[Vidéo] Cultures associées L. Joiris allie pois et féverole d'hiver pour limiter le recours aux phytos

Terre-net Média

Engagé en agriculture de conservation des sols, Ludovic Joiris teste, depuis deux ans, les cultures associées. Parmi les bénéfices observés : réduction des phytos et récolte facilitée.

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Installé depuis 1999, Ludovic Joiris a suivi le mouvement initié par son père avec un arrêt progressif du travail du sol dès 1992. En 2003, il passe l'exploitation en ACS. Depuis deux ans, l'agriculteur teste les associations de culture avec « des essais l'année dernière de pois fourrager de printemps associé avec des féveroles ou de l'avoine, ou bien de l'orge de printemps », présente l'agriculteur. Cette année, il s'est recentré sur une association pois et féverole d'hiver, « plus facile à désherber ».

Pour la mise en place, les cultures sont semées un rang sur deux : « un rang de pois (60 kg/ha) et un rang de féverole (25 grains/m²) grâce à un semoir double trémie », explique Ludovic Joiris. À floraison, « les pois passent largement au dessus des féveroles [...], ces dernières ne semblent donc pas les pénaliser ». L'agriculteur utilise des semences de ferme pour les féveroles et des semences certifiées pour les pois. Au niveau de l'itinéraire technique, il n'a rien eu à modifier. « C'est notamment l'intérêt de la féverole », commente l'agriculteur.

Réduction des phytos et récolte facilitée

L'un des gros intérêts de cette pratique : « une facilité de récolte très intéressante ». « La féverole joue, en effet, le rôle de tuteur pour le pois ». Associer pois et féverole favorise aussi l'étouffement des adventices : « il est bien plus important que des pois seuls ou des féveroles seules », observe l'agriculteur. Vis-à-vis des insectes et des maladies, les cultures se montrent aussi assez rustiques, malgré le fait « que ces deux plantes soient sensibles à la bruche » par exemple. La pratique des cultures associées lui permet de diviser par deux les insecticides et les fongicides : « je suis parti sur un insecticide et un fongicide au lieu de deux de chaque ».

Quelques points d'attention à noter toutefois : « la gestion de maturité de récolte. L'année dernière, cela avait été limite pour les pois et féveroles de printemps », ajoute l'agriculteur. Il estime cela moins embêtant pour les pois et féveroles d'hiver. Après récolte, toutes les graines doivent « être passées au séparateur ». « Cela ne passe pas trop mal, observe-t-il. Pour celles qui restent mal triées, je peux les valoriser en couverts l'année suivante. [...] L'idéal serait d'investir dans un séparateur rotatif ». Côté commercialisation, les acheteurs semblent assez ouverts à ces techniques. « Nous sommes en phase de test pour le moment, mais ça pourrait les intéresser. »

Convaincu par les cultures associées, Ludovic Joiris pense, à l'avenir, implanter toute sa sole de légumineuses de cette manière et envisage d'essayer les associations blé/féverole et avoine/pois.

Dans le cadre du projet Phytosol, financé par l'AFB (Agence Française Biodiversité), l'Apad (Association pour la promotion de l'agriculture durable) a réalisé plusieurs vidéos témoignages d'agriculteurs, comme sur celle-ci,  sur les leviers à activer pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires en ACS.

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