; Craintes sur la pérennité des exports ukrainiens

Mer noire Quel avenir pour le corridor d'export de grains ukrainiens ?

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Alors que le conflit russo-ukrainien connaît un regain de tension, les craintes se renforcent sur la pérennité du corridor maritime d'exportation de produits agricoles ukrainiens, mis en place le 22 juillet pour une durée de quatre mois.

Vraquier, grain, exportD'après le centre de coordination des exportations ukrainiennes, 231 navires ont quitté la région d'Odessa entre le 1er août et le 27 septembre, transportant 5,25 Mt de produits agricoles vers une trentaine de pays. (©Pixabay)

Dans une vidéo diffusée sur le réseau social Facebook le 27 septembre et relayée par les analystes d'UkrAgroConsult, le président ukrainien Volodymyr Zelensky estime que la Russie prépare le terrain pour perturber l’export des céréales ukrainiennes par voie maritime.

Après cinq mois de blocage dus à la guerre, l’Ukraine a recommencé début août à exporter depuis trois ports de la Mer noire, dans le cadre de l’accord d’Istanbul. Signé entre Moscou et Kiev face à la menace d’une crise alimentaire mondiale, supervisé par la Turquie et l’Onu, cet accord formalisait la mise en place d’un couloir maritime sécurisé d’export pour une durée de 120 jours.

Au 27 septembre, il avait permis le départ de 231 navires, transportant 5,25 Mt de produits agricoles, dont environ 50 % de maïs et 25 % de blé, selon les chiffres des Nations unies.

Le président Zelensky évoque une « nouvelle fausse déclaration » de son homologue russe. De fait, Vladimir Poutine multiplie depuis quelques semaines les sorties quant à la destination des exportations ukrainiennes. 

« Les céréales d'Ukraine continuent de contourner les pays les plus pauvres (…). Au 23 septembre, sur 203 navires qui ont quitté les ports ukrainiens, seuls quatre sont allés dans les pays les plus pauvres dans le cadre du programme des Nations unies », a-t-il réitéré le 27 septembre, rapporte l’agence de presse turque Anadolu agency. 

Volodymyr Zelensky réplique de son côté que les statistiques de l’exportation de grains ukrainiens, « transparentes et accessibles à tous », montrent notamment des exports vers le Soudan, le Kenya, l’Algérie, la Somalie et l’Éthiopie. 

De fait, le centre conjoint de coordination des exportations ukrainiennes, instauré lors de l’accord d’Istanbul, met à disposition diverses données sur les navires au départ des ports ukrainiens : pays destinataire, denrées transportées, tonnages… 

5,25 Mt de produits agricoles ukrainiens ont été expédiés vers 31 pays entre le 1er août et le 27 septembre, d’après ces chiffres. 22 % des volumes sont partis vers des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur, 23 % vers des pays à revenu intermédiaire supérieur, et 55 % vers des pays à revenu élevé. 

Les dernières déclarations de Vladimir Poutine sur le corridor céréalier n’ont pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. « Je me demande quand quelqu'un lui expliquera qu'il n'y a aucune obligation de vendre le grain aux "pays les plus pauvres" dans l'accord sur le grain », tweete ainsi l’analyste Andrey Sizov.

« Il ne parle pas au marché, il parle aux pays les plus pauvres (…), répond @Ranulphe. Il dit que cet accord est une ruse de l’Ouest, sans aucun avantage pour eux. C’est stupide, c’est faux, mais il sera entendu ».

Quant au trader SwitterTM, il suppose que Poutine « s’apprête à introduire de nouvelles règles » : « si le corridor est prolongé, il y aura des restrictions sur les destinations du grain quittant l’Ukraine. Par exemple, interdire les exportations vers des pays dits "inamicaux". Donc les importateurs de l’UE doivent s’approvisionner en Ukraine dès que possible ! ».

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