Compétitivité des céréales En un an, les coûts du fret maritime ont explosé

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Les coûts du fret maritime sont en constante augmentation depuis début 2021, jouant fortement sur la compétitivité des prix à l’exportation.

Navire vraquierLes coûts du fret réorientent les flux commerciaux vers des marchés de proximité. (©Pixabay)

« Il y a une véritable explosion des taux de fret du vrac sec (minerais, charbon et céréales, NDLR) et des conteneurs depuis le début de l’année », rappelait Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer, au terme du conseil spécialisé des grande cultures de l’organisme qui s’est tenu 13 octobre.

Il cite le Baltic dry index, principal indicateur du fret maritime, qui reflète chaque jour les prix pratiqués sur les vingt routes de transport maritime jugées les plus représentatives du marché du vrac sec. Cet indice « a atteint récemment 5 400 points alors qu’on était il y a un an sur du 500-1 000. Ça commence à devenir très important ! », alerte l’expert.

Baltic dry indexLe Baltic dry index connaît une hausse importante depuis début 2021 (©TradingView)

Pourquoi cette flambée ?

Cette explosion des coûts s’explique d’abord par la reprise économique mondiale post-Covid : « dopée par la campagne de vaccination, elle a réactivé une forte demande en navires pour l’acheminement de matières premières », note Marc Zribi.

Il insiste sur les perturbations logistiques en Chine, en particulier sur la congestion portuaire à Ningbo due à la pandémie. Et sur les tensions diplomatiques entre l’Australie et la Chine qui ont poussé la seconde à « modifier son sourcing », et à s'approvisionner en Europe pour les céréales, ce qui « rallonge les temps de transport ».

Les cours du pétrole aussi boostent le coût du fret, d'autant plus que « l'Opep + (organisation de pays producteurs de pétrole, NDLR) a décidé de ne pas ouvrir davantage le robinet pour répondre à la demande ».

Lire aussi : Le pétrole s'envole

Quelles conséquences pour le commerce des céréales ?

Alors que les prix des céréales sont déjà particulièrement élevés sur cette nouvelle campagne, le coût du fret renchérit les prix pour les pays importateurs et « devient un facteur important de la compétitivité des prix à l’exportation ».

Dès lors, les flux commerciaux se réorientent et la proximité est déterminante. Un exemple : les acheteurs asiatiques économiseraient 10 à 15 $/t sur les frais de transport en achetant du blé tendre à l'Inde plutôt qu'à l'Ukraine ou à la Russie. Le Sous-continent pourrait ainsi en exporter 4,2 à 4,4 millions de tonnes en 2021, un plus haut en huit ans !

La même tendance se dessine pour l'instant du côté des exportations céréalières françaises : Marc Zribi évoque une « dynamique favorable à l’export vers les marchés de proximité : Union européenne et Bassin méditerranéen ».

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