[Témoignage d'agri] Lutte biologique Implanter des haies pour favoriser la biodiversité fonctionnelle

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Dans une logique d'accueil de la biodiversité fonctionnelle sur son exploitation, Marc Lefevre a revu, depuis une dizaine d'années, l'aménagement de ses parcelles avec notamment l'implantation de haies. Il revient, en vidéo, sur les raisons de son choix et les critères à prendre en compte.

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Agriculteur à Guines dans le Pas-de-Calais, Marc Lefevre est engagé en agriculture de conservation des sols depuis plus d'une dizaine d'années. Soucieux d'améliorer « l'accueil de la biodiversité fonctionnelle », il commence à implanter des haies en 2009 dans le cadre d'un projet avec le Parc naturel régional (PNR) des Caps de Marais d'Opale. L'exploitation comprend aujourd'hui « environ 10 km d'alignement d'arbres et 6-7 km de haies intra ou extra-parcellaires », précise l'agriculteur.

L'objectif : «  construire un système le plus résilient possible et réduire, à terme, l'utilisation des produits phytosanitaires ». Grâce à ces aménagements, Marc Lefevre observe une « biodiversité accrue ». Même s'il n'a pas encore eu la possibilité de réduire les insecticides, il constate toutefois que les haies représentent de bons protecteurs des cultures « vis-à-vis du vent et du froid ». D'après l'Apad, elles offrent d'autres services écosystémiques comme « la limitation de l'érosion, le blocage d'éléments nutritifs ou polluants et une contribution à l'augmentation du taux de matière organique des sols... »

Les haies, un appui aussi la communication ? Selon Marc Lefevre, les aménagements parcellaires comme les haies « accrochent le regard ». C'est un moyen « d'expliquer au grand public ce que l'on fait, pourquoi on le fait et ce que l'on espère ».

Quels sont les points de vigilance  ?

Lors d'un projet d'implantation de haies, il est important de « prendre en compte les caractéristiques techniques de l'exploitation comme la largeur des  machines ou la rotation », souligne Marc Lefevre. Attention aussi au paysage et à l'organisation des continuités écologiques (rivières, haies, bosquet...). Avant l'implantation des haies, il convient également de « bien définir les objectifs de l'aménagement : biodiversité, protection des cultures, valorisation, etc », précise l'Apad. Dans son cas, Marc Lefevre ne recherche pas de « valorisation immédiate ». Il prévoit de les utiliser, à l'avenir, en bois raméal fragmenté (BRF) pour protéger d'autres plantations ou pour épandre dans les champs ».

Concernant le choix des essences, l'agriculteur du Pas-de-Calais a été accompagné par les experts du PNR des Caps de Marais d'Opale. « Il faut connaître ce qui pousse dans les parcelles voisines, les espèces locales et aussi les plus attractives pour les ravageurs, afin de permettre une arrivée rapide des auxiliaires de cultures. », précise-t-il. Question financement, l'agriculteur a reçu entre 75 et 80 % d'aides de la part des collectivités territoriales (PNR et région) soit à la plantation, soit à l'achat des plants. À noter aussi : les haies sont comptabilisées comme surface d'intérêt écologique dans le cadre des aides Pac.

Autre critère à prendre en considération dans la construction de son projet : « l' entretien des haies ». Pour les premières années, Marc Lefevre estime le besoin « d'un ETP pendant un mois complet sur l'exploitation pour gérer la surveillance, la remise en état des protections et l'enherbement (gaillets, chardons...). [...] Ce n'est pas anodin ! », souligne-t-il.

Dans le cadre du projet Phytosol, financé par l'AFB (Agence Française Biodiversité), l'Apad (Association pour la promotion de l'agriculture durable) a réalisé plusieurs vidéos témoignages d'agriculteurs, comme celle-ci,  sur les leviers à activer pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires en ACS.

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