Cop21 et agriculture Les intercultures, une coûteuse solution climat

Terre-net Média

Obligatoires en zone vulnérable, les intercultures font partie du panel de solutions agricoles pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais cette solution reste coûteuse pour les producteurs et ses effets positifs difficilement quantifiables sur le long terme.

Culture de moutarde En fonction de l'espèce ou du mélange et de l'itinéraire technique, le coût d'un couvert peut varier de 75 à 280 €/ha. (©Terre-net Média)

E n fonction du lessivage hivernal, les intercultures permettent de réduire de 50 % les fuites d’azote dans l’eau et les émissions associées. Obligatoires en zone vulnérable, les couverts font partie du panel de solutions que les producteurs peuvent – ou doivent – mettre en place pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique .

Selon les estimations de l’Inra, la généralisation des couverts en interculture sur 4,3 Mha d’ici 2030 permettrait ainsi au secteur agricole de réduire de 1,1 Mt éqCO2 ses émissions de gaz à effet de serre . En additionnant le stockage du carbone dans le sol et les économies de fioul et de fertilisation sur la culture suivante, les cultures intermédiaires offriraient une réduction moyenne des Ges de 1 t éqCO2/ha.

Cop21 : Plein gaz sur les solutions agricoles

A l’approche de la Cop21, la Conférence mondiale sur le climat organisée du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, Terre-net.fr se penche tout au long du mois de novembre sur les marges de manœuvre existantes pour réduire l’empreinte carbone des exploitations agricoles.

Dans son kit de communication « Bon pour le climat », l’APCA estime à environ 20 % le potentiel d’économies de gaz à effet de serre grâce au large développement de 10 actions dans les exploitations.

Mais si la pratique semble positive pour le climat , elle l’est beaucoup moins, à court terme, pour le porte-monnaie des producteurs. Entre les semences, la préparation du sol, le semis et la destruction, un couvert coûte en moyenne 140 €/ha.

Ce coût varie de 75 à 280 €/ha en fonction de la variété et l’itinéraire technique choisi. Le coût de la semence peut grimper jusqu’à 80 €/ha pour certains mélanges mais avoisine plutôt les 15 €/ha pour de l’avoine, du tournesol ou de la moutarde. Le coût de la préparation et du semis peut également faire le grand écart, entre 30 et 130 €/ha en fonction de l’itinéraire. Pour détruire le couvert, la solution chimique, avec environ 10 €/ha, reste moins coûteuse qu’un déchaumage (20 €/ha) ou qu’un labour (70 €/ha). Et il ne faut pas oublier la gestion des repousses, qui peut grimper à 90 €/ha !

Reste que, aux coûts à court terme qu’engendre l’implantation de couverts s’oppose le délai de « retour sur investissement ». Dès les premières années, le producteur fera, certes, une économie d’azote sur la culture suivante. Celle-ci reste très variable, entre 5 et 50 €/ha. L’impact à long terme est beaucoup plus difficile à mesurer. L’Inra estime néanmoins de 25 à 50 % la hausse de matière organique dans le sol sur 30 ans.

*Données issues du kit de communication « Bon pour le climat » de l’APCA
Données issues de la fiche technique n°3 du kit de communication « Bon pour le climat » de l’APCA.

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