Blé, maïs, orge Les marchés anticipent une année 2015 compliquée

Terre-net Média

Dans sa dernière note de conjoncture, FranceAgriMer explique pourquoi l'année 2015 pourrait être compliquée sur les marchés céréaliers. Principale raison : une baisse des productions.

Les surfaces de maïs en baisse en Argentine et au Brésil.Les surfaces de maïs en baisse en Argentine et au Brésil. (©Terre-net Média.)

Depuis quelques semaines, les marchés céréaliers ont retrouvé une dynamique haussière et inattendue compte tenu de l’abondance des récoltes réalisées l’été dernier. La seconde moitié de la campagne s’annonce sous de meilleurs auspices en termes de prix. Dans sa dernière note de conjoncture, FranceAgriMer en donne les raisons.

Hémisphère sud

« La situation météorologique est toujours contrastée en Australie. À l’Ouest, l’excès d’humidité risque d’entamer la qualité de la récolte. À l’est, la sécheresse qui sévissait depuis des semaines s’est transformée en canicule à la fin du mois de novembre. Dans son rapport trimestriel de décembre, Abares le bureau de recherche du ministère de l’Agriculture australien, a abaissé sa prévision de récolte de 1 Mt (à 23 Mt).

En Argentine, malgré le redressement attendu de la production de blé (12,5 Mt contre 9,2 Mt en 2013/14), les problèmes de qualité liés aux excès de précipitations se confirment pour la récolte en cours. Par ailleurs, les agriculteurs argentins donnent la priorité aux semis de soja. Quoiqu’il en soit, avec une surface totale attendue à 3,5 Mha (4 Mha pour la dernière campagne), la récolte argentine de maïs devrait baisser en 2015.

Au Brésil également, où les semis sont quasiment achevés pour la "safra" (récolte principale), on attend une baisse de la surface globale de maïs ("safrinha" comprise) qui passerait de 16 Mha à 15 Mha. »

Premières inquiétudes pour la récolte 2015

« Les inquiétudes concernant les perspectives de récolte 2015 aux États-Unis et en Russie ont également contribué à soutenir les cours de ce mois de novembreEn effet, dans ces deux régions du monde, les plantes sont fortement exposées au risque de gel.

En Russie notamment, dans les régions du sud, les conditions météorologiques (gel important sans couverture neigeuse) pourraient entraîner une perte de 20 % à 30 % sur les blés d’hiver, selon Akp. D’autres analystes parlent d’une chute de la production globale de céréales en 2015 à 86 Mt (contre 92 Mt selon les derniers chiffres d’UkrAgroConsult, et 101 Mt pour la campagne actuelle). »

Des restrictions aux exportations envisagées par la Russie

« C’est dans ce contexte de risque sur les cultures 2015, mais aussi sur la base des volumes record déjà exportés (18 Mt le 24 novembre dernier, soit une hausse de 23 % par rapport à l’année dernière à la même date) et d’un rouble que la baisse des prix du pétrole a encore affaibli, que de possibles restrictions aux exportations ont été évoquées ce mois-ci.

Le Rosselkhoznadzor (Service de Surveillance Vétérinaire et Phytosanitaire russe) a fait part le 28 novembre de son intention de durcir les exigences qualitatives à l’exportation. Ce service a d’ores et déjà demandé à ses antennes régionales de prendre des mesures supplémentaires de contrôle des céréales mais aussi des silos et autres équipements de manutention.

Il s’agit manifestement de mettre en place une méthode de régulation non-tarifaire de contrôle du volume des exportations, afin de garantir l’approvisionnement du marché intérieur. Les autorités russes ont indiqué qu’un embargo pur et simple à l’exportation était "impossible".

En revanche, la mise en place d’une taxe flottante à l’exportation est envisagée comme dernier recours. De l’autre côté, des producteurs russes de céréales soulignent qu’il n’y a pas de nécessité à retreindre les exportations, la récolte totale, estimée à plus de 100 Mt autorisant un volume potentiel d’exportation de 32-33 Mt pour la campagne 2014/15. »


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