Commercialisation des céréales 2017-2018 Une parité euro-dollar plus favorable pour redresser le bilan à l’export

Terre-net Média

Le léger affaiblissement de l’euro face au dollar devrait redonner de la compétitivité aux céréales françaises à l’export. La Russie n’ayant plus beaucoup de blé à vendre, les opérateurs français pourraient avoir davantage de marges de manœuvre pour exporter et ainsi redresser un bilan de commercialisation très mitigé.

La meilleure parité euro-dollar redonne un peu de compétitivité aux blés français sur la scène internationale pour la fin de la campagne de commercialisation 2017-2018.La meilleure parité euro-dollar redonne un peu de compétitivité aux blés français sur la scène internationale pour la fin de la campagne de commercialisation 2017-2018. (©Terre-net Média) L’évolution de la parité euro-dollar ces dernières semaines, de même que celle des monnaies des principaux exportateurs de grains dans le monde, est davantage en faveur de l’Union européenne et de la France. « L’évolution de la parité va dans le sens d’un effritement de l’euro face au dollar, a expliqué Marc Zribi, chef de l’unité des grains et du sucre chez Franceagrimer à l’issue du conseil spécialisé céréales du 16 mai 2018.

Depuis la mi-janvier, l’euro cotait entre 1,23 $ et 1,25 $. Mais la monnaie européenne a décroché à partir de mi-avril. Au 23 mai, l’euro était évalué à 1,17 $. Une différence qui paraît mince, mais qui, selon Franceagrimer, « va permettre de redonner de la compétitivité aux blés français à l’export dans les prochaines semaines ».

Ce léger affaiblissement de l’euro est d’autant plus bienvenu que les monnaies de trois des quatre principaux concurrents de l’Union européenne à l’export (Russie, Ukraine, Brésil, Argentine) se sont elles aussi dépréciées. Les cours du réal brésilien et du peso argentin sont sur une pente descendante depuis plusieurs mois. Ils ont perdu respectivement 10 et 28 % en un an. Le rouble a aussi décroché ces dernières semaines, perdant 3 % entre avril et mai 2018, et 10 % sur un an.

Autre point positif pour la filière céréalière française : la Russie arrive au terme de sa campagne d’exportation, notamment vers les pays importateurs du pourtour méditerranéen. « La Russie et l’Ukraine sont en train d’atteindre leurs plafonds d’exportations, a expliqué Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales de Franceagrimer. Au 14 mai, la Russie avait exporté 42,4 Mt de blés, orges et maïs, soit 89 % de ses capacités, dont 34,3 Mt de blé (90 % de ses capacités). L’Ukraine, quant à elle, achève aussi sa campagne à l’export : 94 % de ses capacités d’export en blé ont été expédiées (15,5 Mt), et 96 % en orge (4,3 Mt), ainsi que 77 % en maïs (14,7 Mt).

Des exports en hausse chez nos voisins européens

« Cela va donner un peu d’air aux origines européennes et françaises pour les dernières semaines de la campagne de commercialisation 2017-2018 », poursuit-il. L’établissement public a ainsi révisé à la hausse sa prévision d’exportations de blé tendre vers les pays tiers. Avec 100 000 t supplémentaires envisagés, elle passe à 8,4 Mt. Néanmoins, « on a assisté à une grande campagne russe », concède le représentant.

Très concurrencée à destination des pays tiers, la filière céréalière française va en quelque sorte sauver sa campagne de commercialisation par d’excellents résultats vers nos voisins européens. Il y a quatre ans, la France exportait 6,8 Mt vers l’Union européenne, et quasiment deux fois plus hors d’Europe. Pour 2017-2018, les opérateurs devraient exporter près de 9,1 Mt – estimation révisée à la hausse de 135 000 t en mai par rapport au mois dernier – chez nos proches voisins comme la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne notamment, soit davantage que dans le reste du monde.

Les prévisions de livraisons de blé tendre vers l’Union européenne pour la campagne commerciale 2017/18 sont portées à près de 9,1 Mt (+ 135 000 tonnes par rapport au mois dernier), en raison du dynamisme des ventes vers le nord de l’UE ces dernières semaines. Les prévisions d’exportations vers les pays tiers sont également révisées à la hausse à 8,4 Mt (+ 100 000 tonnes), en raison de l’évolution du taux de parité euro/dollar plus favorable aux origines françaises et du tarissement progressif de l’origine russe dont les cours augmentent en cette fin de campagne.

Même tendance pour l’orge et le maïs, qui profitent aussi « d’une belle dynamique de fin de campagne à destination de nos voisins européens avec des prévisions de ventes vers l’UE révisées à la hausse à 5 Mt de maïs (+ 180 000 tonnes par rapport au mois dernier) et 3,4 Mt d’orges (+ 150 000 tonnes) ». Les prévisions d’exportations d’orges vers les pays tiers sont, en revanche, minorées de 300 000 tonnes à 3,1 Mt.

Pour surveiller les évolutions des cours des matières premières agricoles, connectez-vous sur Les marchés agricoles de Terre-net.fr


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous