Destruction des couverts végétaux À chacun sa technique !

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La destruction des couverts végétaux s'envisage en entrée ou sortie d'hiver selon les situations agronomiques. Il existe différentes méthodes pour y parvenir : broyage, destruction chimique ou mécanique, enfouissement par le labour, etc. Laquelle choisir ?

L es conditions climatiques sèches de l'année ont entraîné des conséquences importantes pour les grandes cultures, mais aussi pour les couverts végétaux  : retard de semis, problèmes de levées... Pour ceux qui ont eu la chance de réussir, Arvalis-Institut du végétal préconise de « détruire les couverts en entrée ou sortie d'hiver selon les situations agronomiques ».

Première chose à déterminer : la date d'intervention. Trouver le « compromis entre laisser le temps au couvert de jouer pleinement son rôle (piégeage de nitrates, fixation d’azote par les légumineuses, protection du sol) et éviter un effet dépressif sur la culture suivante (en préservant la disponibilité en eau et en azote sans gêner son implantation) », ajoute l'institut technique. Cette date va dépendre de la culture suivante, des espèces présentes dans le couvert et du type de sol.

Date conseillée de destruction des couverts, en fonction du sol et de la culture suivante Dates conseillées de destruction des couverts, en fonction du sol et de la culture suivante (©Arvalis-Institut du végétal) En excluant les contraintes liées au travail profond en sols argileux, l'institut estime qu'il faut « intervenir juste avant le semis d’une céréale d’hiver, ou environ deux mois avant l’implantation d’une culture de printemps ». Ensuite vient le choix du type de destruction. En fonction des espèces du couvert, certaines méthodes seront plus adaptées que d'autres.

Le broyage : une technique assez fréquente

Simple à réaliser, le broyage permet « de réduire le volume de végétation et laisser 100 % des résidus en surface pour une bonne protection du sol », ajoute l'institut technique. Il va faciliter ensuite le travail du sol. Toutefois, il est « déconseillé de broyer des couverts de graminées, ces dernières étant capables de repousser après une coupe ».

Sur son compte Facebook, Thierry agriculteur d'aujourd'hui présente, en vidéo, le broyage de ses engrais verts, réalisé mi-novembre afin de « limiter leur développement ». L'agriculteur youtuber compte ensuite attendre l'action du gel, avant de passer avec un outil de déchaumage.

Un seul passage nécessaire avec la charrue ?

Le labour permet de « profiter du retournement du sol pour détruire le couvert sans passage supplémentaire ». Cependant, cette méthode n'est pas toujours possible en fonction des espèces du couvert (radis, navette...) ou de sa hauteur. Il faut alors envisager de le broyer ou le coucher avant le labour.

Exemple avec Alex, agriculteur de la Vienne : sur sa chaîne YouTube, il explique qu'il a dû broyer son couvert (vesce, moutarde, radis et trèfle) au 15 novembre, avant d'envisager un labour et le semis de pois d'hiver.

Pas de conséquences sur la structure du sol avec le glyphosate

Facile à mettre en œuvre, le glyphosate est une solution aussi très utilisée. « Il présente de gros débits de chantier et l'intervention n'affecte pas la structure du sol », selon Arvalis. De plus, cet herbicide est efficace sur de nombreuses espèces, notamment les graminées.

Comme le rappelle l'institut technique, l'avenir de l'utilisation du glyphosate en France fait toutefois face à de nombreuses incertitudes. En cas de retrait, il faudrait alors choisir « des espèces de couvert faciles à détruire mécaniquement ou par le gel. Les couverts de graminées semblent cependant moins adaptés à ces techniques que d’autres, comme la moutarde ou la phacélie ». Autre point d'attention : la gestion des adventices dans le cas où le couvert ne joue plus son « pouvoir de compétition ».

Passer avec un outil de déchaumage

Le passage d'un outil de déchaumage permet de « détruire le couvert tout en préparant le lit de semences de la culture suivante ». Une solution à la fois efficace et économique ! « Même s’il est légèrement grossier, le travail effectué va s’affiner au cours de l’hiver sous l’action du climat. Il va également permettre d’avoir des terres qui ressuient plus rapidement au printemps », ajoute l'institut technique.

Dans ce cas, il vaut mieux intervenir à l'automne ou bien en hiver sur sol gelé. Et parfois, un passage de broyeur peut être nécessaire pour éviter les phénomènes de bourrage, surtout lorsque les couverts sont fortement développés.

Laisser le gel faire son travail

C'est la « solution idéale » selon Arvalis. « Cependant, l'apparition du gel à des températures suffisamment basses est aléatoire et parfois tardive par rapport aux objectifs de date de destruction ». Cette méthode conviendra mieux dans des régions au climat continental (nord-est de la France) ou dans les secteurs de montagne.

Cela demande aussi une vigilance particulière au niveau du salissement de la parcelle. « De nombreuses adventices ou repousses de blé sont assez peu gélives. Les couverts très gélifs vont disparaître dès les premières gelées blanches et stopper la concurrence sur les adventices, laissant ainsi la parcelle reverdir pendant l’hiver ».

Profiter des sols gelés pour rouler

Avec l'arrivée du gel, le roulage des couverts peut également être envisagé : « les blessures provoquées par le rouleau amplifient les effets du gel sur les plantes ». Avec cette technique, le sol reste couvert (avec les résidus) pendant l'hiver. Comme la méthode précédente, cela est surtout efficace avec les espèces gélives. Les graminées adventices ou les repousses de blé n'y sont que peu sensibles.

Il faut aussi intervenir « les matinées ou les nuits où il va geler ». Avec le risque d'une apparition tardive du gel, cette technique n'est pas préconisée pour des cultures de printemps précoces.

Le pâturage des couverts par les animaux

Une technique qui se développe particulièrement pour les ovins. Les couverts sont semés tout de suite après la moisson et peuvent être pâturés deux mois plus tard. « Sous réserve d'avoir des espèces adaptées au pâturage des animaux, la qualité des couverts végétaux couvre leurs besoins, sans apport de concentré ni de fourrage », explique l'Idele.

D'autres méthodes de destruction des couverts végétaux existent, notamment avec des outils spécifiques comme le Glyphomulch. Et vous, quelle(s) solution(s) utilisez-vous ? N'hésitez pas à laisser vos commentaires en dessous de l'article.

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