Technique de semis Graine à graine pour un soja qui tienne

Yoann Frontout Terre-net Média

Le semoir monograine, couramment utilisé en maïs, tournesol ou colza, semble aussi intéressant en soja, une légumineuse plus exotique, cultivée depuis moins de 40 ans en France mais en plein essor actuellement.

Soja Des avantages techniques aux bénéfices économiques, il semble judicieux de semer graine à graine cet oléagineux ayant le vent en poupe. (©Terre-net Média)

C’est en mai, dans un sol réchauffé, que débutent les semis de soja. Si certains agriculteurs emploient le semoir à céréales, d’autres lui préfèrent celui de précision. « De précision », « monograine » ou « à maïs » : trois termes désignant la même machine agricole. Sa technique : déposer une à une les graines dans un sillon régulier. L’intérêt dans le cas du soja est double. Premièrement, toutes les graines sont enfouies à la même profondeur. « La levée est ainsi régulière et homogène : l’ensemble de la parcelle atteint le même stade au même moment, explique Jean Raimbault, ingénieur développement chez Terres Inovia. L’agriculteur peut alors désherber au stade où c’est le plus facile. »

Deuxièmement, enfoncer une seule graine dans le sol améliore le contact terre-graine. La culture du soja nécessite une inoculation, c’est-à-dire l’introduction d’une bactérie avec la graine, qui fournira de l’azote à la plante par symbiose. Or, un bon contact terre-graine favorise la nodulation, c’est-à-dire la formation des colonies de bactéries sur les racines. Une profondeur régulière est aussi importante pour l’inoculation. « Des graines semées peu profond en zone sèche risquent de ne germer qu’à l’arrivée d’une pluie, alors que l’inoculum ne sera plus viable », précise l’ingénieur.

Autre particularité des semoirs à maïs : l’écartement plus large entre les rangs. Pour le soja, on conseille généralement 50 à 80 cm. Un avantage pour la gestion des adventices, puisque le binage peut être associé à la herse étrille. Le débit de chantier est également mieux adapté. « Pour un semis de qualité, il faut maîtriser la vitesse : 4 à 6 km/h en moyenne pour le soja », rappelle Jean Raimbault.

Semoir monograine et soja : une pratique généralisée ?

Selon une enquête sur les pratiques culturales en soja, menée par Terres Inovia en 2016, trois quarts des agriculteurs du sud de la France emploient un semoir de précision tandis que dans le nord, seulement un quart utilisent ce genre d’outil. Une disparité géographique très marquée.

Une autre étude de Terres Inovia, comparant la rentabilité économique des deux types de semoirs, apporte un élément d’explication. Dans le sud-ouest, les meilleures performances économiques sont obtenues avec un semoir monograine et un objectif de densité de 45 000 pieds/ha. Mais le constat est identique dans le centre-ouest : le semoir monograine arrive en tête pour une densité visée de 25 000 à 35 000 pieds/ ha. Même à 75 000 pieds/ha, le semoir à céréales est moins performant en termes de rendement et de coût d’achats de semences.

Si le semoir monograine s’impose dans les deux cas comme le meilleur outil, la vraie raison doit être ailleurs. Simplement, dans le sud, les agriculteurs sont généralement déjà équipés de semoirs de précision pour le maïs et le tournesol, ce qui profite au soja.

Pour accéder au livre blanc consacré au semis de précision, cliquez ici.
Au sommaire :
  • Des économies de semences grâce au semis de précision des céréales à paille
  • Les plus du semoir monograine pour le colza
  • Profondeur régulière et désherbage facilité pour la féverole
  • Graine à graine pour un soja qui tienne
  • L’usage d’un semoir monograine est indispensable pour le tournesol
  • La betterave, une culture exigeant un semis de précision
  • Le semis graine à graine du maïs, précis et régulier

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