; Pas de bonne analyse sans prélèvement rigoureux

L'actu d'Arvalis Le prélèvement de la terre, par là où tout commence

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L’analyse de terre est un outil indispensable pour raisonner la fertilisation des cultures. Mais pas de bonne analyse sans prélèvement rigoureux ! (Article publié initialement le 27/07/2022 à 8h02)

Tarrière Il est impératif de conserver la même époque de prélèvement entre analyses successives. (©Arvalis-Institut du végétal)

L’analyse de terre permet d’établir un diagnostic sur la fertilité chimique d’un sol, indispensable au raisonnement de la fertilisation des cultures, qu’il s’agisse d’engrais minéraux, de produits organiques ou d’amendements basiques.

Le diagnostic établi par l’analyse est aussi la seule façon de connaître l’impact des pratiques culturales sur l’évolution de la biodisponibilité des éléments minéraux.

Dans un proche avenir, l’intégration d’indicateurs biologiques permettra d’étendre le diagnostic à la composante fertilité biologique du sol.

Pas de bonne analyse sans prélèvement rigoureux

Les laboratoires d’analyse ne réalisent les différentes déterminations que sur quelques grammes de terre qui doivent être représentatifs de plusieurs milliers de tonnes !

Le saviez-vous ? La masse sèche de la terre de la couche travaillée sur 20-25 cm représente de 2 000 à 4 000 tonnes par hectare selon sa pierrosité. C’est dire l’importance de la première étape qu’est le prélèvement de terre. 

Une mesure au laboratoire doit être réalisée sur un échantillon issu du mélange d’un nombre suffisant de carottages élémentaires afin d’assurer une représentativité de l'échantillon par rapport à la zone prélevée.

Au champ, le mélange des prélèvements élémentaires doit être sous-échantillonné pour envoyer au laboratoire un échantillon d’environ 300 à 500 grammes selon le menu demandé, en éliminant les cailloux supérieurs à 2 cm.

Il est conseillé de réaliser une analyse de terre pour 5 à 10 ha selon la variabilité des sols. Le repérage par GPS permet de garantir le retour sur la zone de référence choisie.

Réaliser des prélèvements au même endroit, à la même profondeur et à la même période

L’analyse de terre a deux objectifs :
1/ comparer les teneurs analysées à des seuils pour les interpréter,
2/ suivre leur évolution dans le temps pour déceler une tendance (diminution, stabilité ou augmentation) qui sera également interprétée.

Pour répondre à ce second objectif, il faut réaliser un suivi dans le temps, sur la même zone de prélèvement. Une périodicité de 5 ans constitue un bon compromis pour détecter des tendances d'évolutions pluriannuelles.

Prélever à au moins 20 cm de profondeur même en non-labour ! 

La profondeur de prélèvement doit s’ajuster à la profondeur maximum du labour qui est comprise entre 20 et 25 cm. Se rattachent aussi à ce cas les parcelles en non-labour mais travaillées régulièrement ou occasionnellement avec des outils à dents, à plus de 20 cm de profondeur, ce qui provoque une certaine homogénéisation de la couche de terre.

Eviter les prélèvements trop superficiels, en particulier lorsque le sol est trop sec en été ou trop caillouteux. Mais surtout, il faut éviter les prélèvements trop profonds, en particulier lorsque le sol est humide.

Dans les parcelles sans travail du sol ou travaillées seulement superficiellement, la couche superficielle a tendance à se concentrer en phosphore et en matière organique. Dans les sols non calcaires, elle peut aussi s’acidifier plus rapidement. Mais cette évolution ne devient perceptible qu’au bout de 5 à 10 ans. Restreindre le prélèvement au seul horizon superficiel risque de conduire dans certains cas à une mauvaise interprétation des résultats de l’analyse. Il est donc préférable de garder une profondeur de prélèvement de 20 cm en non-labour avec une interprétation selon les mêmes critères que pour une analyse en parcelle travaillée.

Il est impératif de conserver la même époque de prélèvement entre analyses successives 

Le prélèvement peut être réalisé sans conséquence pour l’interprétation, dans une culture en place, mais avant tout apport d’engrais minéral ou organique. Il est généralement réalisé l’été après les récoltes, mais peut l’être aussi en sortie d’hiver.


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