Pommes de terre Une probable surproduction pour 2020

Terre-net Média

Après une production « moyenne » en 2019, le NEPG (Groupement des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen) estime qu'il existe un risque de surproduction pour 2020, qui pourrait conduire à un déséquilibre entre l'offre et la demande et apporter de la pression sur les prix.

Pommes de terre En 2019, la production de pommes de terre a augmenté de 5,8 % en France par rapport à 2018, selon le NEPG, et a atteint 6,3 Mt. (©Terre-net Média)

Le NEPG (groupement des cinq plus grands pays producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen) anticipe une nouvelle hausse des surfaces de pommes de terre pour la récolte 2020, ce qui risquerait de mener à une surproduction si les conditions sont « normales cet été ». « Bien que la demande sur l’industrie soit haussière, et dans une moindre mesure, l’export sur le marché du frais, le NEPG considère que cette tendance est risquée pour l’équilibre offre/demande », et pourrait apporter de la pression sur les prix.

Sur les cinq dernières années, les surfaces de pommes de terre de consommation ont progressé de 9 % en moyenne, pour s’établir à 613 946 ha en 2019. Une hausse a été observée à l’échelle des cinq pays membres mais c’est en France (14,3 %) et en Belgique (10,6 %) qu’elle a été la plus forte. L’augmentation des surfaces pourrait être amplifiée par des surfaces betteravières en recul dans certains secteurs, ou encore une baisse des élevages, notamment aux Pays-Bas, ce qui laisserait des terres disponibles.

Une production 2019 dans la moyenne

Le cru 2019 a été « moyen », avec une production qui s’est élevée à 26,9 Mt, soit + 1,8 % comparé à la moyenne quinquennale. « Aujourd’hui, il reste 1 à 2 % des pommes de terre dans les champs, avec des producteurs qui essayent encore de les récolter », indique le groupement.

« La qualité en conservation est plutôt bonne, même si des difficultés liées au vieillissement des pommes de terre ou des problèmes de coloration à la friture sont parfois signalés ». Quant à l’export, la tendance est « bonne, dans la moyenne ou plus élevée » selon les pays, et « les prix actuels sont stabilisés, malgré une légère tendance haussière dans la plupart des pays du NEPG ».

Le compte n'y est pas

Par ailleurs, les coûts de production seraient en hausse, liés à des « conditions de récolte difficiles en deuxième partie de saison, au séchage supplémentaire avant mise en stockage, au lavage ou encore aux pertes en pourritures sur certaines variétés. Les coûts de stockage pourraient augmenter jusqu’à 30 €/t en conservation longue durée (incluant une prime de risque pour les producteurs) ».

Cependant, « au regard des premiers contrats industrie sortis sur les quatre pays du continent, le compte n’y est pas », estime le NEPG, qui juge insuffisante la hausse des prix pour permettre de compenser l'augmentation des coûts de production et des risques. « Mais avec une augmentation continue des surfaces, les industriels sont dans une situation plutôt confortable pour proposer leurs contrats ».

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