[Céréales à paille] Carence en manganèse La vigilance est de mise pour intervenir efficacement

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La carence en manganèse est de plus en plus fréquente chez les céréales à paille. Pour limiter son impact, il convient d'être vigilant et de réaliser un apport foliaire dès l'apparition des premiers symptômes.

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La carence en manganèse est de plus en plus fréquente, notamment dans l'ouest de la France, note Éric Masson, ingénieur régional Arvalis-Institut du végétal Bretagne. Elle peut se déclarer « dès le stade 3 feuilles dans les cas graves », mais apparaît généralement en « début de montaison (fin tallage à 2 nœuds) ».« L'orge exprime la plus forte sensibilité, bien que toutes les céréales soient concernées », poursuit Éric Masson. Cette carence « peut conduire à la disparition des plantes ». Une observation précise des symptômes est donc importante. 

Comment reconnaître une carence en manganèse ?

Les plantes atteintes sont réparties en foyers irréguliers vert pâle. « Parfois des bandes plus vertes apparaissent au sein du foyer », correspondant aux zones tassées (tournières, passages de roues). « Autre symptôme caractéristique : les vieilles feuilles desséchées ». Sur les feuilles jeunes et intermédiaires, « des dessèchements blancs à beiges alignés entre les nervures peuvent s’observer, surtout sur la courbure de la feuille ».

Pour confirmer le diagnostic, l'institut technique recommande une analyse de plantes. «  Il faut alors prélever environ 20 plantes atteintes, les laisser quelques jours à sécher dans un local chauffé pour éviter que l’échantillon ne moisisse, puis les envoyer au laboratoire. Le coût est d’environ 15 € (analyse plante/oligo). L’interprétation des résultats est plus facile si les teneurs en manganèse sont comparées entre plantes saines et atteintes »

Parmi les situations à risque reconnues :

  • « Les sols très aérés, soufflés où le contact racines-sols est mauvais ;
  • les sols riches en matières organiques (plus de 4 %) ou ayant reçu des apports organiques (composts, fumiers) massifs ;
  • les sols acides dont le pH a été trop augmenté par un chaulage (pH supérieur à 7.0) ;
  • les conditions automnales et hivernales peu pluvieuses favorisant une implantation en sol soufflé et le maintien de cet état pendant l'hiver. »

« Intervenir rapidement dès que les symptômes sont identifiés »

« Les applications de manganèse sont efficaces si on intervient rapidement dès l'apparition des symptômes, mais pas avant afin d'éviter l'oxydation du manganèse », poursuit Éric Masson. « Tous les produits sont équivalents, à condition d'appliquer une dose de 500 g/ha de manganèse minimum par passage. Un seul passage ne suffit généralement pas et il faut intervenir une seconde voire une troisième fois (dans les cas les plus graves), trois semaines après le premier apport ».


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