Récoltes 2018 Lourd déficit de la production mondiale

Florian Cazeres Terre-net Média

Les moissons 2018 sont décevantes : la production mondiale de blé est en chute libre et devrait diminuer de 30,2 millions de tonnes par rapport à l’an passé. La France et l’Union européenne marquent le coup. Logiquement, les prix devraient donc grimper.

BléLa production européenne de blé est fortement réduite comparée à l'année dernière. Les États-Unis et le Canada voient, par contre, leur production augmenter. (©Terre-net Média) C’est une baisse record. La récolte mondiale de blé 2018 atteint seulement 720 millions de tonnes, soit 30,2 tonnes de moins en comparaison à 2017, selon des chiffres dévoilés jeudi par ODA Group. Une baisse qui s’explique notamment par les conditions climatiques dans la mer Noire et au nord de l’Europe.

ODA Group indique avoir réduit son estimation de la production européenne de blé tendre à seulement 124,9 millions de tonnes. Une baisse de 14,5 millions de tonnes par rapport à l’année dernière, quand l’Union européenne avait produit 147,8 millions de tonnes. « La situation est très compliquée pour l'Europe, qui va devoir garder plus de blé pour son marché intérieur, au risque de ne pas fournir ses clients », indique Didier Nedelec, directeur général d’ODA Group.

« Une forte hétérogénéité des rendements et des qualités » en France

En France, ODA annonce une récolte de 33,6 millions de tonnes de blé. ODA Group constate, en France, « une forte hétérogénéité des rendements et des qualités » selon les régions et devrait donc probablement réviser le chiffre « dans les prochaines semaines ».

Cette baisse de la production européenne s’ajoute au fort recul de la production dans le bassin de la mer Noire, selon ODA Group. L'Ukraine devrait mettre sur le marché 26,6 millions de tonnes de blé, soit 3,3 millions de moins par rapport à l’année dernière. Même chose pour la Russie, qui a produit 66 millions de tonnes, contre 85 millions en 2017.

Ce n’est cependant pas le cas des pays d'Amérique du nord, qui ont produit plus cette année. Le Canada a récolté 34 millions de tonnes, contre 30 millions en 2017. Les États-Unis ont quant à eux vu leur production augmenter de 4,2 tonnes, passant de 47,4 à 51,2 millions de tonnes. Même avec d'excellents rendements, les récoltes de l'hémisphère sud seront dans « l'incapacité de compenser entièrement le manque de production mondiale », indique ODA Group. Les récoltes de l'Australie et de l'Argentine ont stagné sur deux ans. « Sans compter la menace du retour du phénomène El-Niño dans les prochains mois qui n'engage pas à l'optimisme » prévient la société.

Les prix devraient augmenter

Cette baisse de la production intervient, alors que la consommation mondiale continue de croître de 3 à 5 millions de tonnes chaque année. « La consommation de blé va ainsi devoir se réduire au profit des autres céréales », indique ODA group.

Logiquement, les prix devraient donc également grimper. Les marchés céréaliers commencent d’ailleurs à réagir, et ont d’ores et déjà franchit la barre des 200 euros la tonne sur Euronext. « Le mouvement à la hausse n’est pas terminé », prévient ODA Group. « C’est une bonne nouvelle pour les agriculteurs, mais ce n’est pas assez pour reconstituer les marges » indique Didier Nedelec.


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