Pulvérisation La stabilisation de la rampe, le point clé pour pulvériser avec précision

Antoine Humeau Terre-net Média

Avec l’allongement progressif des rampes et l’accélération de la vitesse de travail, la question de la stabilisation devient de plus en plus impérieuse. Les techniques de suspensions mécaniques combinées à des systèmes de correction grâce à des capteurs permettent de gagner en confort de travail et en précision.

Les suspensions de rampes, combinées à des mécanismes de correction électronique, permettent de limiter les effets provoqués par les reliefs, pentes et mouvements de l’appareil. Les suspensions de rampes, combinées à des mécanismes de correction électronique, permettent de limiter les effets provoqués par les reliefs, pentes et mouvements de l’appareil. (©Terre-net Média)

Êtes-vous plutôt pendulaire, pendulo-biellette ou axial ? Dans l’univers de la pulvérisation, il existe trois technologies dominantes pour suspendre les rampes. L’objectif visé est le même : stabiliser les mouvements pour maintenir la hauteur optimale de pulvérisation sur toute la largeur de travail. Il s’agit de limiter les effets mécaniques provoqués par les accélérations, décélérations, virages ou passages d’ornières.

Pendulaire : pour terrain plat

Avec la technologie pendulaire, la rampe est suspendue en un point haut. Elle est donc stable par gravité et reste toujours en position horizontale. Problème : elle n’accompagne pas le sol dans les devers. John Deere a fait le choix d’un système à double pendulaire : la rampe n’est pas fixée sur le point d’articulation mais à un niveau intermédiaire pour réduire les vibrations transmises du pulvérisateur à la rampe.

Axial : adapté aux terrains en pente

Pour le second système, pendulo-bielette, l’accroche est toujours sur un axe au-dessus de la rampe, mais la liaison est assurée par deux biellettes articulées, le plus souvent montées en trapèze, c’est-à-dire non parallèles. Cela permet de rééquilibrer la rampe lorsque le pulvérisateur penche. Ceci combiné à des vérins correcteurs.

Le 3e système, mis au point par Berthoud, est qualifié d’axial. Il combine en quelque sorte les deux systèmes précédents, avec un axe et un pendule. La rampe est attachée au châssis en son milieu et non à un point plus élevé. Contrairement aux autres solutions qui visent l’horizontalité, ici c’est le suivi de la pente qui est visé. La rampe suit l’inclinaison de la machine. « Ce système a été développé pour les plus grandes rampes, celles de 36 m, précise Jérôme Mestrude, chef de projet grandes cultures chez Berthoud. Une technique adaptée aux betteraviers ».

Dispositifs anti-fouettement

En réalité, les constructeurs complètent en général la suspension mécanique par des systèmes de correction électronique associés à des dispositifs amortisseurs. C’est ainsi que les capteurs à ultrasons, boules d’azote sur les vérins, plots amortisseurs élastomères en bouts de vérins et ressorts ont fait leur apparition sur les équipements. Cela permet d’opérer les corrections en temps réel et de gérer automatiquement la hauteur de la rampe.

Avec l’augmentation de la vitesse de travail, des effets de fouettement d’avant en arrière des bras de rampe sont provoqués lors des accélérations et décélérations du tracteur. Conséquence : des effets de surdosage ou sous-dosage sur certaines zones. Les dispositifs anti-fouettement agissent soit sur les deux demi-rampes à la fois, soit indépendamment. Le système SwingStop d’Amazone, par exemple, fonctionne grâce à des capteurs qui détectent les amorces de fouettement. Deux vérins hydrauliques poussent vers l’avant ou l’arrière pour corriger.  

Quant aux corrections de reliefs, les constructeurs ont mis au point des dispositifs de géométrie variable pour agir sur la position de chaque demi-rampe. Ainsi, dans une cuvette par exemple, une correction positive est opérée pour conserver une hauteur de travail optimale des buses. Sur une parcelle bombée, c’est l’inverse.

Révolution Horsch

La stabilité des rampes a fait un bond en avant il y a sept ans, grâce au système de contrôle des rampes mis au point par la firme allemande Horsch. Le dispositif a permis « d’accélérer la réactivité des systèmes de correction », observe Jean-Paul Daouze, ingénieur conseil en production végétale à la chambre d'agriculture de la Marne. « On est partis de zéro, raconte Matthieu Noroy, responsable produit pulvérisateurs chez Horsch France. On a pris une rampe, on l’a mise sur un point de pivot et au lieu de chercher à la stabiliser, on a choisi de la guider en permanence ». Des capteurs et gyroscopes collectent les informations, qui sont traitées et transmises au parallélogramme (pour faire monter et descendre la rampe), à deux vérins qui agissent sur le cadre central pour la correction de dévers et à deux vérins pour la géométrie variable (entre rampe gauche et droite).

Chez Amazone par exemple, la partie ressorts – amortisseurs a été retirée des modèles les plus haut-de-gamme pour la partie transversale, si bien que les capteurs restent en prise directe avec les vérins. Cela permet de gagner en réactivité. « Potentiellement, on peut atteindre une vitesse de travail jusqu’à 30 km/h », soutient Emmanuel Lévêque, chef de produit pulvérisateur chez Amazone France.

« Ne pas négliger les capteurs à l’achat »

Si tous les pulvérisateurs sont pourvus de suspensions de rampes, les capteurs qui permettent de piloter la hauteur de rampe, en revanche, sont souvent en option. « À l’achat, c’est vraiment un point qu’il ne faut pas négliger, met en garde Jean-Paul Daouze. Il faut absolument prendre ces options, sauf si votre vitesse de travail est trop élevée et que les capteurs ne peuvent pas être assez réactifs ». Autre point de vigilance pointé par l’ingénieur conseiller, « il faut un tracteur moderne, performant, évolué »

« Aujourd’hui les capteurs prennent un peu le pas, tous les gars qui renouvellent leur pulvérisateur chez nous prennent avec capteur, constate Emmanuel Lévêque, d’Amazone France. Les suspensions de rampes, finalement, sont de moins en moins importantes ! »

Le transport, danger n°1 pour les rampes

« Le danger pour les rampes en réalité ce n’est pas aux champs mais pendant le transport, où les secousses sont violentes », pointe l’expert indépendant Jean-Paul Daouze. Les suspensions de rampes sont un excellent protecteur des rampes durant le transport. Aujourd'hui, elles sont toutes portées sur un parallélogramme (solidaire du châssis du pulvé), lui aussi amorti. Cela permet d’encaisser les mouvements du pulvérisateur et d’éviter de les transmettre à la rampe. Chez Amazone, les bras se découplent du cadre durant le transport, ce qui évite la transmission des mouvements et des chocs.

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