Norme d'émissions moteur M. Turbe-Bion : « Le Stage V impose un contrôle des machines en fonctionnement »

Terre-net Média

Les constructeurs ont profité du Sima 2017 pour dévoiler les dernières évolutions de leurs machines, répondant aux exigences de la norme Stage IV. À peine les machines répondent-elles à cette norme que la suivante montre le bout de son nez. Le 1er janvier 2020, tous les moteurs devront répondre aux exigences de la norme Stage V.

Terre-net : Quand la norme Stage V entrera-t-elle en vigueur ?

Matthieu Turbe-Bion : La norme va se déployer en deux temps. Le 1er janvier 2019, les moteurs dont la puissance est inférieure à 56 kW et ceux excédant 130 kW devront l’appliquer. Ceux compris entre 56 et 130 kW bénéficieront d’un délai supplémentaire, soit une application au 1er janvier 2020.

Terre-net : En termes de technologie, comment cela va-t-il se traduire ? Va-t-on voir l’arrivée de nouveaux composants ?

Matthieu Turbe-Bion : Avant tout, revenons sur ce qu'est cette norme. Elle joue principalement sur le niveau de particules émises par le moteur. La première différence par rapport à la précédente norme, c'est qu'elle concerne l'émission de particules en masse, qui diminue de 25 à 15 mg/kWh. Le nombre de particules sera également pris en compte : maximum 1.1012 particules par kWh. Pour satisfaire cette exigence, le filtre à particules devient un élément incontournable.

Terre-net : Comment les autorités pourront-elles contrôler le niveau d'émission réel ?

Matthieu Turbe-Bion : Autre particularité : en complément des mesures effectuées lors de la certification sur le banc d'essai, le Stage V impose un contrôle des machines en fonctionnement. Même si la loi n'impose pas de valeurs à ne pas excéder, cette campagne a pour but d'informer les législateurs et les aider à comprendre l'impact d'une norme sur la réalité du terrain. Les constructeurs doivent mettre des engins à disposition pour mesurer le niveau d'émission en conditions réelles. Les données récoltées constitueront une base de données publiques accessible à tous, puis, dans un second temps, serviront à établir une valeur maximale à ne pas dépasser en fonctionnement.

Terre-net : Les agriculteurs doivent-ils s'attendre à des coûts supplémentaires ?

Matthieu Turbe-Bion : Aujourd'hui, les motoristes utilisent différentes technologies pour répondre au Tier 4 final. Deere Power System par exemple, installe déjà un filtre à particules en plus de la technologie SCR et de l'AdBlue. Les composants sont déjà intégrés aux machines. Les concurrents qui répondent aux exigences du Stage IV sans Fap vont devoir travailler à l'intégration de ce module supplémentaire sous le capot. Manifestement, le coût sera répercuté sur le produit.

Terre-net : Face aux énergies nouvelles, le moteur diesel a-t-il encore un avenir ?

Matthieu Turbe-Bion : Bien que certaines grandes villes veulent effectivement tuer le diesel, en ce qui concerne les engins agricoles, la technologie n'offre pas mieux en termes de densité de puissance que le moteur diesel. Il offre une taille compacte par rapport à la puissance qu'il délivre. En outre, la quantité de carburant à emmener pour avoir une autonomie suffisante est limitée, ce qui n'est pas le cas des autres énergies.

Cependant, des alternatives existent comme l'électrique, le méthane ou l'hydrogène. Le moteur diesel ne sera pas détrôné brutalement. Cela passera par l'introduction progressive d'autres systèmes et des initiatives comme l'hybridation ou le surcroît de puissance momentanée.


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