Homologation tracteur Tracteurs à plus de 60 km/h : ça va décoiffer !

Jean-Luc Pérès Terre-net Média

Depuis le 1er janvier 2017, la nouvelle homologation européenne autorise les tracteurs et véhicules agricoles à rouler à plus de 40 km/h. Les exigences techniques de sécurité et de freinage sont renforcées avec, notamment, l’ABS obligatoire dès 60 km/h. Le code de la route français ne s’est pas encore adapté, mais les offres commerciales des constructeurs commencent à arriver.

Prochainement sur les routes des tracteurs et des remorques homologués grandes vitessesProchainement sur les routes, des tracteurs et des remorques homologués grandes vitesses. (©Terre-net Média ) 

L’entrée en vigueur, en janvier dernier, du règlement d’homologation routière européen 167/2013 s’accompagne d’un double changement : la possibilité de déplafonner la limite de vitesse de 40 km/h pour les tracteurs et l’élargissement de cette réglementation à tous les véhicules agricoles. Il existe différents seuils possibles : moins de 40, moins de 60 et plus de 60 km/h.

 

Quels changements pour les tracteurs agricoles ?

La nouvelle législation concerne presque tous les modèles : standard, étroits (vignerons et fruitiers), T3 de moins de 600 kg (tondeuses autoportées par exemple) et engins de montagne surbaissés.

Par contre, elle est optionnelle pour les tracteurs "spéciaux", larges et à chenilles, ou de type enjambeurs. Pour ces matériels, une homologation propre à chaque pays est toujours possible.

 

Les mêmes règles s’appliquent-elles aux remorques et aux autres machines agricoles ?

Les fabricants de remorques (de type R), semoirs tractés ou pulvérisateurs traînés (de type S) ont le choix entre l’homologation européenne ou pays par pays.

 

Et les moissonneuses-batteuses ou les ensileuses ?

Cette harmonisation européenne n’a pas encore été étendue aux engins de récolte automoteurs. Leur homologation reste gérée par chaque pays.

 

Quelles sont les exigences techniques supplémentaires ?

Les constructeurs travaillent sur différents points.

Pour les tracteurs :

  • la cabine ne doit pas comporter de parties saillantes pour le chauffeur et son passager ;
  • la signalétique des boutons de danger et de sécurité doit respecter des règles précises ;
  • quelle que soit la vitesse maximale d’homologation choisie, les capacités de freinage doivent être nettement supérieures et les PTAC adaptés ;
  • le freinage doit gagner en efficacité. Dès 60 km/h, l’ABS est obligatoire.

 

Pour les machines agricoles (remorques, round-ballers, pulvérisateurs traînés, cover- crops, etc.), il faut avancer sur :

  • réduire l’encastrement des véhicules et des piétons à l’arrière et latéralement ;
  • baisser le nombre de masses par essieu (11 au lieu de 13) et les PTAC pour diminuer la charge utile par rapport à la norme française ;
  • modifier les largeurs qui sont légèrement différentes par rapport à celles appliquées actuellement en France ;
  • installer un ABS (il est obligatoire dès 60 km/h).

Le grand changement cependant est l’obligation d’avoir un système de commande de freinage à circuit double. Or, en France, nous n’utilisons que des circuits hydrauliques simples pour les engins circulant à 40 km/h. Attention donc à la compatibilité entre un tracteur roulant à 60 km/h et une remorque homologuée pour 25 km/h, car c'est souvent une option.

 

Le Code de la route limite la vitesse à 40 km/h, sauf…

 

Le code de la route français limite les tracteurs  à 40 km/h avec, par dérogation au permis poids lourd, un permis B obligatoire (dispense de permis pour les tracteurs et les chauffeurs appartenant à une exploitation, ETA ou Cuma effectuant des travaux agricoles).

Il ne mentionne pas du tout la nouvelle législation, et n’inclut aucune condition particulière liées à ces évolutions. Par conséquent, il faut un permis poids lourds pour conduire un tracteur à plus de 40 km/h, avec ou sans outil porté. En revanche, pour les ensembles tracteurs-remorques, la limite reste 40 km/h. Mais encore faut-il qu’ils soient homologués pour rouler à cette vitesse. Ce qui n’est pas toujours le cas. Soyez vigilant, les dispositifs de freinage ne sont pas aussi réactifs à 25 et à 40 km/h, surtout si la remorque est pleine. L’énergie nécessaire pour freiner augmente de manière exponentielle!

Jean-Luc Pérès, expert en agroéquipement, formation et conseil en machinisme agricole

Jean-Luc Pérès travaille depuis plus de 20 ans dans le secteur de l'agroéquipement. Il dirige aujourd'hui une société de conseil et de formation en machinisme agricole dans le grand sud-ouest de la France.

Il apporte sa passion et son expertise directement auprès des agriculteurs et des OPA. Grâce à son réseau national, il développe son ancrage dans cette région. Ses diverses expériences de conseillers spécialisés en machinisme agricole, de mécanicien et commercial en concession et de spécialiste dans des organismes nationaux, lui ont permis d’acquérir et d'élargir ses compétences. (contact : jlperes@laposte.net)

 


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