Paroles de lecteurs « Les sucreries ferment et après, cherchent des betteraves !? »

Terre-net Média

Avoir fermé des usines et deux ans plus tard vouloir des hectares : « de qui se moque-t-on ? », s'énervent les lecteurs de Terre-net. « Une mascarade », « faut pas manquer de culot », « honteux », s'écrient-ils. Ils ne fourniront pas les 7 000 ha souhaités par Cristal Union et les 2 000 ha recherchés par Saint Louis Sucre. Au prix annoncé, « ce sera plutôt 9 000 ha de moins » ! [Article mis à jour le 25/11/21 à 9 h 18]

paroles de lecteurs les sucreries recherchent des planteurs de betteraves « Arrêter les betteraves, en resemer : ça ne se fait pas d'un claquement de doigts ! », fait remarquer Terminé. (©Terre-net Média)

« L'esprit coopératif dans toute sa splendeur !, s'exclame Anti système. On ferme des sucreries et deux ans après, on veut des hectares de betteraves !! Bravo les administrateurs !!! »

« Quelle mascarade !, renchérit Atlas03Cristal Union a mis des centaines de planteurs dans la m... pour ensuite en chercher d’autres !! Honteux !!! »

L'esprit coopératif dans toute sa splendeur !

« Mettre les planteurs dans la m... puis en chercher d'autres ! »

« Idem pour le groupe privé Saint Louis Sucre ! De qui se moque-t-on ?, se demande Jacques. J’ai été mis dehors comme un malpropre d’Eppeville et maintenant la sucrerie est prête à revenir chercher mes voisins ! Réfléchissez à deux fois avant de signer avec cet industriel qui n’hésitera à vous sacrifier le jour où les véritables décideurs de ce groupe (qui sont hébergés à Mannheim) appuieront sur le bouton !! La France pour SLS n’est qu’une simple variable d’ajustement... »

« Les coopératives agricoles, la ruine des agriculteurs !, enchaîne Terminé. Elles veulent des hectares pour elles, pas pour le revenu des producteurs !! Autant de tonnes non payées aux planteurs, la honte !!! Faut pas manquer de culot quand même !! Quelle drôle de stratégie, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts ! »

« Et au cours d'une réunion, un représentant de Cristal Union a admis que la forte augmentation des emblavements de betteraves demandée au moment de la suppression des quotas sucriers a été une erreur..., ajoute Pipo1er. Mais la facture, ce sont les producteurs qui l'ont payée ! Avec des betteraves à 22 €/t et la fermeture de sucreries !! (...) »

« Semer des betteraves, un non-sens économique »

Pour Nono, « la question n'est pas le coût de production mais la marge par rapport aux autres productions moins contraignantes. Selon la chambre d'agriculture des Hauts-de-France (...), pour les années 2018 à 2020, tu as 62 € de marge brute en plus hors frais de récolte par rapport à du blé, ou 88 € en moins si on les compte ! Vu la charge de travail et les contraintes globales, l'effet dépressif sur les derniers blés, les aménagements nécessaires... il faut bien 400 € de plus que du blé. Si celui-ci est à 220 €/t moisson 2022, il faut pour 90 quintaux et tonnes un prix d'équivalence de 33 €. Pour une marge équivalente au blé (sic) il faut être payé 28,50 €. CQFD. Dans le contexte de ce jour, semer de la betterave plutôt que du blé sur blé est un non-sens économique. Sauf bien sûr à espérer que le blé chute, que le sucre se maintienne, que les coops vendent bien, qu'elles redistribuent tout le bénef, que la jaunisse soit discrète, avec de bonnes conditions pédoclimatiques à l'automne... Ces calculs, on a dû tous les faire, non ? Alors ce sera 7 000 ha, mais de moins ! »

Avec les prix trop bas, la charge de travail, la jaunisse et l'absence d'alternative aux NNI...

Breton le « remercie pour ce message plus que précis ». « En gros, cette sucrerie cherche des pigeons !, lance-t-il. Mais, chez vous en cultures, comme chez nous en élevage, les pigeons commencent à manquer !! Et oui, messieurs les industriels, si vous ne passez pas à la caisse, vous allez au devant de grandes déconvenues !!! »

Ce sera 7 000 ha, mais de moins !

« Il faudrait être payé au moins 28,50 €, pas 23,50 € »

Nono  répond : « Leur meilleur argument, c'est "n'oubliez pas les bonnes années qui ont fait votre fortune". Mais là, on devrait tout reperdre ? »

Papa Noël ironise : « Ils sont fiers de nous refaire leur coup des 27 € pivot pendant 3 ans. Pour mémoire, on a touché 25 € + 2 € toujours bloqués, puis 22 € et encore 22 €. (...) »

Les sucreries cherchent des pigeons, mais ils commencent à manquer !

titian est du même avis : « Une des règles pratiquées par les pseudos coopératives : surtout avoir assez de camelote pour ne jamais en manquer, le prix payé à l'adhérent étant bien entendu accessoire. Seul le chiffre d'affaire compte, la rentabilité de la boutique passe en second plan, d'autant plus facilement que seuls les adhérents supportent tous les risques. »

Avec les betteraves, on ne risque pas l'ISF !

« Pour avoir de la rentabilité, c'est facile. Tu promets un prix et tu ne l'honores pas avant la clôture, détaille oui oui. Comme ça, tu communiques sur des compléments de prix après avoir fait des provisions légales... Et un "beau bilan". Les productions qui rémunèrent, elles avancent sans bruit. Pas besoin de responsable communication pour trouver leurs hectares ! »

« C'est sûr, on va payer l'ISF avec les betteraves ! », résume Coq flamand.

Lire également les témoignages de producteurs : Des planteurs mobilisés pour éviter la fermeture des deux usines

« Aux prix actuels, mieux vaut faire du blé ou du colza ! »

« Du sucre pour l'éthanol !, s'écrit Popeye 76. Pour que ce dernier reste compétitif, ils ne paieront jamais les betteraves 30 balles !! Et qui dit augmenter les volumes de betteraves par sucrerie, dit allonger les périodes d'arrachage, soit encore des agris avec des rendements minables début septembre et d'autres dans la boue fin décembre avec des structures de sol ruinées par les arracheuses !!! Au prix des céréales et du colza, il faudrait être fous pour accroître sa sole de betteraves... »

« Quant à élargir le rayon d'action ?, s'interroge Nono75. Le transport ne coûte rien ? On plombe la rentabilité avec des betteraves à 80 km de l'usine. »

Agrandir la période et la zone d'arrachage ??

Spartacus est d'accord : « Même chose pour Saint Louis Sucre, qui fait exprès d’écœurer les producteurs. Enlèvement des betteraves en septembre, décembre, janvier... et rien en octobre, novembre... Allez semer un blé derrière ! Bientôt quand nous sèmerons des betteraves, celles de l’année d’avant ne seront pas encore enlevées !! Et le prix garanti... quelle grosse blague, il faut plutôt retenir 23,54 €. Ils ont fermé des usines et par conséquent agrandissent les secteurs : des betteraves produites à moins de 10 km d’Étrépagny partent à Roye, vive la logique ! »

Maxens acquiesce : « La seule chose à retenir, c'est 23,54 €, le reste n'est pas garanti. Et à 23,54 €, en ce moment, il faut mieux faire une céréale ou du tournesol. Et les 23,54 € ne sont garantis que pour 2022. Pour avoir encore en mémoire les 60 t/ha des trois dernières années, la jaunisse où rien n'est résolu, les sécheresses de plus en plus fréquentes... Je ne suis pas pressé d'y retourner, en tout cas, pas en dessous de 30 €/t ! Un agriculteur, par nature, prend des risques chaque fois qu'il sème, mais dans le cas de la betterave, cela commence à ressembler au casino... on ne gagne pas souvent ! »

Bonjour conclut : « Désolé mais à ce prix, je sème du blé sur blé à 260 € sur le Matif comme actuellement. Vous voulez des hectares, OK, mais faut payer ! (...) »

Et sur Facebook : plus de 100 réactions aux deux articles !


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