[Betteraves] Programme Aker Une diversité variétale élargie pour répondre aux défis de demain

Terre-net Média

Alors que le contexte de la filière betterave-sucre est actuellement tendu, le colloque scientifique international, clôturant le 18 septembre dernier le programme d'investissements d'avenir Aker - Betteraves 2020 « L'innovation compétitive », a rendu un bilan très positif au terme de 8 années de travaux menés par 11 partenaires et une centaine de collaborateurs. Des variétés de betteraves plus performantes, issues de ce programme de recherche, pourraient être disponibles dès les semis 2025.

Champ de betteraves sucrières« Les perspectives d'Aker sont d’une richesse inédite », selon Christian Huyghe, chef de projet du programme.(©Terre-net Média) Lancé en 2012, le programme Aker avait pour objectif de créer « un changement de paradigme dans le domaine de la recherche et de la sélection betteravière, à savoir faire de la prédiction (génotypage avant phénotypage) et gérer la variabilité en allant rechercher de la diversité dans les ressources génétiques disponibles à travers le monde », rappellent les 11 partenaires du programme (5 unités de l'Inrae, Geves, Université d'Angers, Université de Lille, Agrocampus Ouest, Institut technique de la betterave et Florimond Desprez) dans un communiqué commun.

Des variétés « plus performantes » dès les semis 2025

Au terme de huit années de recherche, « les perspectives d'Aker sont d’une richesse inédite. En termes de progrès génétique, l’élargissement très significatif de la diversité permet d’envisager un progrès important pour les caractères agronomiques majeurs, et cela pour plusieurs décennies », indique Christian Huyghe, directeur scientifique agriculture Inrae et chef de projet du programme. Parmi les résultats obtenus : « une teneur en sucre de la betterave plus élevée, un rendement racine allant jusqu'à 112 % des témoins et une meilleure résistance aux maladies notamment la cercosporiose », précisent les différents partenaires.

À court terme, les sélectionneurs sont en mesure de « détecter un groupe d’hybrides aux performances confirmées qui pourraient être déposés à l’inscription au CTPS (Comité technique permanent de la sélection) en 2022. Il faudra encore compter à partir de là deux ans d’inscription et une année de recommandation, soit trois ans avant leur commercialisation ». À moyen et long termes, Aker va permettre de « produire des variétés ultraperformantes en introduisant des fragments intéressants du génome des plantes de référence dans des variétés existantes et ce, dans un pas de temps de 7 ans au lieu de 12 ans auparavant.  »

« Des outils pour répondre aux futurs défis de la culture de la betterave »

« Les chercheurs du programme Aker, de toutes disciplines, ont mis au point des outils de phénotypage (évaluation des caractères) à tous les stades de la culture de la betterave, de la semence à la récolte. Ces outils ont été utilisés pour les besoins du programme, à savoir tester les 3 200 hybrides produits, mais ils auront des applications bien au-delà en routine pour la R&D et tous les acteurs de la filière ». Ils vont ainsi contribuer à répondre aux futurs défis de la culture de la betterave : « adaptation aux semis précoces dans des conditions froides pour allonger la durée de végétation, adaptation au stress hydrique estival de plus en plus fréquent… tout en accompagnant le développement de variétés moins dépendantes des produits phytopharmaceutiques (herbicides, fongicides) et moins gourmandes en azote ».


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