Retours d’expériences Gain de temps et charges réduites en semis direct

Terre-net Média

Les conseillers de la Chambre d’agriculture de l’Oise ont suivi trois agriculteurs travaillant en semis direct. Temps de travail, charges de mécanisation et structure des sols sont les trois facteurs les plus impactés, et de manière positive, par le changement de pratique.

Maïs en semis directLa couverture permanente des sols semble une composante indispensable à la pratique du semis direct. (©DR)

Le semis direct vient d’une remise en cause des pratiques agronomiques conventionnelles, simples et fiables certes, mais exigeantes en énergie et conduisant parfois à la dégradation de la fertilité des terres. Il se définit par une absence totale de travail du sol. Les caractéristiques physiques du sol, favorables au développement des cultures, sont obtenues par l’action du climat et l’activité biologique du sol et préservées par un couvert permanent.

Des conseillers de la Chambre d’agriculture de l’Oise ont analysé les expériences d’agriculteurs pratiquant le semis direct dans le département. « La motivation en Picardie n’est pas du même ordre que dans certaines régions des États-Unis ou du Brésil. Là-bas, le facteur d’érosion est en effet si prégnant qu’à défaut de technique adaptée, le sol s’en va et tout espoir de cultiver avec. »

En France, passer au semis direct relève plus de préoccupations économiques, en visant par exemple une réduction des charges de mécanisation. « Cela n’empêche pas d’apprécier d’autres bénéfices de la technique : économie d’énergie, impact positif sur la biodiversité et prévention de l’érosion. »

Situer les enjeux et les limites

La technique du couvert végétal permanent, originaire elle aussi du Brésil, qui paraît indissociable du semis direct, permet « de limiter et de mieux contrer les effets des tassements, d’entretenir une activité biologique plus intense, notamment celle des vers de terre, et éventuellement d’apporter un bonus en termes de nutrition azotée des cultures avec la valorisation des légumineuses ».

Les retours d’expériences témoignent également d’un gain de temps significatif dans la réalisation des chantiers. « Ce travail a aussi permis de situer les enjeux et les limites liés au développement du semis direct : aujourd'hui, le défaut d’adaptation aux cultures industrielles, telles que la betterave et la pomme de terre, semble être une contrainte non résolue. »

Télécharger l'analyse complète des trois systèmes en cliquant sur le lien.

Assurer l’implantation pour éviter les pertes à la levée

Un projet de recherche, mené par Arvalis-Institut du végétal en Midi-Pyrénées, a permis d’analyser les pratiques de 18 agriculteurs ayant adopté une technique très simplifiée d’implantation (Ttsi). « Le semis direct apparaît relativement intéressant en maïs, soja, colza et blés.  En effet, les performances de rendements se situent au même niveau que les moyennes régionales. »

La principale difficulté vient cependant du fait de ne pas enfouir les résidus de récolte, qui peut poser des problèmes de levée, notamment derrière un maïs ou un blé. « Un semoir lourd, équipé de chasse-débris avec disques ouvreurs et roulette de rappuyage, évite des semis trop irréguliers, tant en profondeur qu’au niveau de la répartition des graines sur la ligne, tout en dégageant les résidus de celle-ci. Une coupe haute, à 30 cm, permet aussi de diminuer la quantité de pailles à terre. »

Coûts de production : avantage du semis direct comparé aux autres techniques simplifiées

Au niveau des marges nettes, la comparaison des coûts de production complets sur 2009-2011 montre l’avantage du semis direct, mais aussi du labour, en rotation courte. Selon l’étude d’Arvalis-Institut du végétal réalisée auprès d’agriculteurs dans le sud-ouest, le semis direct en colza a permis d’abaisser les coûts de mécanisation, comparé aux autres techniques très simplifiées d’implantation (Ttsi).

En soja, la technique a joué favorablement sur les dépenses d’intrants. En blé tendre, elle contribue à maintenir le rendement. En pois comme en tournesol, par contre, les rendements moyens obtenus avec ces techniques, trop faibles compte tenu du prix de vente et du montant des aides Pac, n’ont pas réussi à couvrir les coûts de production.

 


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