; Les lecteurs de Terre-net prêts à cultiver du soja, même dans le nord ?

Paroles de lecteurs Du soja dans le nord de la France ? Vos avis divergent...

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L'idée de cultiver du soja ne germe pas naturellement à l'esprit de tous les lecteurs de Terre-net, en particulier quand il s'agit de développer cette culture au nord du pays. Une graine mauvaise selon certains en termes de consommation d'eau alors que les sécheresses vont s'intensifier.

paroles de lecteurs culture du soja dans le nord de la franceEt vous, seriez-vous prêt à cultiver du soja ? Dites-le-nous en commentaire. (©Terre-net Média)

François Vix est « en train de récolter son soja » et est « plutôt satisfaisant cette année ». « Pour le moment, c'est une culture simple et stable chez nous », indique-t-il.

Extraits des commentaires, sur Terre-net et Facebook, de l'article :
La culture du soja peut-elle se développer dans le nord de la France ?

nico  témoigne : « Dans le sud de l'Aisne, sur des limons hydromorphes drainés, mon rendement  2022 en soja est de 30 q/ha sans irrigation, vendu 650 €/t. Je fais ma semence de ferme tous les ans et économise 200 €/ha sur ce poste. Le blé suivant bénéficie d'un reliquat azoté de 30 à 40 unités/ha par rapport à un colza, à prendre en compte avec un coût de 2,75 € pour 2023. Pour 2023 d'ailleurs, je diminue le colza, gourmand en azote, et augmente ma surface de soja. »

30 à 40 unités/ha pour la culture suivante.

« Vous inoculez votre semence de ferme ? », lui demande PàgraT

« Oui, avant le semis », répond nico.

Une culture « simple » qui « paie »

Francis V pose une série de questions à @nico : « Quels sont tes coûts de production ? Quelle date de récolte ? Avais-tu du soja l'année dernière ? » « Il devait être versé avec toutes les pluies de l'été, suppose-t-il. Le danger du soja dans le nord de la France, c'est la pluie en septembre. »

À 600 €/t, c'est sûr que ça intéresse ! Et pas d'azote, un avantage actuellement. Mais si tout le monde se met à en faire...

nico lui apporte les réponses souhaitées : « Oui j'avais du soja l'année dernière. J'ai fait 28 q/ha mais avec peu de verse grâce aux variétés choisies. Petite précision : j'ai un séchoir à la ferme. Le coût de production : 150 € pour la semence de ferme avec inoculation + 45 u de P2O5 et 50 u de K2O + 100 € de désherbage en pré-levée + 40 € de rattrape en post-levée. »

Romuald Baverel revient sur le prix du soja : « À 600 €/t, c'est sûr que ça intéresse ! »

« Et pas d'azote. Par les temps qui courent, c'est intéressant ! », ajoute Christophe Mesplède.

« Si tout le monde veut en faire, ça va faire baisser le prix », craint Kévin Kohler.

« 20 ans que le soja dégage peu de marge... », estime de toute façon Jérôme Tourneur.

« Ça pousse abondamment, ça paie et c'est beaucoup moins de travail pour l'agriculteur », résume de son côté Pierre Poisson.

« Rendements décevants » selon certains d'entre vous

Christophe Maurois a « déjà essayé deux fois », avec « des résultats très décevants ».

Pour Benjamin Chaillou, c'est même « catastrophique cette année », et « le deuxième et dernier essai malheureusement ! »

« Plusieurs voisins ont essayé il y a 4-5 ans, dans l'Aisne. Après de grosses gamelles (même avec irrigation), ils ont abandonné », raconte Renaud Duprez.

Envahi de mauvaises herbes !

Idem chez Pierre Sartena : « Minable : 800 kg en sec, 24 q en irrigué avec 6 tours d’eau et une ferti costaud. »

« En bio dans l’Aisne », Aymeric Ferte obtient « 10-15 q en année sèche et 25-30 en année humide ».

Le soja bio de Julien Perrin a, en plus, été « envahi de chénopodes ». « Au moins 40 % d'impuretés », précise-t-il.

Le soja, plus jamais !!

« Si vous ne connaissez pas le xantium ni l'ambroisie, ne cultivez pas de soja sinon vos terres seront pourries de ces m... », conseille Frédéric Setsoc.

« Le soja, plus jamais pour moi ! », lance Jérôme Klein.

« On nous vend du rêve... », juge Julien Rousseau.

La situation de Nicolas Justes semble, cependant, différente : « Dans notre secteur, 40-45 q cette année, 37 q avec 2 500 m3/ha d'eau. » Mais il ne dit pas dans quelle région il se situe.

« Très exigeant en eau » : pas tous d'accord

« Faudrait arrêter le maïs et faire du soja à la place ?, s'étonne Nicole Courth. Le soja a besoin de deux fois plus d'eau ! »

« Cessez de cultiver du mais plutôt que de penser au soja ! », suggère Didier Mordacq

François Vix reconnaît que « le soja consomme de l'eau ». « Mais beaucoup moins que le maïs », nuance-t-il.

Arrêter le maïs pour faire du soja ??

Nicole Courth maintient : « 1 000 l d'eau pour le soja, la moitié pour le maïs. Avec les sécheresses à répétition... Rendement nul cette année ! »

Christophe Maurois est du même avis : « Le soja demande pas mal d'eau. Sans irrigation, ce n'est pas la peine. »

Frédéric Setsoc « en cultive dans le sud-ouest depuis pas mal de temps ». « Cette année, même irrigué, ça vaut pas cher le rendement », relate-t-il.

Sans irrigation, pas la peine ! Alors avec les sécheresses à répétition...

Valentin Piquet n'est pas d'accord : « Cette année, malgré le manque d'eau, il s'est développé quand même. »

« Tout dépend de la région et de la variété » 

« L’article parle de la moitié nord de la France », fait remarquer Aymeric Ferte. Mais il en convient : « Faut de bons sols à réserve hydrique ».

« Les sojas non irrigués tournent à 30 q en bonnes terres ici », contredit François Vix.

« Non irrigués mais fourragers », précise Valentin Piquet.

Ici, cette année, il s'est développé quand même.

« Je cultive aussi du soja fourrager pour faire des tourteaux, réplique François VixEn soja, la variété joue énormément. Je ne sème que du ES Mentor, c'est ce qui produit le plus. Je pense finir à plus de 40 q cette année en irrigué. »

Louis-Sol Fillon persiste : « Pour le soja, la période de pousse est en plein été quand il pleut moins, voire pas du tout, et que l'évaporation est au maximum ».

Tout comme Erreyp Dratoil : « Le maïs aussi demande énormément d'eau en plein été et nécessite de l'irrigation »« Beaucoup d'eau alors qu'on n'en a pas !! On marche sur la tête !!!, martèle Bernard Mages, que ce soit pour le soja comme le maïs. Ça fait des lustres qu'on parle de créer des variétés plus tolérantes à la sécheresse. Mais rien n'a été fait. »

« Si mais malheureusement, on n'a pas le droit de les utiliser en France », rétorque Pierre Sartena.

À l'inverse, « trop tardif en année humide » ? 

Francis Simon, au contraire, émet quelques doutes « en année humide », vu « la maturité tardive de cette plante ».

De même pour Franck Dutot : « Quand il faut récolter en octobre/novembre... »

Objection d'Aymeric Ferte : « L’an dernier dans l’Aisne, on a récolté fin septembre. Pas mal pour une année humide ! »

Francis Simon n'est pas convaincu : « Avec quelle humidité de réception en organisme stockeur ?? »

« On a arrêté de faire du soja parce que cette plante n'est pas adaptée à nos climats, surtout sans irrigation. Mais nos technocrates ont changé la donne. Avec les primes − la rémunération vient surtout de là − ça va y aller !! », estime pour sa part New Jersey Gilles.

Il faudrait poser la question à l'envers.
Le soja : encore possible dans le sud-ouest ?

Et titian de conclure : « Il aurait plutôt fallu poser la question à l'envers : le soja a-t-il encore sa place dans le sud-ouest ? L'eau est, en effet, indispensable à cette culture en fin de cycle et elle est de moins en moins disponible, même pour les irrigants avec l'augmentation des interdictions de prélèvement d'eau en fin de campagne. »


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