Complément de revenu
Et si vous louiez vos bâtiments inutilisés avec monhangar.fr ?

Stocker des biens de particuliers dans des hangars agricoles, une activité de diversification comme une autre. (©Adobe Stock)
Stocker des biens de particuliers dans des hangars agricoles, une activité de diversification comme une autre. (©Adobe Stock)

« Démocratiser la location de bâtiments agricoles à des particuliers ou des entreprises car aujourd'hui, beaucoup d'agriculteurs le font, il y a des centaines d'annonces, l'idée était de les regrouper sur une plateforme en ligne », met en avant Joris Baco. Mi-2021, le jeune entrepreneur crée donc monhangar.fr, un site « pour mettre en relation des exploitants disposant d'espaces de stockage inutilisés et désirant les louer, avec des personnes cherchant un endroit pour stocker des biens ». Des caravanes, camping-cars, bateaux, du mobilier, divers matériels, engins, matières premières, etc.

Retrouvez l'interview de Joris Baco, rencontré au Sima 2022 :

Comment faire ? Rien de plus simple !

Joris Baco est parti « d'un constat très simple » : « Depuis longtemps, on entrepose des véhicules notamment dans des hangars agricoles mais il n'y avait rien pour rassembler l'ensemble des offres existantes », fait-il remarquer. L'objectif : « simplifier » cette activité, qui n'est autre qu'une diversification de l'exploitation. « Actuellement, de nombreux agriculteurs ont du mal à avoir des revenus convenables. Or, certains de leurs bâtiments restent inusités, suite à un départ en retraite, ou à une réorientation de l'exploitation agricole. La location est un moyen de valoriser ces constructions existantes », insiste le fondateur de la start-up.

Cela vous intéresse et vous voulez savoir comment mettre en location vos locaux inoccupés ? « C'est très facile, répond-il. Il suffit de nous contacter en précisant la localisation, la superficie disponible et quelques éléments de sécurité comme le fait qu'il habite sur place, la présence de barrières, ou d'un chien de garde. » Pas de critère particulier à respecter, tout bâtiment et même terrain peut être proposé. « Tous ont de la valeur. Intervient ensuite la loi de l'offre et de la demande, chacune étant spécifique avec des besoins et souhaits différents du côté du locataire comme du loueur. »

Accompagnement administratif et pour le tarif

L'intérêt : une fois la proposition validée, l'affichage sur monhangar.fr « donne de la visibilité, partout en France ». De plus, les exploitants bénéficient d'un accompagnement, administratif et concernant la tarification (une simulation en ligne est même possible). « Nous calculons le prix permettant de rentabiliser au mieux l'espace en fonction de plusieurs paramètres, dont la zone où il se situe, le type de bâtiment, sa superficie. Le paiement des loyers est garanti. » Dès que quelqu'un repère une annonce, il peut demander un devis en ligne et venir visiter sur place. « Après accord, nous nous occupons du contrat, de la facture, du paiement, de toutes les démarches un peu embêtantes. Une tranquillité d'esprit pour les utilisateurs », souligne Joris.

Et un « complément de revenu », poursuit-il, perçu chaque mois, appréciable entre autres à la retraite vu le niveau des pensions. « Nous ne sommes pas là pour nous substituer à l'activité agricole principale de l'exploitation. » Côté assurance,  les exploitants sont assurés « au titre de leur responsabilité civile dépositaire de biens non agricoles, les particuliers et professionnels pour leur marchandise ou leur véhicule ».

Aujourd'hui, près de 500 agriculteurs sont référencés sur le site web, représentant une surface d'environ 200 000 m2. Et 150 réservations ont été enregistrées en seulement quelques mois. Les durées de location peuvent aller d'un mois à plusieurs années. « Les premiers retours sont positifs : la plateforme est simple d'utilisation, ça prend peu de temps aux producteurs de louer leurs bâtiments. » monhangar.fr aimerait multiplier par 10 le nombre d'inscriptions d'ici fin 2023 pour atteindre 20 000 fin 2025.

« Sécurisant pour nous et les locataires »

En décembre 2021, Alain Roué, éleveur dans le nord du Finistère, a réorienté sa ferme laitière vers la production de légumes. Avant de servir aux pommes de terre, les étables ainsi libérées − 900 m2 bardés, bétonnés et facilement accessibles avec eau et électricité − étaient donc vacantes. « Notre centre comptable nous a parlé de monhangar.fr, nous nous sommes inscrits sur le site à l'été 2022 , relate le producteur installé depuis 2003 sur 90 ha, en association avec sa femme depuis 2008. C'est vraiment pas compliqué : nous avons posté une annonce avec des photos. Et quelques semaines plus tard, nous avons obtenu les premiers contacts. » Grâce au Tchat sur la plateforme, ils échangent ensemble et un rendez-vous est planifié.

« Ce système est intéressant à plusieurs titres. D'une part, nous n'avons pas à nous soucier de l'administratif : tout est effectué sur le site et par ses salariés. C'est très sécurisant pour nous et les locataires, on évite ainsi certaines déconvenues que l'on peut rencontrer lorsqu'on traite en direct. Et monhangar.fr ne se limite pas à un site internet. Une équipe (de six personnes, NDLR), derrière, est joignable rapidement pour tout renseignement ou souci. Même si l'affaire n'est pas conclue, elle cherche à savoir pourquoi. »

Cela fait quelques semaines, que cinq camping-cars et deux caravanes sont hivernées sur la ferme. « Nous convenons des dates avec les propriétaires qui peuvent venir les rechercher quand ils partent en week-ends ou en vacances. Le fait que nous habitons sur place facilite les choses et les rassure au niveau sécurité », témoigne Alain Roué, prêt à poursuivre l'expérience et accueillir d'autres types de biens. 

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