L'actu de Terres Inovia Altises d'hiver : les bons réflexes au bon endroit, au bon moment

Terre-net Média

Les captures d'altises d'hiver cette semaine, notamment dans le centre et l'ouest de la France, font suite à des piégeages déjà enregistrés lors des 10-15 jours précédents. Selon Terres Inovia, des vols plus importants pourraient survenir dans les prochains jours. Depuis un mois, les pluies très inégales selon les régions et les semis échelonnés ont conduit à des situations très variées d’état du colza.

Cette semaine, sur les 160 parcelles observées en Poitou-CharentesLimousinPays-de-la-LoireCentre-Val-de-LoireIle-de-France et Normandie, environ 70 % d'entre elles ont piégé des altises d'hiver. Les captures étaient plus fréquentes et abondantes dans le nord de la zone.

65 à 70 % des parcelles visitées étaient exposées au risque de morsures compromettantes (stade < B4). Les régions du Centre, Poitou-Charentes sont en tendance plus en avance, en termes de stade.

Altises adultes : quel est le risque encouru pour la culture ?

De la levée à 3 feuilles, les altises d'hiver perforent les jeunes plantules et peuvent provoquer ou accentuer le retard de développement de la culture voire la disparition de plantules

La nuisibilité augmente d’autant plus que le rapport de force « vigueur du colza / prélèvements foliaires » est défavorable à la culture. Le seuil de dommage réel est souvent atteint à partir de 25 % de défoliation des cotylédons et premières feuilles. Plus les dégâts s’accumulent brutalement et tôt (sur cotylédon notamment), ou plus la surface foliaire produite par le colza préalablement est faible, plus l’impact des morsures est fort.

Les situations agronomiques créant une vigueur faible au démarrage sont à surveiller de près : sol motteux, caillouteux, précédent blé ou orge de printemps, lit de semences pailleux, variétés peu vigoureuses au démarrage (ex : Es Mambo, DK Exception, DK Exlevel, KWS Granos, Blackmillion, Blackbuzz, DK Expacito)

Dégâts de grosses altises sur colza(©Terres Inovia)

NB : Tout autre ravageur « défoliateur » du colza (limaces, tenthrède, teigne…) repéré en colza aggrave potentiellement la menace altise car il contribue à une perte de vigueur des plantes.

L’observation est la base du raisonnement

Les captures dans les cuvettes jaunes -position enterrée- servent à détecter l’arrivée puis l’activité (nocturne) des altises d’hiver. Les pièges jaunes ne sont pas un outil de décision de traitement. C’est l’observation très régulière, à la parcelle, de l’état du colza entre les stades cotylédons et 3 feuilles qui guide le raisonnement.

Observer au crépuscule, idéalement dans les 2 heures qui suivent la tombée de la nuit pour apprécier très régulièrement l’évolution de la pression.

En cas de besoin, les traitements se réalisent sur un colza n’ayant pas atteint le stade 3 feuilles étalées. Au-delà, le colza supporte généralement les morsures d’altises. Cette année encore, il faudra tenir compte de l'hétérogénéité des stades au sein d'une même parcelle. La vigueur des plantes, inhérente aux conditions de milieu, nécessite d’être bien jaugée car elle est très variable selon les parcelles.

Seuil indicatif de risque : 8 pieds sur 10 avec présence de morsures avec 25 % de la surface végétative détruite.

Plus que le seuil, la vitesse d’accumulation des dégâts et la vitesse de croissance de la culture sont les critères à prendre en considération, quasiment au jour le jour pour mesurer au mieux le rapport de force. Seul un suivi quotidien permet de bien discerner les morsures anciennes et récentes (voir photo ci-dessous).

Morsures d'altises d'hiver sur colzaMorsures d'altises d'hiver sur colza (©Terres Inovia)

Surtout pas d’affolement, éviter les traitements inconsidérés !

Dans un contexte de résistance des altises d’hiver aux pyréthrinoïdes, la lutte insecticide contre les altises ne doit s’envisager que :  

  • si la survie de la culture est incontestablement menacée, du stade cotylédons jusqu’à 3 feuilles étalées du colza ;
  • à partir d’un raisonnement à la parcelle (observation minutieuse de l’évolution des dégâts) ;
  • si les insectes sont suffisamment actifs et nombreux (rappel : insecte à activité nocturne) ;
  • si la culture pousse moins vite qu’elle n’est dévorée ;
  • en respectant les précautions et règles d’usage des insecticides (volume d’eau…).

Intégrer Boravi WG dans un programme de lutte, si besoin uniquement !

Comme en 2020, Boravi WG reste la seule alternative insecticide pour lutter contre les altises d’hiver résistantes aux pyréthrinoïdes.

  • En situation de résistance S-KDR (résistance forte), seul ce produit est efficace sur altise d’hiver.
  • Pour toutes les autres situations (résistance KDR généralisée), même si les pyréthrinoïdes conservent une certaine efficacité, Boravi WG permet de limiter la pression de sélection et retarder l’apparition de résistance S-KDR. Le produit présente une efficacité régulière sur altises adultes à la dose de 1 kg/ha. Boravi WG est à raisonner dans un programme alternant Boravi WG/ pyréthrinoïdes en tenant compte des différents risques successifs durant l’automne (altises, CBT, larves altises).
  • Viser une seule intervention max sur altises adultes (veiller pour cela au respect des conditions d’usage).
> Le conseil de Terres Inovia est donc le suivant :
Si et seulement si la survie du colza est en jeu, utiliser Boravi WG 1.0 kg/ha à incorporer dans une eau acide (pH = 5.5), 2 applications max/an. Attention, produit non mélangeable avec toute autre substance active.

Points d’attention 

  • Tout insecticide appliqué au moment du pic d’activité des grosses altises adultes ne saurait garantir une efficacité suffisante pour lutter contre les infestations larvaires ultérieures.  Les traitements « d’assurance » ou « de nettoyage » sont à proscrire. Il est plus efficace de lutter directement contre les larves.
  • L’altise d’hiver adulte est active surtout dans les premières heures qui suivent la tombée de la nuit. C’est pourquoi l’ application en soirée, idéalement à l’obscurité, est à privilégier avec un volume de bouillie d’au moins 150 à 200 l/ha.


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