Reportage au semis de blé En direct, sous couvert : « J'adapte aussi mon itinéraire au contexte »

Terre-net Média

Christophe Gueulle, agriculteur dans l'Oise, pratique le semis direct sous couvert depuis presque dix ans. Au moment de semer ses blés, les mauvais souvenirs de l'année dernière ont raison de certains préceptes. Ces quelques adaptations ne remettent pas en cause les bénéfices qu'il tire de cette technique pour son exploitation.

Son John Deere 6420 de 120 ch tracte le semoir de la même marque, un 750a, conçu pour le semis direct. Christophe Gueulle, agriculteur à Berneuil-en-Bray dans l’Oise, fait remarquer que ce petit tracteur fait toute la plaine, 160 ha de cultures.  « J’ai en aussi un de 140 ch pour le transport. » Nous sommes le 2 octobre. Nombreux sont ceux qui, comme notre agriculteur, ont déjà sorti le semoir, et ce malgré le discours des instituts techniques quant à la date optimale du 10-15 octobre. 2012 a laissé de trop mauvais souvenirs…

Des conditions favorables

Christophe Gueulle avoue en effet avoir déjà implanté la moitié de ses 70 ha de blé, « un peu tôt oui mais les conditions sont bonnes ». Pourtant, en semis direct depuis bientôt dix ans, ce ne sont pas les problèmes de structure ou de portance qui peuvent l’arrêter. « Je peux passer même quand il pleut mais la terre a alors tendance à coller aux disques semeurs, la raie de semis à se lisser… » La forte humidité l’avait incité à semer à seulement 0,5 cm de profondeur pour favoriser une levée rapide mais cela s’est soldé par de nombreuses pertes de pieds. Les résultats le prouvent : « 60-65 q/ha de rendement en blé sur le site de Berneuil, les moins bons du groupe ». Et ce, malgré des passages de rouleau pour tenter d’améliorer la situation. Un deuxième coup d’œil dans le rétro : cette année, il place les graines à 2,5-3 cm de la surface.

Destruction du couvert

Les couverts, ici un mélange de radis chinois, fourrager (4 kg) et de nyger (1 kg), n’ont pas eu le temps de prendre suffisamment de hauteur ni pour assurer un bon retour de biomasse au sol et enrichir le stock de matière organique, ni pour correctement concurrencer les adventices. La récolte tardive, surtout, a amputé leur temps de croissance. « L’année prochaine, je pense privilégier la moutarde. Ce n’est pas une espèce que j’affectionne particulièrement mais sa croissance rapide présente un intérêt certain en interculture courte. » Un passage de glyphosate avant le semis assure la destruction du couvert mais surtout des laiterons et de quelques ray-grass. « Le radis disparaîtrait sous l’effet du gel ou à défaut suite à un passage de rouleau Cambridge. »

assurer la tenue pendant l'hiver

Il sème Arezzo, une variété distribuée par sa coopérative, assez dru sur cette parcelle plutôt argileuse. « Je sécurise à 300 gr/m² pour assurer le passage de l’hiver car en plus de l’argile, les couverts ne sont pas homogènes et les fanes de pois, le précédent, ont tendance à se retrouver dans le sillon. » Sur l’autre partie de l’exploitation située à Haute-Epine, en terres de limons battants, Christophe Gueulle se contente de 180-200 gr/m².

Retrouvez également le témoignage de Christophe Gueulle dans le Terre-net Magazine n°28, p.35.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous