Matériel de semis direct Une offre plutôt large pour un marché confidentiel

Terre-net Média

Le semis direct représente 2 % des ventes de semoirs chaque année. Plusieurs marques enrichissent ou adaptent leur gamme pour répondre à cette demande encore confidentielle. Une question d'opportunité ou une réelle conviction, les avis divergent.

Agriculture de conservation dans le MondeLa Fao définit l'agriculture de conservation comme une agriculture reposant sur une forte réduction, voire une suppression du travail du sol, une couverture permanente des sols et des successions culturales diversifiées.(©infographie Terre-net Média - Cartes et Images)

Le pourcentage d’agriculteurs français pratiquant le semis direct, sur un sol non travaillé recouvert de végétaux ou de résidus de culture, n’évolue pas beaucoup. Chaque année, entre 100 et 150 semoirs de type "semis direct" sont commercialisés en France sur un marché qui représente plus de 5.500 machines (soit environ 2 %).

Accompagner les agriculteurs dans leur démarche

Plusieurs constructeurs se positionnent pourtant sur ce segment de marché. Rappelez-vous en février 2013 au Sima : New Holland annonçait prendre en charge la distribution, sous ses couleurs, des semoirs Semeato en Europe. Des semoirs New Holland ? La marque italienne explique « inscrire l’agriculture de conservation au centre de sa stratégie "énergie propre" ». Le groupe met d'ailleurs actuellement en place un réseau de distribution spécialisé. « Le semis direct est une affaire de spécialistes, explique Michel Weber, en charge du marketing semis chez New Holland. Nous travaillerons en collaboration avec Alfred Gässler (ancien importateur des semoirs brésiliens en France et spécialiste de la technique, Ndlr). Il aura pour mission de former notre réseau et d’accompagner les agriculteurs dans leur démarche. » Aujourd’hui, les tarifs des machines sont établis et les premières livraisons sont prévues pour début 2014. Quid du développement produit ? La R&D Semeato planche sur une distribution pneumatique pour européaniser ses semoirs "made in Brasil".

devenir une référence du semis direct

A Villepinte toujours, Sky Agriculture (structure dédiée aux matériels de Tcs et de semis direct de Sulky Burel) a présenté les évolutions des semoirs Easydrill et Maxidrill. Certes, l'Easydrill existe depuis 1974 ; néanmoins, la gamme évolue, comme le montre l’intégration d’une double distribution. David Guy, directeur de la structure, sait bien que le semis direct reste aujourd’hui un marché de niche. Malgré cela, Sky Agriculture souhaite accompagner les agriculteurs dans le développement de cette pratique. David Guy prévoit d’organiser des conférences techniques avec des spécialistes et de cultiver des parcelles d’essais, afin de susciter la réflexion et de devenir une référence dans le domaine.

De nombreuses marques affichent donc à leur gamme des semoirs de type semis direct, généralement pour répondre aux besoins de renouvellement. Mais, les machines évoluent peu dans le temps. Certains sortent de nouveaux produits à dents, comme Amazone en 2009 avec le Cayena, ou Agrisem en 2011 avec son semoir Tri-O-Sem à socs Bourgault.

aucun doute sur l'essor du semis direct

Fin 2012, Väderstad a lancé en France sa nouvelle série 30, version européenne du semoir à dents canadien Seed Hawk. Au vu de l’intérêt agronomique et des enjeux économiques, Jean-Christophe Régnier, directeur de Väderstad France, n’a aucun doute quant à l’essor du semis direct en France qui « ne restera pas longtemps un marché de niche ». Tous les constructeurs ne partagent pas cet avis. « Nous ne sommes pas au Brésil ou au Canada, insiste Robert Dorsemagen, directeur de Horsch France et exploitant agricole. Nos conditions climatiques nous laissent le temps de préparer le sol. Mon objectif, en tant qu’agriculteur, est de sécuriser mon itinéraire technique et mon rendement. Face à la forte volatilité des prix agricoles, difficile de prendre le risque de rater ses semis pour gagner 20 €/ha en frais de mécanisation. Là où il y a de l’érosion, semer derrière des couverts peut s’avérer intéressant sur le plan agronomique. Dans les terres difficiles où les rendements ne dépassent pas 50 q/ha, pourquoi pas. Mais si le potentiel est plus élevé, 90-100 q/ha, ce n’est pas la peine. » C’est pourquoi, entre autres, les semoirs Sprinter NT ou Pronto NT ne seront pas adaptés pour la France de sitôt.

Associer commerce et conseils agronomiques

Pour Matthieu Archambeaud, spécialiste du semis direct pour la revue Tcs, le facteur clé de succès du développement de la technique est l’accompagnement des agriculteurs et leur travail en réseau. « Ce sont les travaux de groupe qui font avancer les réflexions », témoigne-t-il. Selon lui, les principaux freins au déploiement de cette pratique en France ne sont pas liés à nos conditions pédoclimatiques, mais davantage à notre culture et à l’encadrement technique de la profession agricole. L’heure n’est pas encore à la vulgarisation du semis direct. Certains constructeurs visent-ils juste alors ? Certainement, mais il faudra veiller à ce ne soit pas qu’un simple argument commercial car la machine ne fait pas tout.

 


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous