Déficit pluviométrique Selon Arvalis, l'état des nappes phréatiques n'est pas alarmant pour le moment

Claudine Galbrun Terre-net Média

Les cumuls de pluie enregistrés en septembre dans de nombreuses régions françaises, mis à part le pourtour méditerranéen, ont été suffisants pour recharger en eau les horizons superficiels du sol. Ce qui devrait permettre une implantation correcte des cultures d’automne, estime Jean-Charles Deswarte, d’Arvalis-Institut du végétal.

Plaine de blé« Les levées se font sans difficulté et la plante devient suffisamment autonome pour trouver l’humidité dont elle a besoin », explique Jean-Charles Deswarte d'Arvalis-Institut du végétal. (©Terre-net Média)

Les informations délivrées par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), et largement relayées, sur l’état des nappes phréatiques dont les niveaux seraient au plus bas, en cette fin d’automne, ne devraient pas alarmer, en tous cas pour l’instant, les agriculteurs. « Le constat dressé par le BRGM n’est qu’un constat d’étape par rapport à un stock d’eau profonde potentiellement disponible pour l’irrigation, indique Jean-Charles Deswarte, ingénieur au pôle écophysiologie d’Arvalis-Institut du végétal. Pour l’heure, celui-ci est relativement déconnecté des contraintes agricoles immédiates et ne dit rien de la quantité d’eau disponible dans les horizons de surface du sol et qui intéresse les plantes. »

« Ainsi, les cumuls d’eau enregistrés au mois de septembre dans beaucoup de régions permettent aux sols d’offrir une humidité résiduelle suffisante pour l’implantation des cultures d’automne, malgré le déficit de pluies en octobre », poursuit-il. Même si les situations pluviométriques ont été disparates d’une région à l’autre : le quart nord-est et le tiers nord de la France ayant reçu des cumuls de pluie proches ou même supérieurs à la moyenne tandis que les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes ne consignaient que 50 % des cumuls habituels.

Une sécheresse "intéressante"

« Les levées se font donc sans difficulté et la plante devient suffisamment autonome pour trouver l’humidité dont elle a besoin. De plus, nous sommes dans une période où il n’y a pas, pour les plantes, une forte demande climatique. Cette relative sécheresse pourrait même s’avérer intéressante sur un plan environnemental car les phénomènes de drainage sont forcément limités ce qui est donc favorable à la constitution d’un reliquat en azote. »

Outre le cas particulier du pourtour méditerranéen qui souffre d’un réel déficit, des situations délicates pourraient apparaître ici ou là lorsque des cultures d’automne ont été implantées tardivement après des cultures d’été ou lorsqu’un couvert a été laissé en place en septembre, consommant ainsi une partie de l’eau tombée au cours de ce mois. « Ce devrait être des situations rares. Néanmoins, il faut rester vigilant, surveiller la recharge en eau du sol, notamment dans les sols profonds. Si l’hiver se montrait sec comme en 2017, certaines pratiques seraient à adapter, telles que les perspectives d’irrigation ou la stratégie de fractionnement de la fertilisation azotée. » 


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