notamment des idées reçues sur cette technique. S'engager dans un groupe d'agriculteurs réunis autour du semis direct lui a permis « d'échanger avec des personnes déjà entrées dans cette démarche et de bénéficier de leurs expériences ».

« Limiter le risque d'érosion »

De son côté, Alain de Scorraille, installé à Blanquefort dans le Gers, est passé en semis direct en 1998. Pour lui, la principale difficulté reste la destruction des couverts végétaux et la gestion de l'eau. « Cette année, j'ai détruit mes couverts trop tardivement, cela a asséché mes sols, et le semoir a manqué de terre fine pour bien refermer les rangs, explique-t-il. Avec les températures élevées, le vent s'est engouffré dans les sillons et cela a entraîné des difficultés de levée pour les cultures, qui ont été en plus attaquées par les ravageurs ». Il note l'importance de « travailler sur la date de destruction en fonction du sol et de l'évolution du climat ». Parmi les atouts de ce changement de pratiques, il note notamment « la réduction du risque d'érosion sur ses parcelles et l'amélioration de la qualité de l'eau du territoire ».

Retrouvez les témoignages complets des agriculteurs en vidéo (cliquez sur le curseur pour lancer la lecture) : 

« Les sols sont beaucoup plus portants », observe aussi Fabrice Lethuillier, polyculteur-éleveur laitier à Gommerville (Seine-Maritime). Du côté des résultats, l'agriculteur témoigne « d'un maintien des rendements » sur son exploitation. « Les économies se font surtout au niveau des charges de mécanisation, un peu aussi pour le recours aux fongicides et insecticides, mais pas sur les herbicides », précise-t-il. 

« Sans utiliser la charrue et le chisel », Valéry Bertand, éleveur de porcs et céréalier à Plumaudan (Côtes-d'Armor) a économisé « environ 30 % de fioul sur la campagne 2020-2021 », avec le passage en semis direct sur une partie de la ferme cette année-là. Avec l'ACS, « on favorise aussi la biodiversité et la vie des sols : aujourd'hui, la quantité de vers de terre présents dans mes parcelles a été multiplié par 4 », ajoute Alain de Scorraille. 

Quels conseils retenir pour se lancer ?

La présence des vers de terre est, selon lui, le « meilleur indicateur pour vérifier qu'on va dans le bon sens, concernant le changement de pratiques ». Pour Jérôme Bohy, « l'ACS et l'amélioration de la qualité du sol passent surtout par l'apport de matières organiques de façon importante, via du fumier, des déchets végétaux et/ou des couverts végétaux restitués au sol ». Dans nos techniques, il faut que le sol soit couvert en permanence », précise aussi Valéry Bertrand. Fabrice Lethuillier insiste, lui, sur l'importance de « ne pas partir tout seul » afin de mieux appréhender ces pratiques et d'éviter les impasses techniques.

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