Campagne betteravière 2018 Rendements en nette baisse, prix bas : la double peine pour les betteraviers

Terre-net Média

Avec la sécheresse, les rendements des betteraves sucrières sont attendus en nette baisse par rapport à l’an passé. Quant aux prix mondiaux, au plus bas depuis 10 ans, ils augurent des campagnes difficiles pour les planteurs français.

Les arrachages de betteraves ont commencé à la mi-septembre chez les producteurs Tereos. Les arrachages de betteraves ont commencé à la mi-septembre chez les producteurs Tereos. (©@Tereos) La production betteravière est prévue en baisse pour 2018 du fait de la sécheresse qui a impacté les régions productrices du nord et de l’est, ce qui contractera les fabrications de sucre, les exportations et les stocks. La CGB a annoncé une prévision de rendement betteravier de 86 t/ha à 16°s. Un rendement en nette baisse par rapport à celui de l’an passé (96,1 t/ha à 16°s), et également en repli par rapport à la moyenne des cinq dernières années, de l’ordre de 89,5 t/ha.

Ces mauvais résultats attendus pour cette campagne d’arrachage 2018 seront les conséquences de la sécheresse, qui a touché la plupart des régions productrices.

Outre des moindres rendements, les planteurs français peuvent s’inquiéter des cours mondiaux, au plus bas depuis 10 ans.

« Dans un marché déjà largement saturé par les excédents de production, les prix mondiaux ont plongé à leur plus bas niveau depuis 10 ans après l’annonce par l’Inde d’un programme de soutien massif à la production et à l’exportation de sucre, qui alimente le haut niveau des disponibilités sur les marchés, analyse le conseil spécialisé de Franceagrimer pour la filière sucrière. Cette annonce pourrait générer un contentieux à l’OMC porté par le Brésil, la Thaïlande et l’Australie. »

L’excès de sucre nuit à la santé des exploitations betteravières

« Par ailleurs, après des productions record en 2017/18, la réduction insuffisante des excédents pourrait ne pas suffire à redresser les cours mondiaux en 2018/19. L’Inde devrait dépasser le Brésil avec une production d’environ 34 millions de tonnes (Mt). Le Pakistan devrait également maintenir des niveaux élevés d’exportations. »

« En Europe, la campagne 2017-2018 s’achève sur un niveau d’exportations de sucre exceptionnel d’environ 3,4 Mt, à destination principalement du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Afrique équatoriale. Le prix moyen européen s’est encore dégradé à 346 €/t, soit 58 €/t de moins que le prix de référence (404 €/t) », complète Franceagrimer.

« Selon les premières prévisions, la production sucrière européenne devrait avoisiner 19 Mt en 2018, en retrait de plus de 2 Mt par rapport à l’an dernier. La baisse des disponibilités devrait se traduire par un recul des exportations européennes au cours de la campagne 2018/19 et participer au rééquilibrage nécessaire du marché. »

« Avec la fin des quotas et une production de sucre en forte hausse, les exportations françaises de sucre en l’état devraient atteindre d’ici la fin de la campagne 2,2 Mt vers l’Union européenne (+ 0,4 Mt par rapport à 2016/17) et 1,4 Mt vers les pays tiers (+ 1 Mt par rapport à 2016/17). »


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous