Naïo Technologies La reine du désherbage : « Libérée, désherbée, je ne binerai jamais assez ! »

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La robotique continue d'avancer grâce aux modèles conçus par Naïo Technologies. Oz, Ted, Dino... quelle que soit sa taille, l'engin a fait du désherbage mécanique son principal argument pour le moment pour pallier le manque de main d'œuvre et le retrait de nombreuses molécules herbicides. La marque monte en précision grâce au signal RTK et débarque en viticulture, maraîchage et grandes cultures. Seul bémol : l'autonomie des appareils. Avant de pouvoir travailler seuls dans les champs, la réglementation devra évoluer.

Robot Dino de Naïo TechnologiesLe robot Dino de Naïo Technologies se lance dans la prestation de services de désherbage : le Waas (Weeding As A Service). (©Naïo Techonologies) 

« Libéré, désherbé, je ne binerai jamais assez ! » Qui ne connait pas cet air musical bien connu ? Naïo l'a parodié pour en faire son entrée en matière et promouvoir sa gamme de robots de désherbage mécanique. Ted se charge de la stratégie de Grands Chais de France, Dino fait son nid en Amérique et Oz gagne en précision grâce au signal RTK.

La dernière version du robot baptisée Oz.3 s'équipe du signal GPS RTK. Les agriculteurs l'ayant testée sont unanimes, Oz change de dimension ! Matthieu Follet, exploitant dans les Landes, possède un Oz depuis deux ans et constate les améliorations, notamment le gain en termes de précision grâce à la correction RTK. Biner des haricots verts demande de la précision pour passer à 5 cm du rang. L'erreur n'est pas permise ! La prochaine étape du producteur ? Tester le binage des carottes à seulement 2 ou 3 cm du rang.

Du bonheur de le voir travailler tout seul

Autre avantage : en conditions difficiles, sol mou, pluies... l'engin fonctionne comme prévu ! Du coup, la qualité du travail est irréprochable lorsque les conditions météo sont bonnes. Même constat chez Alexis Leveque, gérant des Jardins de Purnaud depuis 2016. « Fini les piquets rouge et les mises en sécurité pour un brin d'herbe qui sort de la zone ! » Selon l'exploitant : « il a travaillé vraiment tout seul et autant dire que c'est du bonheur ! »

Là où l'ancien modèle se cantonnait au désherbage, la nouvelle version est dorénavant opérationnelle pour davantage de tâches. Par exemple, Matthieu l'a testée au binage et au semis des haricots, bluffé !

Des démonstrations virtuelles et des essais grandeur nature dans votre ferme

Pour ceux qui s'interrogent sur la technologie, le constructeur propose des démonstrations. Vu le contexte particulier, elles sont désormais virtuelles. Des groupes de 5 à 10 agriculteurs participent à chaque session live. 20 min de démonstration et 20 min de questions-réponses. Pour y participer, il suffit de s'inscrire sur le site de la marque. Si vous êtes convaincu, une démo réelle peut être organisée directement sur votre exploitation. Le fabricant met en place un essai d'un mois à tarif préférentiel.

En viticulture, Ted connait un bon millésime. Le groupe Grands Chais de France, fondé en 1979 par Joseph Helfrich, a investi dans un premier exemplaire. Son  travail dans les parcelles du domaine a rapidement débouché sur l'achat d'un second modèle pour gérer la prestation de service. Pour le président directeur général : « la robotique est une des solutions d'avenir. D'autant plus que la main d'œuvre est rare, particulièrement dans le secteur viticole. Sans oublier les enjeux environnementaux. »

Une alternative à la suppression des herbicides

L’impasse chimique et la suppression de certains herbicides explique l'intérêt de la robotique. Le robot opère dans des vignes de quatre à cinq ans et travaille sous le rang avec des lames bineuses et des doigts Kress. Dans ce domaine certifié en agriculture biologique, Ted est la seule solution de désherbage. « Je suis satisfait du travail, Ted va même chercher des mauvaises herbes là où nos interceps traditionnels ne vont pas d'habitude ! », explique Matthieu Grassin, responsable propriétés et vignobles.

L'autonomie du robot reste à travailler pour qu'un seul opérateur puisse contrôler plusieurs appareils. Question autonomie complète, la réglementation doit changer avant d'envisager d'aller plus loin. Cependant, le groupe est convaincu de l'intérêt de la méthode. 


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